






![]() | Aujourd'hui | 18 |
![]() | Total | 2295018 |
Entre réalisations et promesses, beaucoup reste encore à faire. Cette année 2009, la commémoration de l’accession à la magistrature suprême du président Paul Biya a lieu ce 06 novembre. A 76 ans, il a déjà passé 27 ans à la tête de l’Etat camerounais. De tous les chefs d’Etat africains, il est probablement celui qui prend le moins souvent la parole, préférant laisser aux autres le soin de déchiffrer sa pensée et ses actes. Il préfère qu’on le juge sur le bilan de son action politique à la tête de l’Etat et non sur la manière dont il jongle avec la rhétorique.
Célébrer cet anniversaire revêt un caractère historique, nostalgique et d’une impotence capitale pour tout camerounais. Il intervient plus que jamais dans un contexte particulier, marqué par les problèmes d’alternance sociopolitique et économique. Autant de préoccupations qui invitent tout citoyen, même de manière inconsciente à établir un bilan sur ses 27 ans de pouvoir.
S’il est totalement négatif pour certains qui affirment que le « renouveau » est un stratagème sagement monté par Paul Biya pour s’éterniser au pouvoir, d’autres plus modérés par contre, considèrent que le président a réalisé des efforts considérables pour sortir le Cameroun de la pauvreté et qu’il doit aller au bout de ses « grandes ambitions » pour véritablement le juger.
Le moins que l’on puisse dire c’est que le président Biya, sans anicroche, a effectué des réalisations notables durant son séjour au palais d’Etoudi mais cela est loin d’être satisfaisant, beaucoup reste à faire.
Le politique
Si la quête de paix et de stabilité qu’il a toujours prônée s’est matérialisée avec le règlement pacifique du conflit qui opposait le Nigeria et le Cameroun sur Bakassi, il faut remarquer que le Cameroun a de sérieux problèmes d’insécurité aussi bien de l’intérieur qu’à l’extérieur. Les frontières sont poreuses, les assaillants viennent constamment braquer les banques. Le triste souvenir des émeutes de février 2008 reste encore amère dans le cœur des camerounais.
L’élargissement du nombre de circonscriptions administratives en créant 5 provinces, 14 départements, 100 arrondissements et 53 districts ne s’est malheureusement pas suivi du développement escompté.
Au niveau des institutions administratives, bien que le président Biya ait crée plusieurs ministères et le poste du premier ministre chef du gouvernement en 1991, dans la réalité, son pouvoir reste sans partage. Beaucoup sont ceux qui croient que la séparation des pouvoirs au Cameroun est plus un mythe qu’une réalité.
Les partis politiques de l’opposition, malgré leur existence pléthorique, se sont déjà découragés au fil du temps avec un système électoral peut fiable plongeant la plus part des leaders de ces partis dans la mendicité.
L’économie
L’économie camerounaise a connu une réhabilitation dans l’ensemble du secteur public avec la restructuration, la privatisation et la liquidation des entreprises publiques et parapubliques.
Ces actions salutaires en principe devaient apporter beaucoup aussi bien dans l’économie camerounaise que dans la société toute entière. Mais, c’est la grosse désillusion pour la plus part. On a noté une cacophonie lamentable et un manque de suivi pathologique à tous les niveaux, ce qui a occasionné des dérives et des désagréments irrémédiables. L’exemple le plus illustratif reste les liquidations relatives aux résiduels de l’actif ONCPB, ONPC de l’ex-Régifercam, de la CAMER-CO etc.
Heureusement, la libéralisation des filières agricoles, l’assainissement des finances publiques à travers l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE le 28 avril 2006 et le rétablissement des grands équilibres macro-économiques ont permis au gouvernement de tenir le cap.
Le social
La route étant généralement la principale source du développement, plusieurs réalisations ont été ponctuées sur la construction des axes lourds, la construction de l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen, des aéroports de Bafoussam, Koutaba, Maroua, Bamenda, des voies ferroviaires Edéa-Eséka et Eséka-Maloumé.
Tout ceci reste encore bien maigre au vue des exigences de la croissance de la population et des besoins de développement. Il y a bien des localités qui se trouvent dans l’enclavement total. C’est notamment le cas des régions du Sud Cameroun ou de l’Est. Comment comprendre que l’axe Sangmélima-Ebolawa-Kribi reste encore non bitumé ? Ou encore la construction d’un second pont sur le Wouri ne soit pas à l’ordre du jour? Ce manque criard des voies de communications entraine l’augmentation des produits de première nécessité sur le marché.
Dans l’ensemble, la construction des infrastructures reste problématique cependant, on ne manquera pas de souligner la mise sur pied du nouveau palais des sports à Yaoundé, la construction des hôpitaux, (hôpital général de Yaoundé et de Douala), des écoles, de la création des universités de Bua, Dschang, Ngaoundéré, et Maroua.
La mesure de la gratuité de l’école primaire très salutaire par les populations, a malheureusement été tronquée. Malgré les efforts notoires du gouvernement pour lutter contre le chômage notamment en créant les programmes de Pajer-U. ou encore le programme Piassi et enfin des différents recrutements à la fonction publique, cela ressemble à un grain de sel dans la mer.
Dans sa lettre au peuple camerounais le 03 novembre 2009, le président Paul Biya continue de prôner la paix, la démocratie et l’unité. Des valeurs qui ont longtemps marqué son action malgré l’inertie, la corruption et la crise économique. C’est avec plaisir que ses efforts de lutte contre la corruption et les détournements des fonds publics ont été salués par la population à travers des arrestations de différents responsables de la fonction publique. Malgré ses promesses d’un avenir plus radieux, les camerounais attendent voir, l’heure étant désormais aux actes qu’aux paroles.
Jean Jacques Ntyam Ela
