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En prenant la parole de manière incessante pour accuser certaines personnalités du Rdpc, n’y a-t-il pas là une volonté manifeste de nuire ? L’enquête sur l’affaire Bibi Ngota, journaliste décédé à la prison centrale de Yaoundé, avance. Elle permet de découvrir au fil des jours de son évolution de nouveaux acteurs ayant, de près ou de loin, joué un rôle dans ce drame.C’est dans ce cadre que le Dg de la Maetur M. Emmanuel Etoundi Oyono a été entendu par les enquêteurs de la police judiciaire. Les faits et gestes de certains individus très actifs au lendemain du décès du journaliste et qui sont plusieurs fois montés au créneau pour indexer certaines collaborateurs du chef de l’Etat dans cette affaire ne sont pas passés inaperçus. En prenant radicalement position pour défendre la cause d’une ethnie, Charles Ateba Eyené, à travers des interventions qui allaient à l’encontre de la démarche présidentielle avec la mise sur pied d’une enquête pour faire la lumière sur cette affaire, apparaît aujourd’hui comme un acteur ayant joué un rôle trouble autour de la mort de Bibi Ngota. Ses passages dans certains médias en sont la preuve.
Tribalisme
Dans un article intitulé « Laurent Esso et la nébuleuse du pétrole », Charles Ateba Eyené s’est attaqué au peuple Sawa en l’accusant d’avoir tué un fils du Sud. C’est ainsi que des menaces ont été prononcés à l’encontre de cette communauté. « Les enfants du Sud menacent de faire enterrer le corps de leur frère au cimetière de Deido à Douala si les enquêtes sont bâclées… » Extrait de la prise de position diffusée dans les médias au lendemain du décès du journaliste.
L’argument avancé ici par les Sawa pour balayer du revers de la main une telle accusation porte sur le caractère public du cimetière de Deido. Car selon eux, « le cimetière de Deido est un lieu public et peut en cette qualité accueillir tous les camerounais de toutes les régions du pays ». En outre, il faut relever ici que ces propos, qui revêtent des relents de tribalisme, sont passés inaperçus par les observateurs politiques nationaux. Et du coup, les uns et les autres s’interrogent sur les fondements d’une telle déclaration restée sans réaction de l’élite de la région du Sud si prompte à monter au créneau en pareille circonstance ?
Pourtant, il est connu de tous que dans la répartition des postes importants, le Sud a longtemps occupé certains postes stratégiques dans le sérail (Finances, Défense,..) dans le gouvernement. Cela n’a pas empêché Ateba Eyené de faire de son avant dernier ouvrage, les paradoxes du pays organisateur, une sorte de plaidoyer pour un meilleur investissement en faveur du Sud pourtant faiblement peuplé au regard des derniers recensements de la population.
A ce qui paraît, le mécontentement de l’écrivain vis-à-vis du sous développement de sa région d’origine lui a-t-il fait valu en si peu de temps le titre de porte-parole de cette région ? La question mérite en tout cas d’être posée au vue des sorties médiatique de son fils Eyené.
Moralité
En signant l’article d’opinion en sa qualité de délégué à la presse et à la communication de l’Ojrdpc, M. Eyené faisait ainsi endosser la responsabilité de ses déclarations à la hiérarchie du parti. Pourtant, selon des informations recoupées à bonne source, et selon ses déclarations, il se considère comme « militant de première heure du Rdpc » et n’a pas reçu mandat pour parler au nom du Rdpc. Mais dans les faits, aucun rappel à l’ordre n’a été entrepris jusqu’ici par le parti, et encore moins par le Secrétaire à la communication du Parti, M. Jacques Fame Ndongo, habitué à des réactions instantanées.
Au palais des congrès, siège du parti, les attaques répétées contre les élites Sawa, militantes du Rdpc sont autorisées. Comment a-t-on laissé passer une telle infamie ? A contrario, en lieu et place de rappel à l’ordre, il a été proposé sur la liste des décorés le 20 mai dernier, pour services rendus ? C’est au terme de l’enquête de moralité que la grande chancellerie a rejeté cette proposition, laissant entendre que M. Eyené bien qu’il se considère comme un intellectuel, est régulièrement cité comme un personnage réputé pour organiser des campagnes de dénigrements à l’encontre de certaines personnalités de la République. Ce qui remet même en cause sa moralité. La suite du long feuilleton promet encore d’autres révélations.
Arthur Georges Bakande
