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Au regard des nombreuses vicissitudes qui s’imbriquent dans la gestion administratives des services publiques et compte tenu de l’implication effective des uns et des autres dans la poursuite des objectifs et missions majeurs du chef de l’Etat, le bilan de Philémon et de son équipe se révèle être considérablement mitigé. Si quelques uns se démarquent des autres, d’autres par contre brillent par une apathie et une somnolence qui ne contrastent guère avec les attentes des populations…
Les entreprenants
Même si il est difficile d’établir une union parfaite à partir des avis des uns et des autres, le nom du ministre de la Santé Publique revient pratiquement en chœur. Très impliqué dans la lutte contre les grandes pandémies, André Mama Fouda s’est démarqué par de nombreuses descentes sur le terrain afin de s’imprégner individuellement des réalités. Contrairement à la politique du « bureau et des séminaires » adoptée par ses nombreux confrères ministres, en un an cet homme a effectué de nombreuses visites et œuvré pour le renforcement en équipements et à la réhabilitation infrastructurelle de nombreux hôpitaux dans les quatre coins du pays. La multiplication des partenariats dans l’optique de renforcer les capacités médicales des établissements sanitaires, l’appui à l’implantation de nouveaux opérateurs de médicaments à l’instar de Cynpharm et la lutte contre les médicaments de la rue sont des points édifiants.
Par ailleurs, outre ce ministère, celui du Commerce dirigé par Luc Magloire Mbarga Atangana, évolue dans cette lancée. Pour le second, malgré quelques critiques énoncées sur certaines lenteurs enregistrées ça et là, des solutions répressives et coercitives mises sur pied sur le terrain pour veiller tant bien que mal au respect des prix des produits de première nécessité en est l’illustration adéquate. Dans un second temps, il aura tenté d’apporter une esquisse de solution, bien que critiqué en raison de son caractère limité, à la lutte contre la pauvreté par l’instauration des caravanes itinérantes réussies dans plusieurs villes du Cameroun. En revanche la multiplication des partenariats avec les hommes d’affaires étrangers aura concouru à renforcer durant cette année, la coopération avec le Maroc, l’Egypte, La France et tout récemment encore les Etats unis grâce à l’implantation de l’Agoa dans la capitale économique camerounaise.
Le ministre des Petites et Moyennes entreprises et le ministre des Travaux Publics rentrent dans le giron des administrateurs qui auront posé quelques actes probants. Pour le premier, des esquisses de solutions participatives par l’injection de fonds dans plusieurs projets collectifs d’entreprises et le financement d’un millier de microprojets en moins d’un an auront contribué à participer au développement de l’auto-emploi, à la lutte contre le chômage et la pauvreté en milieu jeune.
Pour le second, les énormes chantiers de construction de route tant sur les axes urbains qu’interurbains, tant dans les villes de Douala, de Yaoundé que dans l’ensemble du septentrion, constituent des sources d’emploi pour de nombreux camerounais en quête revenus et des facteurs importants de développement.
Mi-figue mi-raisin
Le cas de Michel Zoah, ministre des Sports et de l’Education Physique reste très relatif. Ayant récupéré un ministère affaibli par de nombreux clivages entre les fédérations et leur tutelle, sa première tâche a été d’assainir le sport en redéfinissant les prérogatives de tout un chacun et en libéralisant la gestion des différentes fédérations. Une action forte qui est venue rompre le désamour récurrent entre le ministère et la Fécafoot. Toutefois, au-delà de cette politique qui aura conduit à la qualification des Lions à la Coupe du monde en Afrique du Sud, l’élimination des Lions dans cette compétition au premier tour aura participé à ombrager la fin de son bilan. Un point négatif renforcé par les prestations médiocres des lions primes et des juniors respectivement à la coupe de la Cemac et de la coupe du monde, ainsi que celle des équipes de basket et autres disciplines sportives engagées dans des compétitions internationales à l’instar des derniers jeux de la francophonie. Dans la même perspective, les turpitudes rencontrées dans la gestion de la course de l’espoir, le tour cycliste du Cameroun démontrent nettement des failles dans la redynamisation et le rééquilibrage des disciplines sportives autres que le football.
Le très controversée Issa Tchiroma Bakary présente un bilan oscillatoire. Très adulé au début de sa prise de service en raison des promesses de redressements et de quelques tentatives pour rapprocher la presse privé des activités gouvernementales, la situation s’est quelque peu inversée. Au vu de son implication jugée maladroite par l’ensemble des médias dans l’affaire Bibi Ngotta, journaliste décédé récemment en prison, ce dernier s’est retrouvé au centre de nombreuses invectives médiatiques. En revanche, loin des promesses de désengorgement de la presse, aucun changement ne s’est fait enregistrer jusqu’à présent.
Les autres…
Hormis cette catégorie, il convient de préciser que beaucoup se seront fait distinguer par un engourdissement inhérent à de nombreuses administrations au Cameroun ou par des décisions saluées au départ, mais dont les réalisations n’ont guère emboîté le pas. Avec la vaste procédure d’identification des abonnés du mobile et le recensement des lignes téléphoniques administratives en vue de mettre un frein au gaspillage effectué dans les administrations publiques, l’idée de Jean Pierre Biyiti Bi Essam s’est avérée louable. Malheureusement, loin d’avoir pu donner des résultats effectifs, les deux initiatives du ministre des Postes et Télécommunications battent de l’aile, en dépit des nombreux milliards dépensés pour mener à bien ces opérations.
Une critique qui englobe également Madeleine Tchuenté, ministre de la Recherche Scientifique et de l’Innovation. Cette dernière avait promis en début d’année de booster ce ministère en dépoussiérant le projet national de cartographie et en instituant les journées portes ouvertes de la recherche scientifique. Elle n’a toujours pas pu combler les attentes. Malgré la rumeur croissante de découverte de gisements minéralogiques et métallogéniques importants, notamment aurifères et diamantaires, rien de concret ne ressort de l’activité de ce ministère. Un constat qui n’épargne guère Amma Tutu Muna, le ministre de la culture et Bello Bouba Maïgari en charge des transports.
Les autres ministres quant à eux, se seront fait remarquer plus par leur absence médiatique que par des actions avérées sur la scène camerounaise. Une léthargie globale qui rappelle la monotonie habituelle qui atrophie régulièrement le gouvernement au grand dam des gouvernés.
Toutefois, il convient de rappeler qu’en jetant un regard rétrospectif, un an après l’installation de l’équipe de Philémon Yang, la plupart des camerounais s’accordent à dire que beaucoup n’a pas été fait. En effet, les seuils de pauvreté ont stagné limitant au maximum, les quelques efforts fournis par les uns et les autres dans la lutte contre la pauvreté. La paupérisation des ménages et la précarité des conditions globales de vie, en dépit des actions menées, peinent à satisfaire la majorité des camerounais. Autant de raisons qui devraient amener chacun des acteurs du gouvernement à relativiser leurs différentes actions menées jusqu’à présent par une rétrospective générale, ceci dans l’optique d’acheminer la prochaine année qui s’annonce vers l’excellence, la réussite et le progrès social, économique et politique de tous les camerounais. En espérant tout de même qu’un nouveau remaniement ne viennent rendre à chacun, le fruit des efforts qu’il aura individuellement fourni.
Paul Tonye Njel
