Ngaoundéré : Un élément de l’Esir tué par des trafiquants



Une interpellation qui a mal tourné dans la nuit du 8 juillet 2010 a laissé le policier sur le carreau.L’équipe spéciale d’intervention rapide (Esir) est en deuil. Le gardien de la paix major Allah Ondoum Léger Bruno est passé de vie à trépas, retrouvé gisant dans une marre de sang dans un champ de maïs. Le drame s’est passé jeudi dernier non loin de la gare-marchandises de Ngaoundéré.
Des informations recueillies à bonnes sources révèlent que « général Kamogué » du nom que l’ont baptisés ses camarades de corps, se rendait aux alentours de 23 heures cette nuit à sa demeure au quartier Gadamabanga après une dure journée de travail. A bord d’une mototaxi, des individus suspects en pleine activité de transport dans des bidons de 20 litres de carburant frelaté auraient attiré sa curiosité en chemin.
Le Gpx major, selon les informations recueillies sur place, auraient voulu agir en « solo », transgressant l’une des règles de la police qui aurait voulu qu’il appelle ses collègues en renfort, d’où la critique de plus en plus houleuse sur cette « opération qui a foiré ». Le flic était réputé pour sa force herculéenne, ses collègues disent de lui que « c’était le genre de policier dont on faisait confiance lors des opérations à cause de son courage et son ardeur ». Toutefois, au cours de sa dernière intervention, tout semble confirmer qu’il n’aurait pas assez évalué la situation car voulant interpeller les trafiquants, les bandits, débusqués dans leur sombre entreprise ont eu raison du policier, poignardé à mort au creux de l’épaule.
Originaire de Madingrin dans le département du Mayo-rey dans la région du Nord, le gardien de la paix major Allah Ondoum Léger Bruno, était depuis 2001 en service à la délégation régionale à la sureté nationale de l’Adamaoua. Il décède à 28 ans laissant une veuve éplorée qui venait d’agrandir sa famille d’un nouveau-né. Pour l’heure la division régionale de la police judiciaire a ouvert une enquête sur les coupables qui courent toujours.
Eric Nguélé