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L’économie africaine occupe une place grandissante sur la scène mondiale.
Ainsi la Banque africaine de développement prévoit une croissance moyenne de 4,4% en 2010 et de 5,2% en 2011. Son rapport annuel, intitulé « Les perspectives économiques en Afrique » et rendu public le 15 juin, à Rabat (Maroc), retrace les tendances d'un continent qui émerge lentement de l'influence persistante de la crise économique mondiale. Élaborée en partenariat avec l'OCDE (l'Organisation de coopération et de développement économiques), la Commission économique pour l'Afrique et dix centres de recherches indépendants, l'étude souligne que la crise a interrompu une période de croissance économique relativement élevée en Afrique.
Afin de garantir que la reprise conjoncturelle actuelle amène le continent sur le chemin d'une croissance élevée et soutenue et de baisses importantes des niveaux de la pauvreté, le rapport signale que les décideurs africains doivent faire face aux problèmes qui existaient avant même la crise mondiale, qui a réduit le potentiel de croissance. Ces prévisions reposent sur l'hypothèse que l'économie mondiale et le commerce mondial continuent de se redresser, et que les prix du pétrole et autres produits de base resteront près des niveaux actuels.
L'Afrique serait un nouveau BRIC, ce groupe de pays émergents constitué par le Brésil, la Russie, l'Inde et la Chine
La part des pays en développement dans le produit intérieur brut (PIB) mondial en termes de parité de pouvoir d'achat est passée de 33,7% en 1980 à 43,4% en 2010. Avec la crise économique mondiale, l'Afrique a attiré de nombreux investissements internationaux, dont la plupart proviennent des BRIC (Brésil, Inde et Chine).
Le dynamisme de l'économie africaine est tiré par les besoins en énergie et en matières premières des BRIC qui investissent en retour massivement sur le continent africain dans les domaines des infrastructures. Le rapport du BCG reconnaît en l'Afrique l'un des marchés les plus prometteurs du monde. Certains pays de l'Afrique, à l'instar de l'Afrique du Sud, l'Algérie, le Botswana, l'Égypte, l'Île Maurice, la Libye, le Maroc et la Tunisie, sont devenus des « lions africains ». Ces pays croissent aussi vite que les BRIC.
La croissance économique est liée à la stabilité des gouvernements africains
Si certains pays ont tiré parti de la hausse du prix des matières premières, la majorité des « lions » ont bénéficié d'une plus grande stabilité politique, de l'émergence du consommateur africain, et du déploiement de politiques publiques encourageant l'investissement privé. À eux seuls, ces lions africains représentent 70% du PIB du continent.
C'est aussi en raison de la croissance du continent africain que les cent quatre-vingt-six pays membres de la Banque mondiale ont décidé d'augmenter le pouvoir de vote des pays en développement de 3,13%, portant leur part du total des voix à 47%. La part de l'Afrique subsaharienne est ainsi passée de 5,55% à 5,86%.
L'Afrique subsaharienne a également gagné un nouveau siège au Conseil des administrateurs de la Banque mondiale, qui compte désormais vingt-cinq membres. Un siège qui permettra de faire entendre la voix et les préoccupations du continent.
