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Diaspora: Le gouvernement au perchoir des offenses

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manifdiaspo1Le ministre de la Communication, sur instruction du chef de l’Etat, vient de séjourner à Paris où il est allé à la rencontre des medias internationaux basés en France et qui, selon lui, sont des relais amplificateurs de l’intoxication et de la manipulation.Depuis quelques temps, l’élection présidentielle de 2011 aidant, certains de nos compatriotes vivant à l’étranger mettent leur imagination en œuvre et usinent des faits imaginaires pour fourvoyer et le peuple camerounais et l’opinion internationale. En un mot, tout est fait pour détruire le petit crédit dont jouit encore le Cameroun. « Il y a certainement une diaspora qui a des problèmes puisqu’elle a pour programme de détruire le système camerounais.
Ce sont eux qui s’organisent, qui s’agitent sur Internet », déclarait le Pr Joseph Owona dans notre édition du 17 mai 2010. Ce mauvais cirque se passe au mépris absolu des frustrations, des nuisances et autres misères du peuple camerounais qui a assez souffert et qui aspire aujourd’hui à autre chose. Et tout le monde sait bien que sans la paix, il n’y a point de démocratie et de développement. Un consensus national s’impose pour combattre ensemble la misère, renforcer l’état de droit, promouvoir la justice et l’équité, valoriser le dialogue. Raison pour laquelle le Pr Joseph Owona pense que « le Cameroun a intérêt à se réconcilier avec sa diaspora ».

Tel semble être la démarche engagée par le porte-parole du gouvernement la semaine dernière. Hier farouche opposant du régime de Paul Biya, Issa Tchiroma Bakary est aujourd’hui celui qui pense que le Cameroun est un pays qui inspire confiance, un pays porteur d’espoir.

 

Le contact

A en croire le ministre de la Communication, ils étaient nombreux les journalistes et Camerounais de la diaspora à avoir répondu à son appel à l’ambassade du Cameroun à Paris. « D’aucuns sont de bonne foi, d’esprit ouvert et prêts à écouter. Mais les autres sont tellement inféodés par les propos mensongers diffamatoires », dévoile-t-il. Selon Issa Tchiroma, l’essentiel était d’aller à la rencontre de cette presse pour lui demander « de cesser d’être les relais de travestissement de la réalité ». Occasion aussi de les inciter à venir au Cameroun afin d’être les témoins visuels de la réalité camerounaise. Au lieu de parler, à partir de leurs moyens de communication et à travers leurs laboratoires, « d’une réalité extrêmement belle mais complexe qu’ils ignorent pour n’y avoir pas été. A la diaspora, le porte-parole du gouvernement lui a demandé « de faire preuve à la fois de tolérance et d’amour pour la nation, mais surtout que chacun, individuellement et puis collectivement, s’impose une cure d’exorcisme pour se débarrasser des choses qui font qu’ils s’écartent de la nation ».

 

Responsabilité

Au cours de l’entretien aves François Marc Modzom de la Crtv, Issa Tchiroma est on ne peut plus clair : « il y a d’abord en une protestation. Et elle a raison parce qu’elle dit que ce n’est pas toute la diaspora qui est en désamour avec la nation ». Dans un langage de vérité, il ajoute : « il y a une minorité qui est d’un activisme tellement débordant qu’on a l’impression que c’est toute la diaspora qui est en opposition avec la nation ». A celle qui n’adhère pas à ce  mouvement, le Mincom lui a demandé « de prendre le contrepied et de trouver des antidotes ».

Quant aux questions de gouvernance et de lutte contre la corruption soulevées, Issa Tchiroma défend mordicus celui qui a le pouvoir de nomination : « ce que fait le chef de l’Etat est incontestable. Il n’y a nulle part ailleurs un chef de l’Etat, dans la détermination d’éradiquer la corruption, qui a jeté dans les différentes prisons autant de collaborateurs, autant de grands commis de l’Etat mais qui malheureusement ont profané la richesse nationale ». Il insiste : «  au Cameroun, l’épée de Damoclès, le couperet de la justice, est suspendu au-dessus de la tête de quiconque fait un mauvais usage de la richesse nationale ». Et de s’en réjouir : « c’est pour cela que les gens se bousculent aujourd’hui au portillon. Le Cameroun est devenu effectivement fréquentable. Et toutes les richesses que nous disposons, font l’objet de la convoitise et de l’attrait des investisseurs ». Pour prêter au président de la République, « les chances de notre développement sont étroitement conditionnées par la bonne gouvernance ». Sinon qu’il est temps que le Cameroun se réconcilie avec tous ses enfants.

 

Jean-Pierre Bitongo

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