






![]() | Aujourd'hui | 19 |
![]() | Total | 2295019 |
Dans bien des milieux de la capitale ces derniers temps, une vieille polémique réalimente les débats sur les mécanismes légaux de succession en Afrique.. C'est que les chefs d'Etat africains se sont mis en tête d'assurer leurs arrières après leur sortie des affaires, en portant au pouvoir leur propre progéniture. Par toutes les voies possibles.Pour peaufiner leur stratégie, ils enrôlent progressivement leurs enfants dans les rouages de la haute administration, question de les familiariser avec la gestion des hommes, des biens et des dossiers.L'objectif étant de les préparer à l'exercice de la plus haute fonction de l'Etat. L'idée, qu'on le veuille ou non, fait du chemin, malgré les frustrations d'une opinion indignée et apparemment privée de toute réaction. A y regarder de près, l'affaire a les allures d'une mise en sécurité du chef de l'Etat partant, après un pouvoir généralement controversé qui n'autorise pas toujours une retraite tranquille. Pour maquiller leur forfait, ils portent à de hautes responsabilités publiques, ces fils qui se sont simplement donné la peine de naître. Leur ascension est fulgurante.
Rapidement, ils culminent aux lourdes fonctions étatiques: officiers généraux de l'armée, ministres, directeurs généraux, conseillers spéciaux de leur président de père... Dans certains cas, les enfants n'ont aucun profil nécessaire à l'exécution de ces lourdes tâches. On sait que le temps qui est le plus grand facteur d'initiation et d'apprentissage à toute chose, finit par les imprégner de leurs nouveaux devoirs sociaux. Tout est mis en œuvre pour que le pouvoir échoie à ses enfants. L'Afrique aligne quelques exemples: Joseph Kabila en République démocratique du Congo, Faure Gnassingbe Eyadéma au Togo, Ali Bongo Ondimba au Gabon... La rumeur court depuis quelques années, que d'autres sont sur les starting blocks. On parle de plus en plus du fils du leader de la Jamahiriya arabe libyenne Kadhafi, du fils de Abdoulaye Wade, celui de Hosni Moubarak ou encore celui d'Obiang Nguema.
Avec cette déferlante, certains observateurs voient déjà le syndrome infester le Cameroun. Paul Biya s'apprêterait déjà lui aussi, à préparer l'esprit de son fils aîné Franck Biya à lui succéder. On dit même son entrée imminente au prochain remaniement qui devrait intervenir à tout moment.
Des interprétations qui pour le moment, ne s'appuient sur aucun fondement, le chef de l'Etat n'ayant jamais donné des signes d'une telle visée. Le fils de l'homme vit essentiellement en dehors des affaires politiques, et presque indifférentes aux activités de son géniteur. A qui Paul Biya passerait-il un jour le pouvoir en l'état actuel des choses ? D'où viennent ces déductions hâtives et ces suspicions mal indiquées pour l'heure ? La réponse se trouve peut-être dans le fait que les hommes politiques sont fatigués de pérorer sur l'identité d'un dauphin qui tarde à se dessiner. Ils insinuent par conséquent que le chef de l'Etat cache son jeu pour prendre tout le monde de court.
Leurs supputations vont donc dans tous les sens pour percer le mystère Biya au point de lui prêter des intentions. On n'est certes pas dans le secret des dieux pour dire que Paul Biya pense ou non à une telle éventualité. Wait and see.
