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Affaire ministère public et Rémy Ze Meka contre le Lieutenant-colonel retraité Simon Ndy Minya: le procès de l’année 2009. Le 07 mars 200, par décret n°2007/069 signé du président de la République Paul Biya le même jour et rendu public au journal radiodiffusé de la Crtv à 17 heures, le Lieutenant-colonel Simon Ndy Minya, âgé de 42 ans et en service dans l’armée camerounaise depuis 20 ans, est mis à la retraite d’office pour « faute grave contre la discipline et faute grave dans le service ».
Dans les milieux militaires, cet acte du chef de l’Etat et chef suprême des forces armées est accueilli avec stupéfaction.Tout de même, connaissant la valeur intrinsèque du jeune officier que l’on radie de l’armée, ses états de service et sa moralité d’une part ; et d’autre part, la guerre ouverte que mène Rémy Ze Meka , ministre délégué à la présidence chargé de la défense de l’époque, contre certains de ses collaborateurs, dont Jean Marie Aleokol (Secrétaire d’Etat à la Défense spécialement chargé de la gendarmerie) limogé du gouvernement quelques semaines plus tôt, l’on conclu très vite que le Lieutenant-colonel Ndy Minya proche collaborateur de ce dernier n’est que l’une des multiples victimes de ce combat que vient de perdre Aleokol.
Fin de cavale
Traqué puis traduit en justice devant le tribunal militaire de Yaoundé par Rémy Ze Meka, Simon Ndy Minya n’aura pas la possibilité de se présenter devant la barre. Après avoir échappé à trois tentatives d’assassinat à son domicile à Yaoundé en l’espace de dix jours, le jeune officier retraité est contraint de quitter discrètement le pays pour s’installer dans un pays voisin. Après le limogeage de Ze Meka du gouvernement le 30 juin 2009, la menace sur sa vie et son intégrité physique étant écartée, le désormais Lieutenant-colonel retraité Ndy Minya a décidé de rentrer au bercail pour laver son honneur bafoué et restaurer son image de marque ternie par des accusations sans fondement selon son entourage. Accusations montées de toutes pièces par un système maffieux qui a régné pendant 5 ans à la gendarmerie nationale puis pendant quatre ans et demi au ministère de la Défense.
C’est donc un homme serein, la conscience tranquille, la joie de vivre dans son pays aux côtés des siens retrouvée qui, le 04 novembre dernier, pour la toute première fois depuis sa traduction devant le tribunal militaire en 2007, s’est présenté à la justice pour répondre des faits qui lui sont reprochés entouré de sa famille, des proches et de maître Sylvestre Mben, son avocat.
Déballage ?
Appelé à la barre, Simon Ndy Minya y a été rejoint par les témoins du ministère public ; tous des militaires à l’exception d’un certain Fotso, opérateur économique, présenté comme celui à qui le Lieutenant-colonel avait extorqué la somme de 600 millions de francs CFA en 2006 pendant qu’il officiait à la gendarmerie nationale comme chef du service central des recherches judiciaires.
Selon certaines indiscrétions, cette affaire de 600 millions Fcfa ne reposerait sur aucun fondement. Ze Meka reprocherait plutôt à Ndy Minya de ne pas s’allier à lui pour combattre Aleokol. Pire, «Bad boy» ne le pardonne pas d’être l’auteur de plusieurs notes d’information adressée au président de la République faisant état d’un détournement massif de fonds publics au ministère de la Défense, fonds qui auraient permis à l’ex Mindef d’acquérir un immeuble au quartier bastos à concurrence d’1,4milliards de francs CFA trois mois seulement après sa nomination au ministère de la défense en 2005 ; de l’extorsion d’une somme de 50 millions Fcfa à Michel Thierry Atangana pour contribuer au financement de la campagne présidentielle de 2001, moyennant une grâce présidentielle.
L’audience a été renvoyée au 02 décembre 2009 où s’annonce, aux dires de certains, un grand déballage. On saura tout sur le véritable rôle joué par les membres de l’« état-major» de Ze Meka : le chef d’escadron Eloundou Mesmin, les colonels Meka Meka Emmanuel, Youssa Gédéon, Abessolo Amougou Thomas Roger, Ebanga François, le Lieutenant-colonel Anoma, le capitaine Mba de regrettée mémoire…La justice militaire se montrera-t-elle objective et rendre une saine justice ? Nous y reviendrons dans nos prochaines éditions.
Arthur G. Bakande
