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Le ministère kirghiz de la Santé a fait état mardi de 170 morts lors des violences, principalement à Osh et Jalalabad, et de 1.762 blessés. Le précédent bilan, lundi, était de 138 morts.Provisoire, ce bilan pourrait s’avérer beaucoup plus lourd, plusieurs témoignages recueillis par l’AFP auprès de réfugiés ouzbèkes faisant état de nombreux corps sans vie le long de la route menant à la frontière ou d’autres cadavres jonchant les rues d’Och. «Sur la route vers la frontière, il y avait partout des corps de femmes brûlées et des transports de troupes blindés tiraient sur nous», a raconté à l’AFP une vieille femme du nom de Marhabo.
D’autres témoignages soulignent que les victimes ouzbèkes craignent de se rendre dans les hôpitaux du Kirghizstan. «On nous refuse l’accès aux hôpitaux, on nous dit qu’ils ne sont que pour les Kirghiz», a assuré lundi à l’AFP Issamiddine Koudbidounov, 27 ans, un réfugié ouzbek, évoquant le chiffre de «1.000 morts rien qu’à Och».Un journaliste de l’AFP a pu voir des images filmées par des habitants qui montrent l’enterrement dans une fosse commune de dizaines de corps percés de balles ou calcinés.
Par ailleurs, selon un responsable kirghiz, Maxim Bakiev, le fils du président déchu du Kirghizstan Kourmanbek Bakiev, recherché par Interpol, a été arrêté immédiatement après son arrivée en Grande-Bretagne. L’homme a fui le Kirghizistan après le soulèvement populaire d’avril qui a fait 87 morts et provoqué la chute du régime de son père, réfugié au Bélarus. Maxim Bakiev est accusé par les nouvelles autorités de corruption et de participation à l’organisation de violences qui ont ensanglanté à plusieurs reprises le Kirghizistan depuis la chute du précédent régime.
La communauté internationale commence à se mobiliser pour tenter de ramener la paix et livrer de l’aide humanitaire. Les Etats-Unis sont «en contact étroit» avec le Kirghizstan, l’ONU, l’OSCE et la Russie, et ils cherchent «une réponse internationale coordonnée», a déclaré le département d’Etat américain.L’Union européenne a fait savoir qu’elle était prête à répondre aux besoins humanitaires «les plus urgents». Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a annoncé qu’il envoyait «une aide et une équipe d’urgence» en Ouzbékistan.
En avril, un soulèvement qui avait fait 87 morts avait chassé le président Kourmanbek Bakiev, portant au pouvoir l’actuel gouvernement provisoire.Historiquement, les relations entre la minorité ouzbèke (15 à 20% de la population) et les Kirghiz sont tendues, notamment en raison de disparités économiques. De puissants groupes mafieux sont également actifs dans cette région.
(Source AFP)
