






![]() | Aujourd'hui | 47 |
![]() | Total | 2295047 |
Une d'un journal à gros tirage, dimanche, en Afrique du Sud : « Le vainqueur, c'est vous ! » Une d'un autre quotidien, hier, cette fois sans recours à la traduction : «Simply the best». Alors que la Coupe du monde vient tout juste de s'achever, une rapide revue de presse suffit à en dire beaucoup sur les deux faits majeurs, ici, un mois et un jour après le but du Sud-Africain Tshabalala, le premier du tournoi : un, le pays hôte s'est montré à la hauteur de l'événement et, deux, sur le terrain, la meilleure équipe l'a emporté.Au moins, l'histoire retiendra de cette première Coupe du monde sur le continent africain l'émanation d'une vraie justice, et il suffit de se souvenir de l'Italie de 2006 pour apprécier cette remarque. La légende du jeu, quant à elle, n'en gardera pas un souvenir joyeux. Le spectacle n'a que très peu répondu aux attentes que suscite forcément un rendez-vous ne se présentant que tous les quatre ans. Livrés aux calculs d'épiciers, trop souvent, et à quelques tâches arbitrales trop tenaces pour ne pas relancer le débat de l'assistance vidéo, les matches ont trop ressemblés à l'époque, qui appartient aux gestionnaires. Ce tournoi du bout du monde a globalement généré l'ennui. Son environnement également.
Car si l'Afrique du Sud a relevé le défi que lui avait accordé la FIFA en lui confiant l'organisation de sa compétition ma-jeure pour la première fois sur ce continent, la liesse n'a pas non plus été au rendez-vous. L'absence de gros contingents de supporters étrangers et la structure même des villes, à l'image de Johannesburg, ne se prêtaient guère à la ferveur populaire constatée habituellement en Europe, en Amérique, ou même en Asie, en 2002. Les frimas de l'hiver austral y sont aussi sûrement pour quelque chose.
Au bout du compte, aucun incident majeur n'est à déplorer, mais c'est un peu comme si la crainte qu'il en survienne un avait tout submergé. Des problèmes récurrents de l'Afrique du Sud, pauvreté et insécurité en tête, résulte un mode de vie certainement peu compatible avec la tradition festive et populaire d'une Coupe du monde. C'est la raison pour laquelle il faut se contenter de ce constat : tout s'est bien passé. Il est vrai que tout a été mis en œuvre pour y parvenir, entre déploiement de forces particulièrement imposant et consignes de prudence rabâchées sans relâche.
S'il n'a pas complètement réjouit les visiteurs, le séjour sud-africain aura au moins permis au pays hôte de progresser, en termes d'image, d'infrastructures et de sécurité. Souvent évitée pour les risques encourus par les touristes, l'Afrique du Sud a considérablement rassuré sur ce point. Du coup, à l'heure de quitter l'hiver austral, domine le souvenir de décors splendides, d'une hospitalité inoubliable, d'un dynamisme contagieux et d'une harmonie en bonne voie, moins de vingt ans après la fin de l'apartheid. Une vraie et belle victoire pour l'Afrique du Sud.
Sylvain Villaume
