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Tsimi Evouna casse au marché de Mendong

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yaounde-casse1On le croyait avoir mis une croix de Saint André sur les casses dans la ville de Yaoundé, précisément dans les marchés. Certains le voyaient plus occupé aux travaux de reconstruction des nouveaux sites des Cinquantenaires.

Le « super maire » casseur d’hier apparaissait désormais aux yeux d’une certaine presse comme le bâtisseur maître à jouer des travaux de réaménagement de la ville aux sept collines. Mais ce n’était visiblement que du pipo. La preuve, les agents de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY) ont à nouveau sévi au marché de Mendong dans la nuit du jeudi 17 juin 2010.

Une visite inopinée qui a coûté aux commerçants de ce marché situé dans l’arrondissement de Yaoundé VI, d’énormes pertes matérielles. Il était environ 22 heures. « Nous avons suivi des bruits de gros engins et des craquements qui ressemblaient au bruit des tôles. Puis, des voix qui s’élevaient en criant Awara (cri d’alerte des commerçants lors de l’arrivée des agents de la mairie ou de la CUY Ndlr ). Mon époux et moi nous nous sommes alors rendus sur le site du marché. Là, nous avons assisté à une scène insupportable. Des boutiques faites de planches ou de matériaux provisoires qui croupissaient sous le poids de deux bulldozers, des populations affolées qui couraient dans tous les sens.

La circulation était interdite aux véhicules et aux piétons, entre l’entrée de la pharmacie La Grâce jusqu’au petit stade qui ouvre sur le Camp sic Mendong. Je me suis rendue compte que les agents de (CUY) procédaient aux démolitions des boutiques installées sur la chaussée, le trottoir et derrière le marché de planches», raconte éplorée Félicienne Ntaboue, commerçante.

Pour tenir les commerçants éloignés, des méthodes fortes (comme toujours) ont été utilisées. L’on apprend que pour la circonstance, des éléments de la gendarmerie et ceux de la police se sont déployés avec beaucoup d’enthousiasme, soutenus par les bidasses de la CUY qui promettaient aux commerçants une sérieuse bastonnade s’ils tentaient d’enclencher une quelconque représailles. Mais les attitudes corruptibles ont pris le pas sur cette fausse mine d’agents intransigeants.

C’est pourquoi « on a vu certains commerçants courageux débourser quelques billets de Cfa pour dissuader ceux-ci de les laisser entrer dans leurs boutiques récupérer  au moins ce qui y avait encore ; avant que la furie des engins ne réduisent tout en bouillie », relate Serges D, un pharmacien qui a vécu la scène. « C’était la débandade totale dans le marché. Des femmes suppliaient presque à genoux ; mais les démolisseurs furieux n’étaient pas là pour jouer aux enfants de chœur. Ils agitaient leurs pelles dans tous les sens. Les commerçants n’avaient que leurs yeux pour pleurer», témoigne un commerçant.

Superpuissance

Le malheur des commerçants du marché Mendong était pourtant prévisible car plusieurs mois avant ce « jeudi noir », Gilbert Tsimi Evouna, délégué du gouvernement auprès de la CUY , avait annoncé de nouvelles casses dans ce marché via un communiqué de presse. Celui-ci demandait alors à tous ceux qui occupent illégalement les trottoirs et chaussées autour du marché de Mendong de les libérer immédiatement. Ne se sentant aucunement inquiétés par cette mise en garde, les commerçants ont continué à exercer.

D’après certains témoignages, la dernière correspondance à leur adressée datait du mardi 15 juin 2010, soit 48 heures avant la mise en exécution des casses. Sentant la situation se compliquer, le président de l’association des commerçants nous apprend-t-on, a rencontré Jean-Claude Adjessa Melingui, maire de la commune urbaine de Yaoundé VI. L’entretien des deux hommes aurait accouché d’un communiqué signé du maire qui demandait aux commerçants de ne pas s’inquiéter car « il gère la situation ».

Par ledit communiqué en effet, le n°1 de la mairie de Yaoundé VI tentait de rassurer les commerçants que les délais de déguerpissement pouvaient être prolongés. Comme pour dire qu’avant de sévir, il y aura certainement des pourparlers entre « Jack Bauer » et lui. Celui-ci avait sans doute oublié que lorsqu’il s’agit de casses, Tsimi Evouna n’a que faire du protocole. On peut donc comprendre toute la surprise des commerçants qui ont été pris de court. L’espace qu’occupaient ces derniers serait une « bande verte », terrain sur lequel soutiennent les agents de la CUY , il est strictement interdit de construire. Jetés à la rue de cette façon, les commerçants vont désormais faire face à un autre gros dilemme : celui du site de recasement ; faute de quoi c’est le chômage assuré.

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