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Les maires Nkotti et Mbonjo accusés d'instrumentaliser les populations, qui désormais se promettent mutuellement de faire couler le sang dans les heures qui suivent."Affaire Nkap, affaire très sérieux!". Cette affirmation devenue populaire et qui traduit l'importance capitale de l'argent, prononcée autrefois par un comédien camerounais pour allécher ses auditeurs, trouve aujourd'hui son application dans le conflit qui oppose ouvertement Nkotti françois, maire de Bonaléa à Mbonjo Jacques, maire de Mbanga.
Si autrefois, ces deux élus du peuple arpentaient leurs communes voisines, la main dans la main, l'heure du déchirement semble avoir désormais emboîté le pas ; donnant place à des invectives et coups bas aux travers desquels, chacun veut éviter par tous les moyens de perdre la face et surtout le "gombo".
Motifs
Selon les populations de Mombo Balong, l'origine du problème proviendrait d'une tentative récente d'octroi forcée du marché de Kombè par le gouverneur de la région du Littoral, Françis Faï Yengo à la commune de Bonaléa. A travers un message radio du gouverneur communiqué à l'intention des différents protagonistes, le marché en conflit devrait désormais revenir à la commune gérée par Nkotti François. Une décision prise sans le consentement des villageois qui décrient vivement la procédure employée par le numéro un de la région, tout en affirmant leur ferme intention de ne guère se plier à cette instruction. D'après ces mêmes populations, ledit marché, construit 1987 grâce à un crédit du Feicom par la commune de Mbanga, a toujours été une propriété du canton Balong. A cet effet, il ne saurait être sous l'égide de Bonaléa. Pourtant, du côté de Bonaléa, les Aboh tribu voisine au Balong appartenant à l'arrondissement de Mbanga, estiment en tout état de cause que le marché de Kombè est leur propriété.
Dans cet imbroglio renforcé par l'incertitude des limites géographiques existantes, l'envoi de quelques agents de recouvrement de la mairie de Bonaléa dans le marché litigieux a immédiatement engendré le tumulte parmi les populations. Selon sa majesté Eyambè de Mbelle, chef du groupement Mombo Balong, cette attitude du maire Nkotti est une tentative vaine et illégale pour s'approprier un marché qui n'entre pas dans son ressort territorial de compétence. "Nous avons des limites établies entre les canton Abo et Balong. La limite fixée au point kilométrique 45 prouve en toute clarté que le marché de Kombè nous appartient. Ceci s'explique également par le fait que ledit marché se situe à 35 km de Penda Mboko, premier village Aboh. Comment peuvent-ils expliquer cela ?". Par ailleurs, ce dernier s'indigne contre le message du gouverneur en estimant que seul le chef de l'Etat possède cette capacité exécutoire à pouvoir apporter des retouches aux délimitations géographiques déjà en place.
Business et instrumentalisation
Le marché périodique de Kombè, situé au carrefour de plusieurs arrondissements, se révèle comme l'un des importants pôles d'échanges dans le département. A cet effet, selon quelques indiscrétions, les recettes mensuelles générées par ce marché dépassant les 20 millions de Fcfa seraient le nœud du conflit. Un juteux "gombo" qu'aucun des deux élus n'est prêt à abandonner.
En effet, dans un courrier adressé à son confrère de Mbanga, le maire Nkotti instruisait à Mbonjo Jacques de respecter les décisions du gouverneur en stoppant désormais toute activité à l'intérieur du marché. Cette note qui aurait fait l'effet d'une poudrière, a été mal perçue du côté de Mbanga. "Le maire Nkotti, devait m'appeler plutôt que de me faire parvenir un courrier de ce genre. Nous avions préalablement décidé de mettre sur pied une commission spéciale qui devrait résoudre ce problème sur la base de documents légaux. Dans cette perspective, Bonaléa devait apporter des documents qui corroborent l'éventuelle appartenance de Kombè à son ressort territorial. Ce qui n'a pas été le cas.".
Ayant répondu par un refus au courrier du maire de Mbanga, le problème est allé au-delà des populations qui désormais sont sur le pied de guerre. "Nous ne savons pas quelle est la manigance de Bonaléa avec les autorités administratives, mais une chose est certaine, personne ne viendra nous imposer une appartenance inconvenante. De même qu'un Nigérian n'acceptera jamais de devenir tchadien, de même nous ne nous laisserons pas spolier de notre paternité et de notre bien." Nous a affirmé sa majesté Eyambè de Mbelle. "Si les policiers et les agents de Nkotti se présentent au marché comme ils l'ont prétendu, je vous jure que le sang va couler." Nous a également indiqué un commerçant dudit marché avec sérénité. Un point de vue qui n'a pas empêché au maire de Bonaléa d'émettre un sourire sans dévoiler ses intentions.
Toutefois, la tension est désormais palpable au sein des deux localités dans la mesure où le sous préfet de Mbanga a immédiatement appelé le préfet du Moungo pour que ce dernier viennent à sa rescousse pour rapidement trancher une crise qui promet des étincelles.
Paul Tonye Njel
