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Après avoir présidé les assises du Conseil Supérieur de la Magistrature hier, Paul Biya s’apprête à quitter le Cameroun pour répondre à une invitation de Nicolas Sarkozy. Contre toute attente, le président de la République, Paul Biya, par devant président du Conseil supérieur de la magistrature, a présidé hier jeudi 8 juillet 2010 les travaux dudit Conseil au palais de l’unité en présence de tous ses membres. Les travaux qui ont duré deux heures ont débuté avec l’observation d’une minute de silence en mémoire à Abraham Tchuente, premier président de la Cour des Comptes, décédé.Huit points étaient inscrits à l’ordre du jour. Les questions liées à l’indiscipline avec la traduction de deux magistrats au conseil de discipline, la demande de grâce de certains condamnés à mort, l’intégration des auditeurs de justice, diplômés de l’Enam (2008-2009), la promotion et les nominations des magistrats. Les travaux qui ont duré deux heures ont débuté par l’observation d’une minute de silence en mémoire à Abraham Tchuente, premier président de la Cour des Comptes, décédé.
Ont pris part à cette réunion : Amadou Ali vice-Premier ministre, ministre de la Justice, Garde des Sceaux et vice-président du Conseil supérieur de la magistrature, Mme Brigitte Mebandé, Hubert Nkolo Menye, Basile Yagaï M. Clément Atangana, Mme Lucy Asuagbor, Albert Ekono Nna qui sont tous des membres titulaires, et les membres suppléants qui sont : Frédéric Moche Fayeu, Joseph Boulou Nguizi, Chief Nji Tumasang, Mme Eyoum Minono épouse Epoube Lydienne, Saker Mbakop, Mathias Epuli Aloh, Abel Minko Minko, et Hamadjoda Adjoudji. Etait également présent, Jean Foumane Akame le secrétaire du Conseil.
Magistrats sanctionnés
A l’issue de la réunion, Amadou Ali a fait cette déclaration publiée dans le site de la présidence de la République : « vous savez que le rôle du Conseil supérieur de la magistrature est la gestion des magistrats. Les travaux de ce jour ont essentiellement porté sur les décisions relatives à l’intégration des auditeurs de justice dans la magistrature de la promotion 2008-2009, également la promotion et les affectations des magistrats. Il y a eu bien évidemment le problème de la grâce présidentielle des condamnés à mort. Au plan disciplinaire, il y a eu deux magistrats qui ont été traduits devant le Conseil de discipline. La décision finale reviendra au président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature. Les membres du Conseil ayant chacun émis son avis ». Les travaux se déroulant à huis clos, il est très difficile d’avoir un aperçu général du contenu des échanges et l’ambiance qui a régné tout au long des travaux. On sait tout simplement, pour le cas des magistrats traduits à la barre de ce conseil, qu’ils ont posé des actes contraires à la déontologie de cette profession. Paul Biya ayant fait de la corruption son cheval de bataille, il est très peu probable que les concernés se tirent d’affaires ; eux qui devraient plutôt prêcher par l’exemple.
Champs Elysées
Le conseil supérieur de la magistrature présidée, le président de la République va quitter le pays ce week-end à la tête d’une importante délégation. Paul Biya figure sur la liste des quatorze dirigeants africains invités à prendre part à la célébration de la fête nationale française qui aura lieu mercredi 14 juillet prochain. Il prendra aussi part au défilé des Champs Elysées où des armées africaines défileront aux côtés de l’armée française. Une présence qui essuie de nombreuses critiques de la part des organisations de défense des droits de l’homme et de certains leaders politiques africains ; eux qui ne comprennent pas pourquoi Nicolas Sarkozy, absent en Afrique lors de la célébration du cinquantenaire des indépendances africaines, fait déplacer un nombre aussi considérable de chefs d’Etat du continent dont les armées, pour certains, s’affichent beaucoup plus comme la terreur des populations. Le président ivoirien a refusé de cautionner ce qu’il considère comme une nouvelle forme d’asservissement et de domination. Laurent Gbagbo n’a pas répondu favorablement à l’invitation du locataire de l’Elysée. Avant de se rendre aux Champs Elysées, les présidents africains prendront part à un mini-sommet initié par Sarkozy pour recadrer la coopération entre la France et l’Afrique.
Au moment où le couple présidentiel prépare ce voyage, l'ambiance s'annonce chaude ce matin à Bonanjo. Les militants du Rassemblement républicain et démocratique du Cameroun (Rrdc) vont se déporter en masse ce jour, dès 11 heures, pour faire un sit-in à l'entrée du Consultat de France à Douala. Le but de cet acte, selon son président Bouba, joint hier au moment où nous mettions sous presse, est de dénoncer la mainmise de la France dans la gestion des affaires au Cameroun. Il s'agit pour les jeunes qui constituent la majorité au sein de cette formation politique, de demander au pays de Nicolas Sarkozy de laisser les Camerounais s'occuper enfin de leurs problèmes. D'après leurs dires, on a passé beaucoup de temps à marteler dans les oreilles de leurs compatriotes que voici 50 ans que le Cameroun est libre et indépendant. Donc pour une fois, "il faut passer de la parole aux actes", pensent-ils.
Arthur G. Bakande
