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Le regard dans le vague. Au moment de célébrer ses deux buts inscrits ce lundi soir lors de la victoire espagnole face au Honduras, David Villa ne semblait plus savoir où il était. Alors que les joueurs se succédaient pour venir l'embrasser, lui regardait ailleurs, au loin, avec le sourire hébété de ceux qui ont la tête dans les nuages. Le septième ciel, les supporters espagnols aussi l'avaient atteint, grâce à ces deux merveilles, que l'on peut qualifier de chef d'oeuvre sans crainte d'exagérer.
Sa première fulgurance illumina le somptueux Ellis Park de Johannesburg à la 17ème minute de jeu. La Roja faisait (déjà) tranquillement touner le ballon sur le flanc droit, monopolisant toute l'attention de la défense hondurienne. De l'autre côté du terrain, le buteur du FC Valence (qui rejoindra le Barca après le Mondial) prenait ses distances avec son vis-à-vis. Une distante de 13 mètres même, selon la fameuse palette de Canal+
Largement suffisant pour arriver à pleine vitesse dans la surface de réparation depuis la ligne de touche, après que Pique, son futur coéquipier en club, a pu le trouver grâce à une tranversale millmétrée. Dès lors, le génie a parlé. Un double-contact pour éliminer deux défenseurs. Un crochet pour en faire tomber un troisième et contourner le gardien du but avant de frapper en déséquilibre, presque en taclant. Une frappe somptueuse, à la trajectoire limpide, qui allait se loger avec douceur dans la lucarne opposée.
Sa deuxième oeuvre, il la signa peu de temps après la retour des vestiaires, à la 51ème pour être précis. Cette fois, plus de dribble, plus de course, plus de démarquage, plus d'appel. Mais toujours cet instinct. Le buteur, le vrai, a le but dans le sang. Et le cadre au fond des yeux. Navas débordait et servait Villa à l'entrée de la surface. Seul. Grave erreur. Un contrôle du pied gauche, une frappe sèche du pied droit, à mi-hauteur, s'abattit alors à la vitesse de la foudre. Le match était fini.
Le Honduras ? Invisible ce soir. Cinq minutes de jeu ont suffi pour réaliser que cette équipe jouait la peur au ventre. Défendre en reculant et laisser la possession de balle à l'adversaire, voilà bien la dernière chose à faire lorsqu'on affronte l'Espagne. Mais ces joueurs, ont-ils réellement eu le choix ?. C'est que l'Espagne s'est retrouvée ce lundi soir. Et c'était beau à voir. Un jeu fait de passes courtes, de mouvement, et de justesse technique. Mieux vaut tard que jamais, comme on dit, après la défaite contre la Suisse (0-1, au premier match). Mais sans une victoire face au Chili, vendredi soir, les deux éclairs de Villa n'auront été que des feux de paille.
