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Huit mois après leur sortie de l'école, les diplômés des régies financières sont toujours à la maison. L'attente devient lancinante. Ils ne savent plus à quels saints se vouer.
De l'avis de certains étudiants concernés par cette galère, tout se passe comme si le ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative et celui des Finances ne sont pas prêts à accueillir cette nouvelle cuvée de l'Enam: " Ce qui est bizarre, c'est que chaque année c'est la même gymnastique. Mais cette fois-ci, l'attente est trop longue. Nous avons vraiment l'impression qu'on nous a oubliés."
Comme Jean, cette longue attente de huit mois a déjà des effets dévastateurs. Plusieurs sont au bord de la déprime comme le souligne André: "J'en ai marre de rester à la maison. J'ai l'impression d'être utile à rien. Psychologiquement, ça commence à peser. J'ai cherché à m'occuper ailleurs, je n'ai rien trouvé à faire parce que étant dans l'expectative d'un appel. Si j'avais su que l'attente serait aussi longue, j'aurais cherché depuis de quoi meubler mon temps." Combien de temps cette oisiveté va encore durer ?
Laissés pour compte
Nul ne peut répondre à cette question avec exactitude. C'est d'ailleurs ce qui rend de plus en plus difficile l'attente. En plus, la démarche ne se limite pas à être reversé au Ministère des Finances qui est leur ministère d'origine. Après cette étape, le Minfi va les mettre à la disposition de leurs employeurs qui ne sont autres que les 4 directions générales de ce ministère. Ce qui constitue une autre paire de manche comme le témoigne Christian: "Selon les témoignages des aînés, à ce niveau là, il faut encore attendre l'affectation à proprement parlé qui n'arrive pas toujours tout de suite. Il faut encore patienter dans les conditions épouvantables. Les anciens de la maison vous traitent comme des laissés pour compte, des indésirables qui viennent gêner".
Pourtant avec un peu plus de sérieux comme cela se passe sous d'autres cieux, la sortie des étudiants de l'Enam et partant de toutes les écoles encore fonctionnarisées doit être diligente.
Fort est de constater que ce n'est pas toujours le cas. Fidèle à sa politique d'attentisme, le gouvernement camerounais a toujours pris le temps en sa faveur même dans les domaines les plus sensibles. Les résultats ô combien désastreux de cette complaisance sont à l'origine de la misère ambiante. Il est temps que les choses changent. Ce ne sera certainement pas avec cette dernière promotion de l'Enam qui a hâte de se débarrasser des petites bourses de l'école pour définitivement entrer dans le monde de l'emploi avec des salaires digne de ce nom.
Cependant, la fin d'exercice budgétaire qui pointe déjà à l'horizon n'est-elle pas un motif de patience supplémentaire ?
Dominique Ndocki
