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A l'aune des changement climatiques, les agriculteurs africains doivent s’adapter aux nouvelles réalités environnementales en vue de pérenniser la production agricole. Dans la perspective d’une agriculture durable, ils doivent pouvoir cultiver en respectant les règles de protection et de préservation de l’environnement. Car l'agriculture demeure un domaine où les gouvernements africains doivent accentuer la recherche, la formation et la sensibilisation des populations, tant des agriculteurs que des consommateurs. Les pouvoirs publics doivent d'avantage favoriser l'adoption de nouveaux comportements privilégiant la durabilité de l’agriculture.
La population africaine est tributaire des impacts du changement climatique dans les différents secteurs de la vie socio-économique
Depuis le 6 juillet à Dakar, des chercheurs venus de plus de 20 pays d’Afrique et du monde prennent part à un colloque international portant sur le thème : « Adaptation au changement climatique : quelles stratégies d’échange et de partage de l’information au bénéfice des communautés ? ».
A cette occasion le ministre sénégalais de l’Environnement et de la Protection de la nature Djibo Leity Kâ déclarait lors de l'ouverture de la rencontre que « Les images des inondations dans les grandes villes africaines, l’érosion côtière de plus en plus intense, la famine dans d’autres régions du continent du fait de la sécheresse seront encore vivaces dans nos esprits ».
Une politique pragmatique est donc d’autant plus urgente que le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat a, dans son quatrième rapport publié en 2007, démontré que le réchauffement climatique était sans équivoque et que ses impacts allaient affecter pour plusieurs années encore les communauté vulnérables. Selon M. Kâ « le temps est donc à l’action et ses coûts ne doivent pas constituer un blocage ».
Le développement durable est plus présent en Afrique qu’en Europe
Selon l’écologiste américain, Regis Maubrey, en Occident, les gens vivent loin de leur environnement. Ils ont des infrastructures de base, de production et ne se rendent pas compte de l’impact de l’environnement global. Alors qu'en Afrique et en Asie, les populations vivent dans leur environnement. Parfois même sans le savoir, elles pratiquent une agriculture traditionnelle plus proche du développement durable.
Or la compréhension de l’évolution climatique de la planète est devenu le plus grand défi auquel la population mondiale soit confrontée. La disponibilité d’une information de qualité est un atout important dans la réussite des programmes et projets qui sont développés et mis en œuvre. Il faut donc favoriser l’accès aux informations et connaissances appropriées pour soutenir la prise de décision et faciliter l’adaptation de l'agriculture en Afrique.
Pour Neil Sorensen, coordonnateur des communications à la Fédération internationale des producteurs agricoles (FIPA) basée à Paris, les pays africains devraient consacrer 10% de leur budget à l’agriculture conformément à la déclaration de Maputo. Toutefois la mécanisation de l’agriculture n'est pas seule suffisante pour parvenir à une agriculture durable.
Les pays africains sont appelés à mettre en place des stratégies agricoles tenant compte de la notion de durabilité
Les experts internationaux, réunis en conclave à Dakar depuis 6 le juillet, recommandent d’éviter la dégradation des espaces cultivables, d’insérer la polyculture, sans oublier la maîtrise des techniques de conservation d’eau et d’irrigation. Car l’agriculture est un secteur vital qui ne doit être négligé, la sécurité alimentaire étant liée à la durabilité agricole.
Il est donc nécessaire pour l’Afrique de pratiquer une agriculture responsable, liée à la conservation et la protection de l’environnement. Les pouvoirs publics doivent favoriser l’investissement dans les marchés locaux, la mise en place d’un système de crédit et de gestion des risques, ainsi que la construction des routes et d’autres infrastructures pour favoriser la production et l’évacuation des produits vers les lieux de consommation.
