Université de Yaoundé II : Les examens malgré tout


Concentration et sérénité refont surface sur le campus après plus de 10 jours de polémique. Cette fois c’est la bonne. Les examens ont bel et bien débuté à l’université de Yaoundé II hier 7 juillet. Initialement prévus pour le 29 juin, ceux-ci avaient été repoussés au lundi 5juillet et c’est finalement ce mercredi que les étudiants ont été soumis aux épreuves du second semestre. Ceux de la faculté des sciences juridiques et politiques sont les premiers à entrer dans la danse.
Déjà à 8h du matin, les cadets du niveau I cogitaient sur une épreuve de Family law, ils seront rejoints en fin de matinée par leurs ainés du niveau II. Les étudiants de 3éme et 4eme années prennent le train des examens dès ce matin. D’après le doyen de cette faculté, Victor–Emmanuel Bokalli, lesdits examens sont sensés s’achever le 16 juillet prochain.
Un doyen visiblement serein qui se dit d’ailleurs satisfait du bon déroulement de ces examens. «Les épreuves arrivent aux heures convenues dans les salles, les étudiants sont en possession de leur carte», déclare-t-il. Des propos que confirment les étudiants. Aucun incident majeur n’a été signalé lors des deux premières épreuves. Les étudiants de la faculté des sciences économies prendront le relais le 16 juillet.
Le début effectif des examens du second semestre ne sont pas sans rappeler les reports consécutifs desdits examens. Lesquels ont été la conséquence de la procédure d’obtention de l’attestation spéciale d’enrôlement initiée le 16 juin dernier par le recteur de l’université de Yaoundé II, Jean Tabi Manga. Celle-ci faisait suite à «à la circulation des faux reçus de paiement des droits universitaires confirmés par la Cbc», et rapporté par Jean Tabi dans son communiqué du 16 juin. Plus de deux semaines après le début de cette opération, le sujet demeure délicat. Au campus de Yaoundé II, les responsables des facultés ne souhaitent pas en parler. Hier, le recteur de l’université n’était pas accessible. Le doyen de la faculté des sciences juridiques et politiques Victor –Emmanuel Bokalli déclare, quant à lui, «ne pas être au courant d’une affaire de faux reçus». A l’unité de l’ingénierie du numérique sis au centre informatique chargée de l’élaboration des attestions spéciales d’enrôlement, c’est à peine si les agents n’ont pas jeté le reporter à la porte après l’avoir accablé d’une diatribe.
Carte d’identité
Pour les étudiants c’est bien claire, cette histoire de faux reçus ne tient pas debout. Benette, régulièrement inscris en Master I droit privé fondamental exprime son amertume : «Ils nous parlent de faux reçus mais sont incapables de nous présenter un seul spécimen… Ce sont des histoires, ils nous accusent pour rien, qu’ils cherchent ailleurs». Zita du niveau II trouve, pour sa part, qu’il y a une main mise de l’administration derrière ces actes.
Jusqu’à présent, aucun exemplaire desdits faux reçus n’à été présenté et nulle part l’administration de l’université n’a mentionné les noms de présumés fraudeurs. Ce qui en rajoute à la polémique. Il n’en demeure pas moins qu’après la note sus évoquée du recteur du 16 juin dernier, Jean Tabi Manga a sortie une nouvelle note selon laquelle l’admission en salle d’examen est conditionnée en plus de l’attestation spéciale d’enrôlement, à la présentation de la carte d’étudiant (ou la carte d’identité nationale) et des originaux des reçus de payement des droits universitaires, confie un surveillant ayant requis l’anonymat. «Comment alors reconnaitre les vrais des faux reçus puisqu’on ne nous à pas présenté celui qui est supposé être le faux ?» s’interroge notre source.
Toujours est-il que l’histoire de faux reçus à fait tâche d’huile à Soa. «C’est la preuve que rien n’est pris au sérieux ici. La cellule informatique délivre les fiches nous permettant de payer les droits universitaires à la banque [Commercial Bank of Cameroon – Cbc-, Ndlr]. Ce après quoi nous ramenons le reçu dans le même service. Si une telle chose est arrivée, seuls les responsables de cette structure (cellule informatique) peuvent l’expliquer», confie un étudiant.
Ses camarades et lui disent ne pas être près à oublier la procédure d’identification, mieux de vérification des reçus que certains qualifient de formaliste puisque rien d’anormal n’a été signalé. Les étudiants ont dû faire une impasse sur les révisions pour se soumettre à cette procédure pour laquelle il fallait s’aligner dès 6h du matin, braver les intempéries durant plusieurs jours pour certains pour pouvoir, enfin, obtenir l’attestation spéciale d’enrôlement. Jusqu’à hier matin, les étudiants continuaient à se soumettre à cette procédure avec beaucoup d’énervement et de colère. Alors que l’histoire de faux reçus continue de faire du bruit à Soa. Et beaucoup de bruit.
Nicolas Vounsia (Stagiaire)