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Une soixantaine d’employés a envahi la direction générale jeudi, arrachant les clés de tous les véhicules. La tête du directeur général mise à prix.« Dieu est grand ! Imaginez un instant si ces gens m’avaient trouvé dans mon bureau ! Je ne sais pas si je serai encore en vie. Quand bien même il y aurait un problème, je crois que le préfet est la tutelle. Ils n’avaient qu’à aller voir le préfet plutôt que de venir chasser les responsables de leurs bureaux comme s’ils avaient affaire à des irresponsables. Arracher les clés des véhicules de service et celles des bureaux est un délit.
Jeudi dernier, aux environs de 10h, une soixantaine de riziculteurs fait irruption à la direction générale de la Semry, à Yagoua, munis de gourdins et de machettes. Une fois dans l’enceinte, ils se distribuent les taches. Selon un membre du groupe de rebelle, certains, les plus robustes, doivent affronter le directeur général ; les autres vont s’occuper du directeur général adjoint et des autres responsables. Dans le cabinet de Marc Samatana, les visiteurs, conduits par Pierre Abdoulaye, délégué Semry Yagoua, tombent sur la secrétaire pour récupérer les clés de la direction et des véhicules du Dg. La même stratégie est appliquée dans les autres bureaux. Après avoir chassé les responsables de leurs bureaux, les riziculteurs se dirigent à la préfecture pour remettre les clés au premier adjoint préfectoral qui aussi a profité de l’occasion pour tenir une réunion de crise.
« C’est au moment où la Semry annonce des lendemains meilleurs que, dira Marc Samatana, des individus de mauvaise foi commencent des mouvements d’humeur. Il y a quatre ans, cette structure ne produisait plus du riz. Mais, avec des moyens injectés par le gouvernement, des tonnes de sac de riz sont produits et même vendus à des prix défiant toute concurrence avec du riz chinois dans les régions septentrionales. » Pour booster la production, l’Etat a mis 5 milliards de francs Cfa pour la réhabilitation des engins. « À ce jour, nous avons acheté 12 nouvelles pompes, amélioré les labours. Que veulent-ils de plus ? », s’interroge le Dg qui annonce des mesures pour casser la fronde. « En tout cas, je serais obligé de remettre Pierre Abdoulaye à son ministère d’origine (le Minader, ndlr). Sa présence nous crée tous les problèmes du monde », conclut le Dg Semry.
Les riziculteurs n’en sont pas à leur première fronde. En 2007, Hamadou Evele, le prédécesseur de Marc Samatana avait vu sa résidence et ses meubles partir en fumée. D’après des observateurs, ce mouvement d’humeur des employés de la Semry s’est déclenché sur fond des revendications identitaires sur la distribution des postes de responsabilité au sein de cette entreprise publique.
Le conseil d’administration du 19 juillet, présidé par Ahmadou Tidjani, se penchera probablement sur la situation sociale à la Semry.
