Mendicité : Les faux malades se déportent dans les églises à Douala


Le curé de la paroisse Notre dame de Bonamoussadi a dénoncé ce phénomène dimanche dernier au cours de son homélie. «Comme Abraham qui a reçu en sa demeure les trois serviteurs de Dieu, soyez charitables envers votre prochain. Mais il faut aussi vous méfiez des faux malades qui envahissent nos paroisses à la sortie des messes», met ainsi en garde, le père Ignasus Musi, curé de la paroisse Notre dame de Bonamoussadi. Ce dernier a d’ailleurs consacré une bonne partie de son homélie de dimanche dernier, 18 juillet à ce phénomène qui gagne du terrain dans la capitale économique.
«La semaine dernière, à la sortie de la messe, un homme posté à l’entrée de l’église présentait aux fidèles son torse.On y voyait un énorme bandage. Il disait qu’il est malade et par conséquent avait besoin d’argent pour se faire opérer dans un hôpital», relate le curé. Les frais d’opération étant très élevés, ce dernier indique ne pas les avoir. C’est pourquoi il sollicite l’aide des âmes de volonté. Pris de pitié pour ce «malade», certains fidèles s’approchent de lui et jettent quelques pièces de monnaie dans un plat.
Banditisme
Informé, le père Ignasus Musi vient à la rencontre de l’infortuné et lui propose également son aide. «Quand je lui ai demandé dans quel hôpital il était interné et qui était son médecin traitant, il a commencé à bredouiller. Lorsque je lui ai dit qu’avant de l’aider, nous devrions d’abord aller dans un commissariat porter plainte à ce médecin qui laisse sortir un patient dans cet état, il s’est levé et est parti», dit le curé.
Quelques jours plutôt, un autre soi-disant malade, son assiette à mains, collectait aussi de l’argent à la sortie de l’église. Mais cette fois-là, les fidèles qui avaient financièrement contribué, ont décidé de conduire ce dernier dans un centre hospitalier. Grande sera leur surprise quand le taxi va s’immobiliser. Comme un bandit, le «malade» est sorti du véhicule et a entrepris une course folle entre les voitures.
Cette nouvelle forme de mendicité est désormais vécue par plusieurs paroissiens de la ville à la sortie des messes dominicales.
Des faux malades ont pris d’assaut certains carrefours de Douala. Le phénomène n’est pourtant pas nouveau. Depuis quelques années, les populations ont pris l’habitude de croiser à différents endroits de la ville (Bonamoussadi, Bépanda, Bonabéri, Maképé, Bonapriso etc) une dame tenant dans ses bras, un petit enfant. La fillette qui porte une grosse bande qui barre quasiment son front est toujours endormie. Sa maman ne présente, curieusement, son assiette qu’aux automobilistes. Un phénomène qui pousse les hommes d’église à recommander aux croyants davantage de prudence et de prière pour les auteurs de ces actes.
Sandrine Tonlio