Pèlerinage à la Mecque : Des encadreurs de pèlerins sanctionnés


Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation les accuse de manquements au cours du Hadj 2009. Marafa Hamidou Yaya a certes mis la fleur au fusil comparativement à l’année dernière, où il avait suspendu des encadreurs de pèlerins. Mais il ne reste pas moins sur sa logique «d’assainissement» de l’environnement du Hadj. Ainsi «sur recommandation de la Commission nationale du Hadj», des lettres d’observations ont été adressées à deux encadreurs de la région du Nord, Oumarou Garga et Hamadou Bayero, le 7 juillet dernier. Motif : Ils se sont «fait remarquer négativement au Hadj 2009».
En revanche, le président de la Commission nationale du Hadj (Cnh) a adressé des lettres de félicitations à cinq encadreurs de pèlerins, «lesquels se sont particulièrement distingués dans l’encadrement de leurs compatriotes».
Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minadt) Marafa Hamidou Yaya invite, au terme de son communiqué, «les encadreurs agrées impliqués dans l’organisation du Hadj 2010, à veiller au respect de la réglementation saoudienne sur le pèlerinage, et des prescriptions de la Commission nationale du Hadj». Selon un encadreur ayant requis l’anonymat, les encadreurs qui sont sanctionnés sont «ceux qui critiquent l’organisation».
Dans un souci de clarification, la Cnh a en outre communiqué le 7 juillet dernier le coût du logement à la Mecque et à Médine, des services saoudiens, des pécules, des commissions des encadreurs, des services supplémentaires et du billet d’avion. Le total des dépenses attendues de chaque pèlerin est de 1. 974.500 Fcfa. Le voyage-aller est prévu du 25 octobre au 1er novembre 2010. Le voyage-retour de la Terre sainte ira, quant à lui, du 25 novembre au 2 décembre 2010. Comme l’année dernière, la compagnie saoudienne Alshameel a par ailleurs été sélectionnée pour le transport des pèlerins. Elle affrètera des avions d’Air service international, révèle-t-on.
Ces communiqués de la Cnh sont publiés au moment où des organisations de la société civile et dignitaires musulmans ont adressé un mémorandum au Premier ministre. Ils y indiquent que «le coût du Hadj a connu une courbe ascendante allant de 1.250.000 Fcfa (2006-2007) à 1.650.000 Fcfa en 2008 et 1.882.000 Fcfa en 2009. L’augmentation brutale observée chaque année affecte la communauté musulmane et se répercute sur les capacités des personnes à faibles revenus, qui, malgré des mois et parfois des années d’épargne, ne parviennent point à s’offrir ce rite religieux ».
S’agissant du volet transport, les rédacteurs soutiennent qu’ «en 2009, les soubresauts de dernière minute d’une administration à la recherche de solutions de rechange pour pallier aux erreurs du choix d’un consortium peu crédible aux yeux des professionnels de l’aéronautique justifient le manque de sérieux dans le processus. Malgré le changement opéré en matière du choix d’affréteur, les pèlerins n’ont pas eu droit à un titre de transport, seul document justifiant leur présence à bord d’un avion -». Pour le Hadj 2010, la Cnh a confié la gestion du volet transport aérien des pèlerins au ministère des Transports. Le nombre de pèlerins a, quant à lui, été fixé à 2 500. Il était de 2200 en 2009 et 3200 en 2008.
Georges Alain Boyomo