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Quelque 10 tonnes de semences améliorées de riz viennent d’être octroyées à 2500 agriculteurs camerounais par l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD), a appris APA samedi auprès de cette institution. Lesdites semences sont constituées de trois variétés de type Nerica, qui est un croisement de riz asiatique et africain. Les chercheurs de l’IRAD vantent la résistance de cette plante aux maladies, mais aussi son bon rendement sur un cycle plus court que la moyenne.« La production et la distribution des semences va se poursuivre, avec l’aide de l’ONG Africa Rice et l’appui du gouvernement japonais », a précisé le directeur général de l’Institut, Jacob Ngeve. Avec cette approche, le Cameroun, qui dispose de 700 millions d’hectares arables, compte ainsi résorber, à moyen terme, la demande nationale qui est estimée à 600.000 tonnes. En effet, selon une récente enquête de l’Institut national de la statistique (INS), ce pays importe annuellement 85.000 tonnes de riz pour 75 milliards FCFA pour combler le déficit en cette denrée.
Au milieu des années 70, le Cameroun produisait 80% de sa consommation nationale à travers la créationdela Société d’expansion et de modernisation de la riziculture de Yagoua (Semry) dans l’Extrême-Nord, la Société de développement de la riziculture dans la plaine des Mbo (Soderim) à l’Ouest, et l’Upper Wun Valley Development Authority (l’Unvda) dans le Nord-Ouest. Actuellement, seule la Semry essaye de se maintenir en vie alors que le pays importe massivement cette denrée fort sollicitée par les ménages essentiellement de la Chine, de l’Inde, du Pakistan, de la Thaïlande et du Vietnam.
Pour le Conseil rural pour le développement de l’agriculture et la pêche (CORDAP), l’agonie de la riziculture camerounaise est à chercher du côté des prescriptions de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI).
Pour cette ONG, en imposant leurs politiques d’ajustement structurel et de libéralisation du commerce au Cameroun, ces institutions financières ont contribué à la mort programmée de la production locale de riz et à la privatisation des sociétés de développement du secteur agricole.
