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Une délégation de chefs d’entreprises français du Medef International a séjourné au pays du 05 au 08 juillet dernier. Une visite aux relents de contre-attaque. Ils étaient vingt-quatre chefs d’entreprises français à séjourner au Cameroun depuis le 05 juillet dernier. Au cours de leur visite, ils ont eu d’importants contacts avec les plus hautes autorités du pays, à l’instar du Premier ministre, chef du gouvernement, du ministre des Finances et celui en charge de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire, ainsi que les bailleurs de fonds représentés au Cameroun.
Au cours de cette audience avec Philémon Yang, les entrepreneurs français se sont engagés à soutenir tous les projets de développement présentés par le gouvernement. Ils ont également eu des séances de travail avec les chefs d’entreprises locaux issus de plusieurs secteurs d’activités, au rang desquels : l'ingénierie des systèmes hydrauliques, le commerce international, le traitement de l'eau, les banques, les assurances, pour ne citer que ceux-là.
Le 07 Juillet dernier, ils ont fait une brève escale à Edéa pour la visite de l'usine de production de l'aluminium d’Alucam Aluminium Pechiney. Sur place, ils ont aussi rencontré le Cercle d’affaires français (Cafcam) et la section des conseillers du commerce extérieur de la France.
L’objectif de ces multiples rencontres, selon le président du comité Medef International Afrique, est d’évaluer les opportunités d’affaires, identifier les goulots d’étranglement et envisager les secteurs d’activités où Camerounais et Français pourraient s’investir.
Dans le volet soutien, le Medef (patronat français) se propose d’accompagner le groupement interpatronal du Cameroun (Gicam), dans des actions de développement dans le domaine de la formation professionnelle de ses dirigeants et experts, ainsi que dans plusieurs autres domaines.
Selon le chef des Services économiques de l'ambassade de France au Cameroun, une seconde convention, plus spécifique et plus concrète, sera également signée entre le Medef et la Grande Ecole de commerce, Hec située à Bonanjo-Douala. Avec un volume d’échanges commerciaux de près de 500 milliards de Fcfa par an, la France et le Cameroun sont des partenaires économiques de premier-plan. Donc quoi qu’il en soit, cette présence française augure des lendemains enchanteurs pour les milieux d’affaires.
Les dessous
La présence française en terre camerounaise ne saurait être un fait relevant du simple hasard. Cette visite de travail survient moins de quatre mois après la tenue à Yaoundé de la rencontre baptisée forum d’affaires et d’investissement Turquie-Cameroun. Organisé le 16 mars 2010, ce forum a été l’occasion pour les hommes d’affaires des deux pays, d’échanger et de nouer des contacts d’affaires, dans une atmosphère détendue, et presque bon enfant. Venus dans la suite de leur président, Abdullah Gül, ces 120 hommes d’affaires ont discuté en tête à tête avec environ 300 autres hommes d’affaires basés au Cameroun.
On se souvient que le président turc avait souligné lors de sa visite qu’il y a du potentiel au Cameroun, tout en ajoutant que la Turquie est intéressée par plusieurs secteurs tels que la construction où elle pourrait faire des logements sociaux, l’énergie, les mines, l’agriculture, la santé et l’éducation. Au cours de cette rencontre, deux conventions ont été signées avec le Cameroun. Le premier accord est relatif à la coopération technique, scientifique et économique en matière agricole, alors que le second accord porte sur l’exemption réciproque des visas pour les détenteurs de passeports diplomatiques, de passeports de service et de passeports spéciaux.
A côté de la présence turque, il y a celle de la Chine. Cela n’est plus qu’un secret de polichinelle, aucun secteur n’échappe aujourd’hui à la « race jaune ». La présence chinoise au Cameroun, ces dernières années, se manifeste particulièrement aux plans de la construction des infrastructures (bâtiment et travaux publics), mais aussi de l’exploitation minière et de la pêche. Face à toutes ses mutations qui ont actuellement cours dans de nombreux secteurs de la vie économique du Cameroun, les français sont plus que jamais certains que le Cameroun n’est la chasse-gardée de personne. Donc pour espérer garder leurs acquis, il est plus qu’indispensable pour eux d’être plus présents sur le terrain. Et cela s’est largement observé durant ces quatre jours en terre camerounaise.
Thierry Nyope
