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Barrage de Lom Pangar : les bailleurs de fonds au chevet du Cameroun

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barrageA l’issue de cette table ronde, la deuxième du genre après celle tenue du 18 au 20 mars 2008 à Paris, chacun de ces bailleurs de fonds devra en principe lever définitivement le voile sur l’enveloppe qu’il entend mettre à la disposition du gouvernement camerounais pour construire enfin ce barrage dont le coût est estimé à près de 150 milliards de francs Cfa.
On se souvient que lors de leur première table ronde à Paris, ces institutions et organismes internationaux dont l’Agence Française de développement, le Groupe de la Banque mondiale, la Banque Islamique de Développement, la Banque arabe pour le développement économique en Afrique, le Fonds Koweitien de Développement des Etats de l’Afrique centrale,
l’Eximbank de Chine et le Groupe Value Analytics d’Afrique du Sud, avaient, à l’issue de leurs travaux, fait des annonces de financements avoisinant 200 millions d’euro, soit plus de 130 milliards de francs Cfa pour ce projet. Mais, certains bailleurs, absents à cette table ronde s’étaient réservés le droit de déclarer ultérieurement leurs intentions de financement au gouvernement camerounais.
Dans son discours d’ouverture de leur rencontre qui s’achève ce mardi à Yaoundé, le ministre de l’économie, de la planification et de l’aménagement du territoire, Louis Paul Motazé qui était à la table ronde de Paris avec plusieurs autres membres du gouvernement, a indiqué que le souhait le plus ardent du gouvernement est que chacune des institutions représentées « manifeste de manière ferme et plus précise son intérêt et son engagement au financement de cet important projet afin qu’à l’issue de ces assises, le plan de financement puisse être bouclé ».

Le barrage hydroélectrique de Lom Pangar, projet identifié au Cameroun depuis 1980 par la Sonel, devenue Aes-Sonel, comme l’un des sites les plus prometteurs pour constituer une capacité de régularisation dans le système de production d’énergie électrique du bassin versant de la Sanaga, aurait déjà dû faire partie du patrimoine hydroélectrique actif national aujourd’hui. Ce qui n’est pas le cas. A Electricity development corporation, Edc, maître d’ouvrage de ce projet, l’on pense que « la préparation du projet a pris du retard en raison des pesanteurs dans la prise de décisions et de l’attitude initialement réservée de certains partenaires ». Le Directeur général de Edc, Théodore Sangou, indique que l’objectif est désormais d’avoir une mise en eau partielle au mois de juillet 2012 et une mise en eau définitive en juillet 2013.


De nombreuses opportunités

Selon le ministère de l’économie, le barrage de Lom Pangar, ainsi que sa mini centrale hydroélectrique de pied de 30 mégawatts, est un projet d’infrastructure de grande envergure d’une capacité de 7,250 milliards m3, équivalente à la somme des capacités des trois barrages réservoir existants que sont Mapé, Mbakoua et Bamendjin. Sa superficie de retenue est d’environ 540 km2. Pour le ministre Louis Paul Motazé, le barrage de Lom Pangar est nécessaire pour l’exploitation optimale des centrales hydroélectriques de Song loulou et d’Edéa, susceptible de générer en aval, grâce à l’amélioration des débits, un surplus de puissance desdites centrales d’environ 170 MW, sans investissement additionnel. Par ailleurs, les pouvoirs publics pensent que le barrage de Lom Pangar conditionne la faisabilité du projet d’extension d’Alucam, c’est-à-dire le triplement de sa capacité de production actuelle, en favorisant la construction de la centrale hydroélectrique de Nachtigal d’une puissance de 330 MW, voire 450 MW, projet de centrale connexe à cette extention.

Louis Paul Motaze souligne que le barrage réservoir de Lom Pangar est l’un des éléments essentiels qui participent de l’optimisation globale de la régularisation du Bassin de la Sanaga, avec en perspective le projet hydroélectrique de Song Mbengue, d’environ 1000 MW, indispensable pour le projet d’usine de production d’un million de tonnes d’aluminium prévue à Kribi, à l’horizon 2018 ; ceci compte tenu des sites candidats de projets hydroélectriques de Kikot, de Grand Eweng et de Deido. Les autorités locales de l’Est croient aussi savoir que le projet de construction du barrage de Lom Pangar regorge de nombreuses opportunités pour cette région; notamment la création d’emplois pour plus de 1500 Camerounais pendant environ 4 ans, durée du projet ; l’exploitation des ressources naturelles de la région (agriculture, pêche, or, diamant, fer, bois…) ; l’électrification complète de la Région ; l’installation des usines de transformation des ressources agricoles, halieutiques, etc. afin de réduire les importations ; le développement des PME/PMI dans le secteur des services et commerces ; le développement de l’éco-tourisme ; le désenclavement progressif de la région ; la construction ou le renforcement des infrastructures sociales et sanitaires.

Des étapes à franchir

L’ouvrage sera construit dans une zone écologique difficile, notamment en ce qui concerne la préservation des forêts et la protection de l’environnement, aspects auxquels la Banque mondiale tient fermement. Les experts avancent que l’ouvrage se fait aussi au confluent de deux rivières, avec des impacts parfois difficiles à évaluer immédiatement. Les études d’ingénierie ont certes déjà été faites. Les travaux à effectuer en priorité, étaient l’ouverture de la voie d’accès pour permettre, plus tard, à l’entrepreneur qui gagnera le marché de la réalisation du barrage de démarrer ses installations sur le chantier. Cette étape est franchie depuis peu avec la réalisation d’une route longue de 30 km entre Deng Deng et le site du barrage. Mais il reste une épine au pied du gouvernement : le dédommagement et le recasement des populations déguerpies sur cette route.

En plus, des impacts négatifs sur l’environnement et sur le milieu humain ont été notifiés aux autorités. L’impact le plus important concerne les maisons, les terrains et les champs. Le gouvernement soutient que des mesures nécessaires ont été prises afin que les lieux de relocalisation choisis ou proposés fassent l’objet d’une consultation, d’une évaluation et d’une analyse sociale pointue. Ces études permettront de déterminer si la population d’accueil est consentante et sous quelles conditions, si le transfert va générer des conflits ou des restrictions aux ressources naturelles. Il est également question d’identifier avec les communautés et leurs représentants ainsi qu’avec toutes les autres parties prenantes concernées, tous les mécanismes de recours que les communautés locales peuvent utiliser en cas de conflit ou de désaccord.

C’est dire si le chemin à parcourir pour avoir le barrage de Lom Pangar reste long et parsemé d’embûches. Pourtant, Louis Paul Motazé mise énormément sur la réalisation de cette grosse infrastructure qui boostera beaucoup d’autres projets tels que le Port en eau profonde de Kribi, pour conduire le Cameroun au rang des pays émergents, à l’horizon 2035.
Focal

Le barrage de Lom Pangar en bref

Le projet est localisé dans la province de l’Est au Cameroun, à la confluence des rivières Lom et Pangar. Il comprend notamment : l’implantation d’un barrage muni d’un ouvrage de régulation des débits, d’un ouvrage de prise d’eau d’usine, d’un évacuateur de crues et d’une hausse fusible ; le développement, la construction et le fonctionnement d’un réservoir de 6 milliards m3 et de 540 km2 ; l’implantation d’une usine hydroélectrique de pied d’une puissance de 30 mégawatts ; principalement pour alimenter la région de l’Est ; l’installation d’une ligne de transport de 90 KV d’une longueur d’environ 120 km entre le site du barrage et la ville de Bertoua ; la construction d’une route entre Deng Deng et le site du barrage ; la construction d’une cité du maître d’ouvrage en rive gauche du Lom et les installations de chantier temporaires en rive droite ; l’installation d’un pont temporaire de franchissement de la rive à gauche à la rive droite à proximité du barrage. L’objectif de ce barrage est de compléter la régularisation de la Sanaga pour l’optimisation de la production des centrales existantes, et de créer des conditions qui permettent l’aménagement de nouveaux sites nombreux et importants en aval, à conditions économiques intéressantes.

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