Ministère des Finances : Le cabinet d’Essimi Menye cambriolé


Les trois portes donnant accès au bureau du ministre ont été cassées dans la nuit de jeudi à vendredi dernier par des inconnus. Le ministre des Finances (Minfi) Emmanuel Essimi Menye, absent du pays depuis quelques jours, est rentré en catastrophe samedi soir, pour voir clair sur la situation des 700 millions en liquide emportés dans son cabinet pendant la nuit de jeudi à vendredi dernier.
Cette nuit là en effet, des individus non identifiés ont réussi à pénétrer dans le cabinet ministériel. Selon nos informations, ceux-ci se seraient ensuite attaqués au coffre-fort placé dans le bureau du ministre, après avoir défoncé les trois portes donnant accès audit cabinet. Alertés, les éléments de la direction de la police judiciaire (Pj) ont fait une descente vendredi matin dans les locaux du Minfi à Yaoundé pour un constat.
Une enquête a par ailleurs été initiée par le Groupement mobile d’intervention (Gmi) dont les éléments assurent par ailleurs la garde des locaux. Des éléments qui ont été entendus vendredi dernier à la Pj à Elig-Essono, renseigne une source policière. «Nous ne pouvons faire aucune déclaration en l’absence du ministre. Il faudra attendre son retour pour savoir ce qui a été pris», a indiqué un responsable de la cellule de communication du Minfi, joint hier au téléphone.
«Tout le couloir du cabinet ministériel a été scellé», précise notre source. Avant d’ajouter: «Une descente de la police judicaire et du procureur de la République sera effectuée sur les lieux à son retour pour procéder à un inventaire des lieux, afin de déterminer ce qui a été emporté.» Tout semblait être rentré dans l’ordre à notre descente au Minfi dans l’après-midi du vendredi 16 juillet dernier. Devant l’entrée donnant accès au cabinet ministériel sis au cinquième étage, un élément du Gmi, veille au grain, arme au poing. Quelques employés de ce département ministériel rencontrés dans les couloirs et bureaux encore ouverts à notre passage, affirment sous cape qu’un incident a eu lieu dans la nuit du 15 au 16 juillet derniers au Minfi.
«La rumeur court depuis ce matin qu’il y a eu un cambriolage ici au ministère. Mais, on ne sait pas encore si c’est vrai», laisse entendre une femme. «Le matin, aux environs de 8h-9h, j’ai vu des policiers avec des armes qui allaient au niveau du cabinet du ministre des Finances. Sur le coup, j’ai cru qu’il s’agissait de la garde du ministre. Ce n’est que plus tard que j’ai appris qu’ils sont là parce qu’il y avait eu un cambriolage dans la nuit», renchérit un autre, employé du ministère du Travail et de la Sécurité sociale dont les locaux partagent le même bâtiment que ceux du Minfi. Ce cambriolage au Minfi vient rappeler la série noire qui a frappé plusieurs autres ministères et services des administrations publiques en 1997 et plus près de nous, 2008 et 2009.
Déjà l’année dernière, le bureau du directeur général des impôts de l’époque, Laurent Nkodo, avait été cambriolé alors que ce dernier venait de bénéficier d'une permission de sa tutelle pour un repos de dix jours. La même année, dans la nuit du 17 au 18 février, des malfrats s’étaient introduits en douce dans le bureau du secrétaire d’Etat au ministère de l’Education de Base (Minedub). En novembre de la même année toujours, des inconnus se sont infiltrés subrepticement au ministère de la Défense (Mindef), emportant de l’argent et des documents dans le bureau du contrôleur financier. L’année d’avant, un cambriolage avait été perpétré au ministère des Relations extérieures (Minrex) dans la nuit du 1er au 02 décembre.
Les soupçons s’étaient portés sur un militaire qui avait été surpris en train de forcer des bureaux de la direction des affaires générales. Un mois plus tôt, c’est la direction générale à la Sûreté nationale (Dgsn) qui était cambriolée. Les malfrats, qui avaient escaladé le mur à l’aide d’une échelle, étaient repartis avec un pistolet automatique, des lots de passeports, des bons de caisse et de carburant, ainsi que des dossiers disciplinaires. D’autres départements ministériels comme le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, ou encore le ministère du Commerce, avaient aussi connu pareil sort.
Patricia Ngo Ngouem