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Yaoundé : Chasse aux mendiants, «sdf» et petits commerçants

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mendiants-malades-mentauxLe délégué du gouvernement annonce des représailles pour les récidivistes après les interpellations de mardi dernier à Yaoundé. Les enfants de la rue habituellement présents aux feux situés près du buste de John Fitzgerald Kennedy, à l’avenue du même nom, à Yaoundé, n’y étaient pas hier. Tout comme les mendiants ayant élus domicile de jour dans les carrefours de la ville. Faits curieux également, les malades mentaux étaient tout aussi absents des principales artères du centre ville. Elles ont passé la nuit de mardi à mercredi dernier dans les cellules du commissariat central n°1 de Yaoundé. Elles ont été interpellées mardi, 22 juin, par les éléments de ce commissariat public. Une opération menée à l’initiative du délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy) et qui fait suite à son communiqué du 15 juin dernier. «Je fais mon travail : gérer la ville. Il faut que la ville soit propre», déclare d’amblé Gilbert Tsimi Evouna.

«Ce n’est pas bien de voir traîner en ville les enfants de la rue, les mendiants et les malades mentaux. La ville ne peut pas être bien comme çà. Je suis donc obligé de prendre certaines mesures», a poursuivit le délégué du gouvernement mardi soir, avant de s’adresser à ces jeunes, désœuvrés pour la plupart. «… si vous êtes là aujourd’hui, ce n’est pas parce que je ne vous aime pas. Les dispositions sont prises pour que les malades mentaux aillent là où ils doivent être. Je pense à l’hôpital Jamot. On sera un peu souple aujourd’hui. Mais les fois prochaines, ceux qu’on va prendre, on les charge dans les camions, on part les larguer à plus de 50 km de Yaoundé».

Commissariat
En cellule, les 126 enfants interpellés «ont eu droit à manger tel que demandé par le délégué du gouvernement et, ce matin [mercredi 23 juin 2010, Ndlr], ils ont été libérés», confie une source hier à la Cuy. Laquelle ajoute : «le commissaire central devait s’entretenir avec eux, leur préciser l’objet de leur présence là-bas et vérifier les identités car certains sont des repris de justice qui se déguisent en mendiants et/ou enfants de la rue». Approchés, les éléments de l’accueil du commissariat central n°1 confirment la présence de ces jeunes dans ce lieu. Ont-ils déjà été libérés ou le seront –ils ? «Qui vous a dit que quand on entre ici on ressort comme cela», rétorque une policière ? Néanmoins, sa collègue nous précise : «les services sociaux vont s’occuper d’eux». Même si M. Tsimi Evouna déclare ne vouloir «interpeller personne. Il faut que chacun prenne ses responsabilités». Ces personnes ont été libérées plus tard.

D’après le délégué du gouvernement et le commissaire central n°1, la base légale de l’opération sus-menée repose sur l’arrêté du 17 juin 2003 : «la mendicité et le petit commerce sont interdits dans les carrefours de la ville de Yaoundé». Aussi, insiste-t-on à la Cuy pour dire que «les interpellations menées mardi ont avant tout un but pédagogique». «Mais si les mendiants reviennent, ils seront pris», menace Gilbert Tsimi Evouna, qui ne donne pas un échéancier à cette opération.
Hier, les équipes de la Cuy sillonnaient le centre ville où les petits commerçants étaient visibles dans certains carrefours, notamment du côté du magasin Casino. «La Communauté nous pourchasse depuis hier [mardi 22 juin 2010]. Mais ce n’est pas pour autant que je vais rester à la maison me croiser les bras. J’ai des jumelles, il faut que je prépare leur rentrée scolaire», susurre Agathe T. entre deux propositions de biscuits aux piétons et automobilistes. Le jeu du chat et de la souris entre la Cuy et ces petit commerçants, les enfants de la rue, les mendiants et les malades mentaux n’est donc pas prêt de s’achever.

Bertille Missi Bikoun
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