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Les avocats de l’ex directeur général du Chantier naval et industriel du Cameroun déplorent l’absence de celui qui a assuré son intérime. Où est passé l’ex-directeur général par intérim du Chantier naval et industriel du Cameroun (Cnic), Antoine Bikoro Alo’o ? La question, sans réponse, a préoccupé la défense de Zacchaëus Forjindam hier mardi 12 octobre 2010 au tribunal de grande instance du Wouri.
Alors que celle-ci poursuivait ses plaidoiries, elle s’est intéressée à l’absence de celui qui, en mai 2008, après le limogeage de Forjindam, a été nommé directeur général par intérim du Chantier naval. Pourtant, « Bikoro est à la genèse de cette affaire ; il a été entendu lors de l’enquête préliminaire et de l’information judiciaire », note Me Ousmanou Djoubaïrou, du collectif de la défense de Forjindam. Mais pourquoi Bikoro n’a-t-il donc pas comparu lors de la dernière étape consacrée au procès, se demande l’avocat. Qui en conclut que c’est parce que l’actuel directeur général adjoint du Cnic, Antoine Bikoro, n’a pas d’arguments pour soutenir les accusations contre son prédécesseur.
Pendant près de trois heures, l’avocat a dit pourquoi les faits reprochés à Forjindam ne sont pas fondés, et procèdent par conséquent d’une simple « mise en scène ». Forjindam est en effet accusé d’avoir distrait, en coaction avec huit autres coaccusés (dont l’ex directrice des ressources humaines du Cnic, Rose Massot épouse Njoh Moudio), la somme de 969.171.579 francs Cfa, au préjudice de l’Etat du Cameroun et du Cnic. Le Cnic s’est constitué partie civile dans cette affaire. L’action publique a été mise en marche contre Forjindam, sur la base de deux rapports d’audit. Le premier rapport vient du cabinet Cameroun audit conseil (Cac) de Jérôme Minlend et le second, Charles Kooh 2, commissaire aux comptes du Chantier naval.
Selon Me Djoubaïrou, le rapport Minlend présente trois caractéristiques négatives essentielles. Tout d’abord, il n’obéit pas au principe du contradictoire. Ledit rapport provisoire, poursuit l’avocat, a été adressé plutôt à la Société nationale des hydrocarbures (Snh), actionnaire majoritaire du Cnic. La Snh l’a transmis à son tour à la direction du Cnic dont l’avis n’a pas été pris en compte. « Lorsque Forjindam a contesté le rapport Minlend, il a été chassé de la salle où se tenait la 60è session du conseil d’administration du Cnic. Il ne pouvait donc pas signer le rapport ». Selon l’avocat, « Minlend a juste enlevé le mot ‘provisoire’ pour obtenir le rapport définitif».
La défense relève ensuite que l’auditeur Minlend n’était pas indépendant. L’on apprend que le promoteur de Cac était commissaire aux comptes à la Snh. Il recevait des instructions du directeur administratif et financier de la Snh, Antoine Bikoro Alo’o, qui « lorgnait la chaise de Forjindam ». Les plaidoiries vont continuer demain.
Théodore Tchopa
