






![]() | Aujourd'hui | 32 |
![]() | Total | 2295032 |
Le président du Comité national olympique et sportif du Cameroun (CNOSC) apporte des éclaircissements sur l’organisation et le déroulement de la deuxième édition des Dixiades.
Le ministère des Sports et de l’Education Physique a-t-il doté ces Dixiades d’une enveloppe de 250 millions de nos francs comme certaines sources le font croire ?
Vous faites bien de poser cette question parce que ma vie est fondée sur des faits vrais. Je ne dirai pas que c’est le ministère des Sports qui a donné mais l’Etat du Cameroun que je remercie, nous a soutenus à hauteur de 175 millions de Fcfa.
Quelle aura donc été la participation du CIO, de la structure que vous dirigez et celle des élites de la région de l’Adamaoua ?
Environ une centaine de millions de nos francs, parce que les jeux n’ont pas commencé aujourd’hui. Depuis 2008, nous investissons de l’argent pour préparer les jeux à travers des missions exploratrices, un certains nombre de matériels, d’équipements, des médailles, des trophées, tout cela a été réalisé par nous. Les sélections régionales ont été soutenues par nous…etc. Nous évaluons à peu près à 100 millions Fcfa la contribution du Comité olympique avec ses partenaires.
Jusqu’à la dernière minute, la presse était dubitative quant à la contribution de l’université de Ngaoundéré à ces Dixiades, elle qui a pourtant des installations adéquates pour ce genre d’évènements. Y-avait-il des cahiers de charges à respecter ?
Les cahiers de charges n’étaient pas adressés à l’université mais à la ville de Ngaoundérée qui accueille les jeux. Nous voulons remercier l’université pour avoir mis à notre disposition ses installations et d’avoir pris la décision de mettre les étudiants en vacance pour que les athlètes puissent être logés. Nous avons fait des efforts conjoints, nous avons trouvé un certain nombre de matériels là-bas et nous avons aussi complété notamment en termes de matelas. Nous avons également donné des moyens pour refaire un tout petit peu certaines installations sportives et assurer l’éclairage dans les salles où les enfants ont été logés. Dans les mêmes conditions, nous avons soutenu la réalisation des toilettes pour mettre les enfants à l’aise pendant leur séjour.
L’un des objectifs des Dixiades est de créer des infrastructures dans les régions qui l’abritent. Visiblement, Ngaoundéré n’a pas été gâté dans ce sens. Quel héritage lègue les Dixiades à la jeunesse de cette ville ?
Je dirai qu’il y’a pas mal d’autres formes d’héritage. Economiquement, nous allons laisser beaucoup d’argent ici, cela permet aux acteurs économiques, les petits commerçants, aux hôtels, les restaurateurs, les agences de transport de se faire un peu d’argent. Notre présence permet aussi à la ville d’être animée, de rompre avec la monotonie habituelle. Puis, nous laissons un savoir-faire puisque nous avons formé pas mal de cadres qui sont maintenant à mesure de gérer les compétitions. Donc, notre passage ne peut pas être complètement jugé improductif, sans héritage dans la ville, et même en ce qui concerne les infrastructures. Parce que, des doléances ont été présentées à ceux qui ont la possibilité de décider dans ce pays et si le président de la République a envoyé le Premier ministre pour le représenter, cela veut dire que ce dernier, après avoir vu et écouté, va rendre fidèlement compte au président de la République. Peut-être que la préoccupation des infrastructures fera partie du compte rendu et il n’est pas exclu que ce qui n’existe pas aujourd’hui puisse exister dans les années à venir.
Le côté culturel des Dixiades a-t-il été annulé vu l’absence d’animations au village des jeux ?
Je souhaite que l’on parle davantage de ce qui a été positif parce que vous n’en faites pas cas comme si nous ne sommes venus que faire des choses négatives. En tout cas, à la cérémonie d’ouverture vous avez vu qu’il y’avait un aspect culturel qui était important. Il est prévu également une animation comme c’était le cas à l’université de Yaoundé 1 en 2008. Peut-être que pour des raisons d’ajustement et de priorités dans la gestion des problèmes, cela n’a pas encore été effectué mais je pense que ce sera fait. Mais quelle était notre priorité ? C’était de trouver à chaque enfant une possibilité de trouver un matelas, d’avoir son repas le matin, à midi et le soir. Nous nous sommes donc attelé à résoudre d’abord ces problèmes avant de voir le côté festif. A tout moment, lorsque les conditions seront réunies, la commission chargée pourra lancer le programme culturel au village olympique.
Au troisième jour du déroulement des jeux, est-ce qu’on peut tirer un bilan partiel ?
Le bilan est à plusieurs niveaux. Au plan sportif, il y’a déjà des médailles. Mais au plan de la notoriété et du prestige des Dixiades, nous pouvons dire que c’est un évènement qui commence à être prestigieux en deux années seulement. La cérémonie d’ouverture a montré une mobilisation populaire, le soutien au plus haut niveau de l’Etat. Donc, c’est quelque chose qui a un intérêt, parce que si un évènement n’a pas un intérêt, les gens ne se mobilisent pas. Je pense qu’en deux ans, nous avons réalisé quelque chose de très important. Il est vrai, il y’a encore des choses à faire. Si je me réfère à la première édition des jeux olympiques en 1896, c’était avec une vingtaine de pays. Aujourd’hui, nous avons 205 pays et avoir les jeux olympiques n’est plus un chose aisée.
L’année dernière, j’étais à Copenhague pour l’attribution des jeux soit à la ville de Chicago, soit à la ville de Madrid ou à la ville de Tokyo. Les chefs d’Etats de ces pays sont venus pour soutenir la candidature des villes qui souhaitaient accueillir les jeux. Je ne doute pas que d’ici quelques années, pendant que je suis encore en fonction au comité national olympique, que les Dixiades à un moment donné vont faire courir les communes et les régions et c’est en cela que nous devons construire les jeux nationaux du Cameroun.
Est-ce que vous avez l’impression que les choses avancent au niveau du brassage des populations ?
Tout à fait. Je suis allé très régulièrement au village olympique, manger dans le restaurant avec les athlètes et j’ai vu que les jeunes Camerounais parlent indifféremment français, anglais quand ils se retrouvent. C’est une très belle ambiance et une expérience du brassage des populations qui m’a satisfait.
Il y’a tout de même un repli identitaire à l’exemple d’une athlète du Centre qui veut donner sa médaille à sa région d’origine.
L’esprit n’est pas celui là. Il est que ceux qui habitent la région défendent l’honneur de la région et nous allons combattre ceux qui ont la tentation de quitter la région où ils ont l’habitude de résider pour se replier dans leur région d’origine. Evidemment, il y’a un autre aspect, je prends l’exemple de la région du Centre qui a un potentiel plus important que le Nord-ouest ou l’Extrême-nord. Si un athlète de ces régions n’est pas sélectionné parce que ses performances n’ont pas été suffisantes, parce qu’il veut participer aux Dixiades, il voudra aller dans sa région où il a une opportunité. Toutefois, d’après l’esprit d’origine, ce sont les habitants de la région qui représentent la région à la compétition.
Pour se projeter dans l’avenir, de quels jeux nationaux rêvez-vous?
Je voudrai avoir des jeux où chaque région à une cérémonie d’ouverture arbore les couleurs choisies pour représenter la région avec un étendard, des belles tenues. Cela fait l’originalité de la région et apporte des couleurs à l’ouverture des jeux. Je rêve aussi des jeux organisés sur des infrastructures modernes avec la technique d’infrastructures telle que nous le voyons aux jeux olympique et ailleurs. Je voudrais aussi des jeux où on peut présenter un spectacle vendable à la télévision, donc des jeux qui ressemblent à toutes les manifestations majeurs que nous connaissons dans le monde entier.
Est-on loin de cela ?
On est loin sur beaucoup d’aspects. Le cadre où s’expriment les athlètes, le cadre où les athlètes sont logés, j’imagine qu’une ville quand elle veut, elle peut construire un complexe immobilier pour abriter les jeux pendant un temps mais que ce complexe soit revendu à la population de la région, cela apporte une contribution au développement de l’habitat et des habitants. C’est des choses qui un jour, viendront combler nos attentes.
10 régions, 10 disciplines et 10 jours, est-ce que le slogan sied encore aux Dixiades ?
Ce n’était pas un slogan, c’était un concept. Le slogan c’es : 10 régions, une nation. Puisqu’on n’a pas encore créé d’autres régions le slogan 10 région une nation reste mais 10 disciplines, 10 jours c’est un concept, nous pouvons le moduler.
Propos recueillis par Eric Nguélé
