Réglementation : Aéro Service figure sur une liste noire


La compagnie congolaise figure sur le triste répertoire de l’Union européenne actualisé en mars 2010. Y a-t-il erreur sur le nom exact de la compagnie congolaise dont un appareil, le Casa C212, immatriculé Tnafa, porté disparu samedi dernier, 18 juin et retrouvé hier, lundi 21 juin ? Si le document mis à la disposition de la presse par le gouvernement camerounais fait mention de Aéro Services, une compagnie congolaise, Aero Service, figure quant à elle sur une liste noire actualisée en mars 2010 de l’Union européenne. Le site Internet officiel de la compagnie parle d’Aéro Service qui assure des «vols d’affaires, des vols cargo et des vols passagers » pour « toutes destinations ». S’agit-il alors de la même compagnie?
Au ministère des Transports, ainsi qu’à l’Autorité aéronautique nationale, personne ne semble définitivement fixée. Mais une source à l’Autorité aéronautique, qui n’a pas souhaité parler à visage découvert, reconnait que la question a été «évoquée» hier matin au cours d’une réunion à l’Autorité aéronautique. «A supposer même que cette compagnie figure sur une liste noire de l’Union européenne, elle ne fait pas des vols commerciaux réguliers, c’est une compagnie qui fait des vols à la carte. Et puis, comment l’Union européenne peut-elle inscrire sur sa liste noire des compagnies qui ne desservent pas son espace aérien?», souligne notre source.
«Les transporteurs aériens figurant à l'annexe A (de la liste noire, Ndlr) peuvent être autorisés à exercer des droits de trafic en affrétant des appareils avec équipage appartenant à un transporteur aérien qui ne fait pas l'objet d'une interdiction d'exploitation, pour autant que les normes de sécurité applicables soient respectées», mentionne le document de la Commission de l’Union européenne. Est-ce le cas avec le Casa C212, l’avion affrété par les responsables de Cam-Iron ?
Ironie du sort, et en attendant un début de réponses à ces interrogations, des citoyens ressortissant de l’espace européen (deux Français) font partie des occupants de l’appareil de cette compagnie interdite dans l’Union européenne. «En affrétant un avion de cette compagnie, ces responsables ont-ils eu la bonne information ?», soutient une source au ministère des Transports. Et le gouvernement camerounais, quelle peut être sa part de responsabilité dans ce genre de situation ? «Aucune responsabilité», tranche Joshua Osih, expert en navigation aérienne. «C’est l’autorité aéronautique du pays d’immatriculation de l’appareil qui, dans le cas, d’espace se trouve être le Congo, qui en est le responsable. L’autorité aéronautique du Cameroun peut faire des inspections, mais elle n’a aucune autorité », poursuit-il. Pour rappel, la plupart des compagnies du Congo figurent sur cette liste noire de l’Union européenne.
Lazare Kolyang