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Dans leur moment de détente les deux hommes étaient souvent ensemble. A jouer du « songo », ce jeu des peuples bantous qui est une école de stratégie. La stratégie, l’art de faire face à son destin, selon Peter Drucker. On peut même affirmer qu’« entre les deux, il n’y avait point d’état d’âme. Puisque même écarté du gouvernement (par trois fois au moins), Ferdinand Leopold Oyono se retrouvait aussi bien dans le dernier carré des proches que dans les délégations officielles conduites par Paul Biya à l’étranger. Pour autant, le chef de l’Etat n’ira pas aux obsèques officielles qu’il a décidées pour son ami. Selon le communiqué officiel du cabinet civil de la présidence, Paul Biya a fait la passe (actualité du Mondial oblige) à Amadou Ali pour l’y représenter. Une attitude diversement appréciée au-delà de toutes les analyses qu’on peut faire sur son cursus professionnel surtout, il faut retenir de Ferdinand Leopold Oyono qu’il était d’abord un patriote. Sorti de la prestigieuse Ecole nationale d’administration (ENA) française (section diplomatique), le jeune Ferdinand Leopold Oyono fait ses premiers pas de diplomate, d’abord comme chargé de mission au ministère français des Affaires étrangères, puis à l’Ambassade de France en Italie. A l’accession du Cameroun à l’indépendance, il plie bagages pour entrer dans le corps naissant de la diplomatie camerounaise. Il en est l’un des pionniers et le dernier survivant de son époque.
Un brillant esprit
Sans état d’âme, il se met loyalement au service de son pays. Plusieurs fois ambassadeur dans différents pays africains et européens, délégué permanent du Cameroun auprès des Nations unies à New York, Ferdinand Leopold Oyono a fait entendre la voix du Cameroun du haut de plusieurs tribunes internationales. Le diplomate était servi en outre par sa maîtrise des belles lettres. N’est-il pas l’auteur de trois œuvres littéraires restées dans la postérité comme des classiques : Une vie de boy – Le vieux nègre et la médaille – Chemin d’Europe. Tous les trois publiées par la prestigieuse Maison Julliard, respectivement en 1955, 1956 et 1960. Il n’en fallait pas plus pour qu’il figure dans le panthéon des grands auteurs africains de langue française.
