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Dans la crise de collaboration ouverte qui opposait Pierre Takam à son adjoint, Paul Thomas Pondi, est venu en renfort éteindre les flammes lors d’un Conseil d’Administration . Mardi dernier, les décisions du Conseil d’Administration de la Cameroon Civil Aviation Authority (CCAA, l’Autorité aéronautique civile du Cameroun) sont venues mettre un terme à la guéguerre farouche qui opposait les deux principaux cadres de la direction de cet organisme public.En effet, ce fleuron des transports chargé de la régulation et de la supervision de toutes les activités concernant l’aéronautique civile était depuis quelques temps, la proie de nombreuses turpitudes. Le Directeur Général Adjoint, Allabira Mamadou et quelques employés récriaient vivement la gestion de Pierre Takam. Ce dernier était accusé d’être un frein à la crédibilité et à l’essor de cet organisme en raison d’une gérance chaotique, arbitraire et anti-déontologique.
D’après ses détracteurs, alors que sa nomination à la suite du limogeage de son prédécesseur pour malversations financières, était supposée redresser l’ossature de cet organe, les choses ont plutôt périclité. Pour être davantage précis, le Dga indexe son supérieur hiérarchique de non paiement des primes astreintes du personnel.
La seconde critique porte sur le non respect des engagements financiers vis-à-vis des prestataires de service compte tenu du fait que ceux-ci avaient sous-traité avec l’ancien directeur M. Ignatius Sama Juma. Le licenciement abusif de plusieurs employés ainsi que le recrutement et la nomination irrégulière des chefs de service constituent le reste des chefs d’accusation. Par ailleurs, le Dg profiterait de ce conflit pour davantage enfoncer le clou en minorant son adjoint dans la gestion des affaires courantes de la société publique.
Résolutions
Les différentes accusations ayant été portées auprès du Conseil d’Administration, ce dernier a statué sur le climat qui règne afin d’assainir le paysage de la CCAA. Les décisions prises ce jour ont visé d’une part à rétablir de part et d’autre le respect de la hiérarchie et d’autre part à rétablir les nombreux droits biaisés par cet antagonisme.
Dans cette perspective, le Dga a été invité à respecter la hiérarchie fonctionnelle administrative au Cameroun à travers le respect des procédures relatives aux prérogatives de tout un chacun. Cette sommation à double tranchant a également visé le Dg dans la mesure où ce dernier a été contraint à respecter les démarches procédurales en matière de recrutement, de licenciement et à faire preuve d’étroite collaboration avec son adjoint dans la gestion des affaires courantes de la CCAA.
A cet effet, le conseil d’Administration a d’abord suspendu le processus de recrutement des cadres dans la mesure où celui-ci ne respectait pas la démarche préalable indiquée. Ensuite, il a exigé du Dg le rétablissement des droits supprimés, sans l’aval du conseil d’administration, ainsi que la réhabilitation des employés arbitrairement congédiés. Au nom de la continuité du service publique, de la non rétroactivité des lois contractuelles administratives en matière de prestation qui ne stipule en aucun article une éventuelle abrogation, le respect immédiat par Pierre Takam des engagements vis-à-vis des prestataires.
Dans l’optique d’éviter toute récidive de dérapage gestationnel, le Conseil a nommé Hayatou Moustapha comme contrôleur de gestion de l’Autorité aéronautique civile du Cameroun.
Interrogations
Même si les décisions prises désavouent littéralement Pierre Takam, quelques uns pensent que le Dga ne serait pas totalement innocent dans ce conflit. Cet administrateur civil, diplômé de l’Enam avait occupé les fonctions de directeur administratif et financier de la CCAA. Selon certains, il serait déçu de n’avoir pas été nommé à la tête de la mangeoire après avoir occupé les fonctions de aurait crée une atmosphère délétère au sein de l’organisme afin d’y mettre les bâtons dans les roues du nouveau président pour ternir sa gestion. Ayant voulu prévaloir son autorité sapée par une bande de « jaloux » à la solde d’Alabira Mamadou, Pierre Takam aurait décidé de cavaler seul sans savoir qu’il tombait dans un piège qui visait simplement son éviction. Ce qui jusqu’à présent n’a pas été possible.
Toutefois, au delà des supputations et du ping-pong verbal entre les parties qui se dégagent de cette triste affaire, l’image de cet organisme créée en 2000 n’a cessé d’être écornée reflétant une image négative du Cameroun. Une image déjà ébréchée par la corruption, la non conscience professionnelle et les détournements de fonds qui sont devenus l’apanage des administrations publiques malgré les efforts gouvernementaux pour tenter d’enrayer les maux et de redorer le blason. Qui sait, peut-être parviendront-ils un jour à cet idéal même si pour l’instant rien ne laisse entrevoir dans un avenir proche, une éventuelle sortie du tunnel.
Paul Tonye Njel
