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Malaise : Le décor triste d’une police à l’envers

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policeAlors que les sommets et rencontres se foisonnent à Yaoundé depuis le début de la semaine pour trouver des solutions amélioratrices aux nombreuses lacunes de la police, un véritable malaise semble peser sur la police camerounaise. Au regard des nombreuses invectives qui fusent de part et d’autres, la police camerounaise souffre d’une imagerie en berne auprès des populations, qui fustige de plus en plus de nombreux responsables de celle-ci. Des responsables qui n’hésitent plus à délier les langues au dépend du droit de réserve pour récrier la léthargie et le laxisme qui officient dans l’administration policière.

Un décor funeste

De part et d’autres du triangle national, un regard objectif sur l’état des lieux achemine inéluctablement vers un constat amer. La vétusté des infrastructures et les antiquités qui tiennent en lieu et place d’équipements de police suscitent plus la honte que l’hilarité. A Douala notamment, l’Etat du G.M.I donne plus à penser à un bâtiment délabré et abandonné, n’eut été la présence du drapeau et de la guérite gardée par des policiers. « L’ensemble des bâtiments de police, que se soit à Douala ou dans le reste du Cameroun, ressemble plus à des bâtiments hantés qu’à des services publiques viables. Imaginez vous qu’il existe encore des machines à écrire dans les services de police et que parfois nous manquons de chaises ou de tables conformes.» Explique un commissaire avec amusement.

Outre cet aspect, celui de l’absence de nominations depuis trois ans se présente comme un goulot d’étranglement. Pour la seule ville de Douala, on note une dizaine de postes inoccupés à la délégation, épine dans la chair. Une situation qui engendre la multiplication des commissaires en complément d’effectifs et la recrudescence des postes vacants au sein de la police. A la délégation régionale de la sûreté nationale du Littoral, les commissariats spéciaux et d’arrondissements, il existe des officiers sans poste et sans bureau qui gagnent néanmoins de l’argent à la fin du mois. Le poste de police de Ndokoti construit il y a belle lurette n’est toujours pas occupé cependant l’insécurité prolifère allègrement.

D’après un autre commissaire en service à Yaoundé, l’absence de nomination développe une situation routinière qui tue l’émulation du policier et le conduit à s’impliquer dans les réseaux mafieux. Le recrutement rarissime de policiers face pourtant à l’évolution constante des grades du personnel existant, va conduire inévitablement à une police constituée majoritairement de chefs que de subordonnés.

Enfin, au-delà des promesses fallacieuses sur une éventuelle modification du statut des policiers, de nombreuses velléités revendicatrices s’insurgent pour un syndicalisme qui permettra de prendre en compte les droits et les obligations des agents du maintien de l’ordre.

Réformes attendues

En effet, pour beaucoup d’entre eux, le laxisme et l’inertie de l’administration policière seraient issus du problème de corruption, de la non conscience professionnelle marquée par une ardente volonté tournée vers une rapide quête de la richesse des hauts cadres que vers un réel désir de changement. Des politiques inadaptées qui continuent d’embrigader les éléments des forces de l’ordre dans situation chaotique sans issue. Au delà de ce facteur, les mutations récursives de délégués généraux à la sûreté nationale semblent n’avoir pas été la sinécure adéquate pour résorber le mal qui gangrène cette institution.

Toutefois, sans vouloir jeter le discrédit sur l’actuel délégué qui vient d’être nommé, l’ensemble des policiers espère voir un réel changement. Des changements qu’Emmanuel Edou lui-même avait confirmés lors de sa tournée générale après sa prise de fonction. Néanmoins, en attendant de voir les actes succéder aux paroles, le négativisme reste d’actualité autant des policiers que des populations, trop épuisés par une liste de promesses sans accomplissements.

Paul Tonye Njel

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