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Au terme d’une élection boudée par les électeurs en raison de flagrantes magouilles, une procédure judiciaire sème le trouble à la région du Littoral.Après le report par Jean Nkuété, Vice-premier ministre chargé de l’Agriculture, des élections pour la Chambre d’agriculture, des Pêches, de l’Elevage et de la Forêt (Capef), le déroulement du vote dans la région semble avoir paradoxalement convergé loin des espérances du ministre.
Triste décor
Loin de revêtir l’effervescence électorale des jours ordinaires, la faible affluence auprès des bureaux de vote a permis de dénoter le désintérêt des populations. Dans le Wouri, sur les différents bureaux de vote installés dans les enceintes des différentes sous-préfectures d’arrondissement, le nombre total d’électeurs présents suscite l’hilarité pour une opération que Jean Nkuété annonçait pourtant de « grande envergure et d’historique».
Sur les 516 électeurs enregistrés dans le Wouri, moins de 120 ont réellement participé. Selon Marthe Fomekong, électrice, ces maigres chiffres et les différentes abstentions résultent premièrement de l’action limitative et ciblée des électeurs par les responsables de la Commission Régionale Electorale. « Nous avons déposé des listes en même temps, le même jour suivant exactement la même procédure. Le plus drôle est que moi, mon nom est sorti dans la lite définitive des électeurs, mais celui des trente autres personnes qui m’accompagnaient, n’est jamais sorti. ». Par ailleurs, dans la plupart des bureaux de vote, les électeurs et les scrutateurs ont été mis hors de la salle soi-disant pour des soucis de clarté, en dépit de l’isoloir qui devrait permettre aux votants d’être discret.
A Douala 5e, seules 06 personnes dont les noms figuraient sur la liste définitive étaient habilités à voter. Un nombre insignifiant compte tenu de l’acabit des populations domicilié dans cet arrondissement. Dans certaines antennes chargées de superviser le vote dans la capitale économique, notamment à Douala, les abstentions sont venues du fait que la liste du candidat Leukoukeng ait été rejetée. Un refus que les autres départements de la région du Littoral n’ont pas accepté en boycottant la tenue des élections. « Nous n’accepterons pas que les dépenses financières que nous avons effectuées tant au niveau de la caution d’1 million de Fcfa, qu’au niveau de la campagne électorale, restent impayées. Nous sommes les vrais agriculteurs mais, non seulement on rejette notre liste, en plus on ne nous permet pas de voter. C’est incompréhensible. ». S’est indigné madame Tchami, docteur naturopathe et candidate de la liste déchue.
Justice
Face à la confirmation le jour du scrutin de son rejet par la commission électorale gérée par le conseiller aux affaires économiques de la Région, Monsieur Thomas Leukoukeng a décidé de contre-attaquer. Selon son avocat, maître Paul Payere, plusieurs ambiguïtés émergent à travers le rejet de la liste de Thomas Leukoukeng. Non seulement aucune notification de rejet préalable, formulée deux semaines au moins avant la tenue des élections, n’a été faite à son client, comme le prévoit le décret présidentiel N°2009/249 du 06 Août 2009 et l’arrêté N° 0025/MINADER du 18 Janvier 2010. En plus, toujours d’après ces deux arrêtés, la Commission Régionale Electorale, qui doit s’assurer d’abord de la conformité du dossier avant le versement de la caution, lui a pourtant donné ce feu-vert. Un feu désormais au rouge, que le candidat déchu, promet de ne pas lâcher tant que justice ne sera pas réparé.
A cet effet, ayant exigé un nouveau report des élections par le truchement d’une notification adressée quelques jours avant la date du 11, par maître Nganko Didier, huissier de Justice et Paul Payere, à l’endroit du gouverneur de la Région du Littoral et du délégué régional du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, ces derniers ont fait la sourde oreille. Une attitude qui, non loin de décourager les plaignants, les harangue à poursuivre la procédure à travers un recours auprès de toutes les juridictions compétentes, jusqu’à ce « triomphe la justice ».
Du côté de la région, les raisons du rejet s’articulent autour d’un défaut dans le contenu du dossier de candidature de la liste de Leukoukeng. Un « curieux » défaut dans la mesure où, dans toutes les autres régions du Cameroun exceptée le Littoral, c’est suivant la même armature que les différents dossiers de candidature ont été déposés et validés. Un singularisme au Littoral qui arrache malgré tout un sourire « narquois » en démontrant que, eu égard les tentatives du gouvernement pour enrayer la corruption au Cameroun, la sortie du tunnel est encore longue et semée d’embuches. Affaire à suivre…
Paul Tonye Njel
