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Bonabéri-Nkomba : La Magzi veut récupérer ses terres

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madziLes populations locales ont reçu des sommations pour quitter les terrains appartenant à la Magzi. Pour l’instant,aucun déguerpissement n’est encore en vue. En cette journée brumeuse de mercredi, les populations vaquent tranquillement à leurs occupations. Pourtant, une sorte d’épée de Damoclès plane au-dessus de leurs têtes.En effet, selon les sommations délivrées le mois dernier par la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (Magzi), les populations n’ont plus que quelques jours pour quitter les lieux.
D’après les termes de la sommation, elles doivent « déguerpir et laisser libre tant de corps, de biens, ainsi que tous occupants de son chef, la parcelle de terrain de la Magzi, sise à la zone industrielle de Bonabéri qu’ils occupent sans droit, ni titre, ni qualité.» Une parcelle qui, selon la sommation, fait partie de l’immeuble Magzi, objet du titre foncier 3955/W.
En principe, ladite parcelle devrait être libérée le 10 juin au plus tard. Cependant, du côté des populations, personne ne semble résolu à plier bagages. « Pour aller où ? Certains sont là depuis plus de 30 ans et ne connaissent même pas leur village », répond un riverain. « Nous sommes sereins. Nous avons eu gain de cause au tribunal », explique de son côté Emile Noukwa, représentant des populations et chef du bloc 27 à Nkomba. Selon lui, il s’agit d’un différend qui remonte à loin.

« Ce problème avec la Magzi remonte à 1981. A l’époque, les populations ont saisi la présidence de la République, qui nous a envoyé une correspondance signée du secrétaire général adjoint du moment, qui disait que nous n’étions pas dans les terres appartenant à la Magzi. En 1988, le préfet a créé une commission qui a procédé aux délimitations, et la Magzi avait implanté des cornières avec des fils barbelés sur son terrain. En 1999, elle a procédé à un déguerpissement de ceux qui avaient dépassé cette limite. Nous avons été surpris qu’en 2006, une autre commission de constat et de déguerpissement des populations occupant les terres appartenant à la Magzi est créée par le préfet. Nous avons écrit aux autorités dont le président de la République. Cependant, compte tenu de la menace de déguerpissement, nous avons saisi le juge de référé du tribunal de première instance de Bonanjo en février 2008. Après 14 mois de procès, nous avons obtenu gain de cause. Le 22 avril 2009, le tribunal a rendu son verdict et d’après l’ordonnance du juge, il était question de désigner un expert pour délimiter les terres de la Magzi, ce qui a été fait depuis le 10 janvier 2010 par la délégation régionale du cadastre. C’est lui que nous attendons pour nous départager», explique Emile Noukwa.

Du côté de la Magzi, on calme le jeu. « Aucun déguerpissement n’est en vue. Il s’agit juste d’une opération de sensibilisation et de marquage, pour qu’ils sachent qu’ils ne sont pas chez eux. Ils ne peuvent pas avoir eu gain de cause car aucun des habitants n’a de titre foncier », confie Jean Bosco Simgba de la cellule de communication de la Magzi. Personne en effet sur le terrain n’a pu montrer de titre foncier. « Les autochtones nous ont vendu du terrain contre délivrance d’un reçu. La Magzi est en train d’exagérer dans la superficie car son titre foncier 3955W fait en 1969 indique qu’ils ont 192 hectares. Limité au nord par la route Douala- Nkongsamba, au sud par le fleuve Wouri, à l’est par l’emprise portuaire et à l’ouest par les terres communautaires, donc nous », déclare un autre chef de bloc. Selon le recensement effectué par les populations, 15.000 personnes réparties dans 2004 maisons pourraient être concernées, en cas de déguerpissement.
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