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En effet, longtemps invectivé de mutisme et d’apathie par les uns et les autres en raison de nombreuses carences liées à l’adduction d’eau potable, la Camwater grâce à un partenariat avec la Chine, vient au travers de cette réalisation atténuer le désamour des populations de Douala à son endroit.
Etat des lieux
En effet, depuis la création de la Cameroon Water Utilities, société de patrimoine chargée de la réalisation des investissements dans le secteur par le président de la République Paul Biya, les multiples problèmes liés à la distribution d’eau, n’ont cessé d’empirer au grand lèse des populations. Si avant la privatisation, la confiance de nombreux consommateurs des villes était déjà tristement en berne, avec celle-ci, la redondance des heurts dans le temps et dans l’espace, relatifs à la distribution qualitative et quantitative de l’eau, a suscité le mécontentement général des populations urbaines.
Devant la forte croissance urbaine qui a engendré un élargissement des métropoles camerounaises, le réseau de distribution est resté cependant le même. Les châteaux d’eau d’antan et infrastructures hydrauliques en place nettement vétustes étaient toujours en place or les habitations dans la ville de Douala, ont pratiquement triplé. Les conclusions sur le fonctionnement du système de distribution de l’eau potable face à l’accroissement exponentielle de la population dans toutes les grandes villes, se sont avérées inadaptées et complètement désuètes.
Un problème qui, selon le ministre de l’Energie et de l’Eau, aurait poussé le gouvernement camerounais et les responsables de la Cameroon Water utilities à multiplier les actions auprès des bailleurs de fonds afin de trouver des investissements pour limiter dans un premier temps les problèmes d’alimentation en eau potable des populations de la ville de Douala, et ensuite du reste des zones urbaines problématiques du Cameroun.
Lueurs d’espoir
La station de traitement d’eau potable de Yato, fruit de la coopération sino-camerounaise est un projet dont les coûts d’investissement totaux s’élèvent à 18 milliards de francs dont la quote-part de la République Populaire de Chine représente 11 milliards de Fcfa accordés sous la forme d’un prêt.
Ce premier grand projet réalisé dans le secteur de l’eau potable depuis la réforme intervenue le 31 décembre 2005, représente une infrastructure hydraulique d’une capacité de 50.000 m3 d’eau qui permet désormais dans un premier temps de porter la capacité de production d’eau de la ville de Douala de 110.000 m3 à 160.000 m3 par jour, et ensuite de passer à 180.000 m3 par jour à la fin des travaux dans les mois à venir.
Ces travaux inaugurés par le Premier ministre le 30 juin 2008 dans le cadre du renforcement et de l’amélioration de l’alimentation en eau potable dans la ville de Douala et dont l’exécution aura duré moins de deux ans, se compose d’une série d’ouvrages dont la réhabilitation, la construction et l’équipement de nombreux forages urbains. Des travaux d’investissement financés à hauteur de 45 milliards de Fcfa par le gouvernement chinois qui, d’après le docteur Basile Atangana Kouna, directeur général de la Camwater, permettront à partir du premier trimestre 2011, d’accroître la production en eau potable de 100.000 m3 supplémentaires par jour. Toutefois, ce dernier, étant conscient de l’ampleur des réalisations à effectuer sur toute l’étendue du territoire camerounais pour combler les différents déficits, promet néanmoins que son équipe et lui avec l’appui de la tutelle s’attèleront à trouver des solutions pragmatiques afin de réduire autant que faire se peut, les problèmes en eau potable des populations du Cameroun.
Paul Tonye Njel
