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Insécurité: Les Gangs sèment la terreur à Douala

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Quartier de DoualaBraquages à domicile, vols et viols hantent le quotidien des habitants du quartier Pk 12 à Douala. Mardi dernier, des individus armés pénètrent dans le domicile de M. Ewane sis au quartier Pk12 et dans une démonstration de force digne d’un long métrage Hollywoodien, emportent avec eux un butin d’une valeur estimée à 2 millions de francs non sans avoir brutalisé et traumatisé la pauvre famille qui s’apprêtait à s’endormir. Avant de s’en aller, les malfrats auront hésité à violer au passage deux filles âgées respectivement de 12 et 15 ans, n’eût été les jérémiades intensives du père de famille.

Tristes réalités

En effet, cette situation au vu des événements qui précèdent semble devenue routinière dans ledit quartier. La récurrence systématique des braquages à domicile et des agressions dans un espace de deux mois, s’est notamment renforcée. Une conjoncture sociale qui maintient désormais les habitants des quartiers Pk12 et Pk 13 dans une frayeur viscérale. Durant le seul mois de septembre, les agressions ont atteint leur point culminant avec en moyenne une agression par soir et un braquage à main armé, tous les trois jours. Une évolution quasi linéaire et exponentielle de l’insécurité qui sonne désormais le glas d’un couvre-feu spontané tournant autour de 20h. « Je me suis fait agresser autour de 20h en rentrant chez moi par trois jeune hommes que je ne connaissais pas. Il ont pris mon portable et m’ont giflé après s’être rendue compte que je n’avais que la somme de 300 Fcfa en poche. En me laissant partir, ils m’ont sommé désormais de marcher avec de l’argent sinon c’est ma vie qui en pâtira. Toute l’agression n’a duré que trois minutes » Explique une victime.

Selon Hélène Bayiha, elle aussi victime la semaine dernière d’agression alors qu’elle rentrait d’une veillée autour de 22h. «Les malfrats, en plus d’avoir pris mon portable et mon sac à main, ont essayé de me violer en me traînant de force dans une bâtisse décrépite. ». D’après des explications obtenues sur place, les malfrats auraient quadrillé le quartier de manière à sévir en toute quiétude dans certains coins, dès la tombée de la nuit. La rue dite pigeon, suivie de l’entrée lycée de Ndog-hem et du Liban tous respectivement à PK12 sont désormais les gîtes « officieux » de la criminalité malgré la présence paradoxale de quelques lampadaires. Autant de méfaits récursifs qui poussent les habitants à se retourner vers une solution propre que vers les éventuels responsables administratifs décentralisés chargés de recenser les problèmes de chaque quartier et d’apporter des solutions.

Accusations

Pour la plupart des habitants du quartier, cette situation est issue de l’inertie des soi-disant chefs de quartiers qui, dès l’obtention des titres, privilégient plus leurs propres intérêts que celui de la communauté. « Je me demande même à quoi il servent franchement. Nous avons essayé de les rencontrer afin qu’ils nous aident à trouver des solutions. Mais apparemment, ils font la sourde oreille», explique avec furie une victime.

Quant à Alain Louga, il croit que ces chefferies sensées rapprocher les populations des autorités administratives, sont plus présentes de nom que de manière effective. « Si vous demandez à la plupart des habitants du quartier le rôle de la chefferie, personne ne sera capable de vous le donner.». Une opinion néanmoins réfutée par quelques rares partisans des chefferies rencontrés sur place. En effet, ces derniers parlent de manigances démagogiques et anarchiques de quelques jaloux pour déstabiliser les chefferies mises en place, surtout avec l’approche des élections. Une antithèse objectée avec véhémence par la situation qui prévaut pourtant sur le terrain.

D’après les plaignants, les vaines actions de regroupements initiés par certaines victimes se sont avérées boycottées par les responsables de chefferies concernées qui voient à travers une telle manœuvre, une procédure de déstabilisation de leur autorité.

Afin d’éclaircir cette situation conflictuelle en recueillant les avis des uns et des autres, les tentatives de rencontrer les différents responsables des chefferies incriminées se sont révélées esquivées par ces derniers.

Toutefois, loin de rester les bras croisés face à cet insécurité qui grandit au fil des jours, les habitants semblent avoir trouvé des solutions éparses par des organisations spontanées de comités de vigilance et par un éclairage global de toutes les zones dites dangereuse. Une démarche qui semble ne pas faire l’unanimité. D’autres préconisent l’adoption d’une démarche officielle en adressant des missives aux élus locaux, décrivant succinctement les problèmes et l’irresponsabilité des uns et des autres. Ceci dans l’optique de permettre des descentes inopinées et régulières des forces de l’ordre comparativement aux comités de vigilance qui finissent malencontreusement dans la plupart des cas, par devenir des comités d’insécurité. Toutefois, pendant que les solutions s’entremêlent dans des déchirements inutiles et exubérants, les bandits continuent facétieusement à sévir, faisant désormais sans exagération aucune de PK 12, l’un des repaires privilégiés de la haute criminalité à Douala.

Paul Ntonye Njel

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