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Intégration économique :Vers la fusion de la Cemac et de la Ceeac

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ceeac-cemac1A la suite des experts, les ministres de la Cemac et de la Ceeac ont poursuivi la réflexion dans le sens de la fusion des deux communautés économiques, pour former un grand ensemble économique unique, selon les vœux de la conférence des chefs d’Etat de l’Union africaine. Bientôt une fusion entre la Cemac et la CEEAC ? Des experts et ministres de l’intégration de pays membres des deux organismes régionaux en ont rêvé à haute voix pendant cinq jours de consultation qui se sont achevés hier, à Yaoundé.
Ils devaient mettre en place une feuille de route devant conduire à l’l’intégration des deux communautés économiques régionales que sont la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (Cemac) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrales qui intègre également des pays comme l’Angola le Rwanda et la république démocratique du Congo. Les travaux qui se sont achevés hier à Yaoundé ont commencé depuis le 1ier juillet 2010, par une réunion des experts au titre de la deuxième réunion préparatoire du lancement du Comité de Pilotage sur la Rationalisation des Communautés Economiques Régionales en Afrique centrale. Ce Comité de Pilotage comprendra notamment l’Union Africaine, la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique et la Banque Africaine de Développement en plus de la Cemac et de la Ceeac, conformément aux instructions de la conférence de chef d’Etats de l’union africaine.
Ce processus de  rationalisation des Communautés Economiques Régionales qui s’étend à toutes les régions du continent, vient donner corps au vœux des chefs d’Etats  et de Gouvernement de l’Union Africaine qui au cours de leur 7ème session ordinaire tenue en juillet 2006 à Banjul, avait instruit la rationalisation, partant du constat selon lequel la multiplicité des communautés doublée de l’appartenance de certains Etats à plusieurs communautés, constitue un handicap véritable au développement de l’Afrique.

 

Les cinq communautés économiques régionales prévues dans le cadre de cette rationalisation en Afrique sont : la Communauté Economique de l’Afrique du Nord (Ceean) ; la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Ceeao) ; la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (Ceeac) ; et la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Australe (Ceeaa). «La mise en œuvre de ce scénario, prévient la Commission économique pour l’Afrique, ne sera pas un exercice direct à cause de la complexité des lois régissant les Oig. Il nécessite aussi une gestion minutieuse du redéploiement des employés des Oig existantes et la liquidation des biens/dettes des Oig. L’avantage de la poursuite de ce scénario est qu’il devrait éliminer radicalement la multiplicité des institutions d’intégration sur le continent et devrait accélérer l’agenda d’intégration de l’Afrique ».

Ces difficultés ont d’ailleurs conduit des experts à imaginer tous sortes de scénarii. On ainsi évoqué lors des réunion de cadrage la rationalisation autour des communautés « enracinées » : Ce scénario est basé sur le principe double d’une Cer par région et une seule Cer par pays et invite à la création des communautés régionales en fonction des caractéristiques communes telles que la géographie, ethnie, la langue, la sociologie, les liens historiques et autres. D’autres ont pensé à une rationalisation par répartition des tâches qui subdivise aussi les  efforts de coopération en programmes régionaux et sous-régionaux, en les catégorisant suivant les intérêts des pays dans la même région avec des organismes intergouvernementaux qui prennent en charge des question spécifiques. Il y a également eu les tenants de la rationalisation par l’harmonisation et la coordination. Toutes ces approches paraissent lourdes, même si elles prennent en compte les réalités du terrain, et les difficultés qui se poseront incontestablement au moment de la mise en œuvre du processus.

Pour l’heure, les responsables de la Cemac et de la Ceeac semblent chanter en chœur l’hymne à l’intégration des deux communautés. Pour la commission de la Cemac, il est impérieux d’élaborer une feuille de route pour l’intégration de la Cemac et de la Ceeac à travers une harmonisation de politiques et des programmes, une définition des domaines prioritaires des démarches, et une claire identification des moyens de financement. Même avis du côté de la Ceeac, dont le secrétaire général estime que la rationalisation de ces communautés économiques régionales est rendue impérieuse du fait de la dynamique mondiale de regroupement des Etats.

Il faut dire que la situation est pour le moins confuse. Du fait de la multiplicité des regroupements, les politiques ne sont pas harmonisées, tandis que certains pays appartiennent à la fois à plusieurs communautés régionales. Par exemple, le Cameroun appartient à la fois à la Cemac et à la Ceeac. Au sein de la Ceeac la république démocratique du Congo, appartient également à un regroupement de pays de l’Afrique australe. Et en termes de coûts, la mise en place de communautés intégrées résoudrait plusieurs problèmes liés aux multiples cotisations que les Etats doivent verser à ces organismes pour assurer leur fonctionnement.

La rationalisation des Communautés Economiques Régionales (Cer) s’inscrit en droite ligne du traite d’Abuja qui créé la communauté économique africaine. Ce traité subdivise le continent en cinq communautés régionales : l’Afrique du Nord ; l’Afrique de l’Ouest ; l’Afrique Centrale ; l’Afrique Orientale ; et l’Afrique Australe ces Communautés régionales devant servir de pôles de fédération du futur marché commun à l’échelle du continent.

 

Pourtant, déploraient les experts de l’Union africaine lors d’une réunion de cadrage à Acra au Ghana, au lieu de cinq communautés régionales il existe au moins 14 communautés économiques au sien de l’espace géographique africain. De plus au sein de ces espaces, il existe plusieurs organisations orientées vers l’intégration et/ou l’économie. Ainsi, en Afrique de l’Ouest la Cedeao cohabite avec l’Uemoa, l’Uma, et à présent le Censad. En Afrique centrale, la Ceeac couvre les espaces de la Cemac et   du Cepgl. En Afrique Australe la Sadc, la Sacu et l’Ioc se partagent à présent entre- elles l’essentiel de leurs espaces d’intégration et avec la Comesa qui à son tour s’étend sur l’ensemble de l’Afrique orientale, certains Etats de  l’Afrique du Nord et de l’Afrique centrale.

Selon les experts de l’Union africaine, « la rationalisation des Cer revient par conséquent à s’attaquer à la fragmentation des espaces régionaux, au chevauchement des institutions,  à la duplication des efforts, à la dispersion des ressources, et aux querelles de légitimité découlant des multiples traités existants des Cer et Cesr. En termes réels, la rationalisation signifie s’attaquer aux contraintes considérables affectant la capacité des Cer à générer et à canaliser un effort collectif durable dans le sens de l’intégration de l’Afrique, à cause de l’existence parallèle du grand nombre de Cer et de Cesr dans chacun des espaces régionaux, avec des mandats et des programmes similaires ».

Réaction:Louis Paul Motaze

 

« Nous parviendrons à la fusion »

 

Hôte de la conférence de Yaoundé, le ministre de l’Economie, qui a ouvert les travaux au nom du Premier ministre, s’est confié à La Nouvelle Expression sur les enjeux de ces travaux.

Quel sens donner à cette réunion sur la mise en place d’un comité de pilotage du processus de fusion des deux communautés économiques régionales ?

La réunion d’aujourd’hui a beaucoup plus pour but de voir comment mettre plus d’efficacité dans l’organisation du travail de nos communautés économiques régionales. Il ne s’agit plus de venir spéculer sur l’intégration, mais de constater que depuis le traité d’Abuja qui créé la communauté économique Africaine, les grandes communautés économiques régionales qui devaient se constituer pour faciliter cette intégration n’ont pas pris corps. Par conséquent, en Afrique centrale, on se retrouve ave avec deux institutions.

D’abord la Cemac qui regroupe six Etats membres, mais aussi la Ceeac qui, en plus des Etats de la Cemac, comprend La RDC, l’Angola, Sao tomé, le Burundi, et d’autres pays. Il est clair que cette duplication des instruments ne permet pas aux Etats d’atteindre l’efficacité recherchée. C’est pour cela que les chefs d’Etats ont décidé de confier au Cameroun le pilotage d’une réflexion pour voir comment rationaliser cela pour parvenir à une communauté économique unique. C’est pour cela que nous sommes là aujourd’hui.

Quels sont les délais qui peuvent conduire à cette intégration des deux communautés économiques présents dans la région ?

Je comprends votre souci pour les délais. Soyez sûr que nous allons travailler pour que cela se passe au plus vite tels que l’a demandé le président Paul Biya qui a été choisi par ses pairs pour conduire ce processus de bouts en bout. Vous pensez bien que s’il suffisait de signer une décision pour parvenir à cette intégration, ce serait déjà fait. IL s’agit en réalité d’un processus bien plus compliqué. Par exemple la Cemac existe, et les Etats membres partagent souvent une histoire ancienne, ce qui n’est pas forcément le cas lorsqu’on va au-delà de la zone. Par exemple, dans le cadre de la Cemac, nous avons déjà une monnaie commune.

Ce n’est pas forcément le cas avec les Burundi, Sao Tomé, et quelques autres. Nous pouvons également évoquer les différences linguistiques. En zone Cemac, nous parlons tous français, mais au-delà tout change, pour ne prendre que l’exemple de l’Angola. Il y a même des problèmes lorsqu’un Etat appartient à plusieurs communautés économiques. Donc nous devons travailler vite, mais nous assurer que toutes les données sont prises en compte lors que nous avançons. Il serait donc présomptueux d’avancer un délai. De toutes les façons, le Cameroun a intérêt à aller vie, parce que même au plan financier nous payons deux contributions au fonctionnement de ces communautés qui ont pourtant la même vocation.

Propos recueillis par F. B.

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