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La réunion du comité Nationale de Coordination de ce parti, tenu le 29 mai 2010 aura finalement eu raison de Banda Kani…Les nombreuses turpitudes au sein du Manidem auront émoustillé la scène médiatique camerounaise corroborant avec les opinions péjoratives sur l’insignifiance et la non-crédibilité constante des partis de l’opposition. Dans cet imbroglio qui aura révélé deux camps farouchement antagonistes, le déroulement des événements aura mis cependant en minorité, l’ancien président du Manidem au cours d’une réunion du Cnc de ca parti sis à l’immeuble Dacam à Yaoundé.
Désaveu
En effet, parmi les éléments composant l’ordre du jour de ce regroupement, le cas de Banda Kani devait être une des priorités. Selon les instigateurs de l’acte d’accusation, compte tenu de la gravité des faits reprochés à ce dernier, une solution conséquente devait rapidement être apportée. L’ancien président était reproché « d’extrême gravité de ses déclarations mensongères et outrageantes dans les médias, d’absentéisme manifeste des structures collégiales du parti, de non participation aux activités du parti depuis le mardi 04 mai 2010, d’actes de sabotage du parti et d’indiscipline caractérisée ». Devant la pertinence des accusations du bureau politique, le Cnc aura tranché séance tenante, à la majorité de ses membres présents ce jour. Ce dernier aura validé les griefs portés à l’endroit d’André Banda Kani et reconnu l’intéressé coupable.
Par ailleurs, selo
n la résolution diffusée par le Cnc, celui-ci aura décidé de « le démettre, à compter de cet instant, de ses fonctions de Président du Manidem pour divisionnisme, indiscipline caractérisée, sabotage du parti et incompétence avérée ». Dans le même allant, 54 membres sur les 73 que compte le Comité National de Coordination, auro
nt ordonné son exclusion du Bureau politique de ce parti et sa suspension provisoire du Cnc « jusqu’à la tenue du prochain congrès ». Cette réunion s’est parachevée par l’élection de Pierre Banda Kpama à la tête du Manidem par 32 voix pour 01 bulletin nul et 01 abstention.
Au regard de l’évolution de la situation, de nombreux militants acquis à la cause de Banda Kani interrogés sur le sujet, affiche clairement leur dénigrement. Pour ces derniers, il s’agit d’une pure mascarade orchestrée de fonds en comble par une vieille génération qui se prévaut d’avoir créée la Manidem et qui voudrait faire valoir une dictature déguisée. « Tout cela n’est qu’une véritable machination. Il voudrait utiliser leur poids historique et leur moyen financier pour nous imposer leurs opinions. La preuve, une bonne partie de leurs pseudo-membres du bureau politique sont des domestiques chez eux ou encore font des salamalecs perpétuels pour avoir un peu d’argent. Vous-mêmes, vous pensez objectivement qu’ils pourraient, au risque de perdre ces avantages, scier les branches sur lesquelles ils sont assis ? » S’est exprimé un des membres du parti ayant sollicité toutefois de garder l’anonymat.
Pour compléter son argumentaire ce dernier explique les défaillances de cette réunion en apportant quelques détails. « contrairement à ce qu’on veut faire croire, le bureau politique n’a jamais porté l’affaire devant le Cnc. Il s’agit d’une action instituée par une minorité mécontente de la présence de Banda Kani. Qu’ils vous fournissent l’acte d’accusation avec les signatures des membres du bureau politique ainsi que les Procès verbaux des réunions ayant abouties à la validation de cet acte d’accusation. Entre autre, comment explique-t-il le fait que dans leur résolution, 56 personnes aient participées à la validation de la démission de banda Kani et que seulement 46 d’entre elles, aient participées au vote ? Dans ce cas, où sont passés les 10 autres ? On ne peut pas instituer une réunion soi-disant pour statuer sur le cas d’un fautif, ce même jour procéder à son éviction et passer par la suite à une élection spontanée ce même jour sans que les choses aient été au préalable instiguée. Une élection n’est pas quelque chose de spontanée. Elle nécessite une préparation préalable pour permettre à chacun des candidats de peaufiner son argumentaire, c’est pourquoi celle-ci doit figurer à l’avance, dans l’ordre du jour avant de passer à son exécution.
Mais dans le cadre d’espèce, cette démarche légale n’a nullement été respectée. On comprend simplement que tous ceux qui ont été présents ce jour, avaient déjà décidé auparavant non pas de statuer sur le cas de Banda Kani, mais de se réunir pour le mettre sur la touche et élire un nouveau président. D’ailleurs aucun texte du parti ne le leur confère. Le seul mérite de cette crise est qu’elle aura permise à Anicet Ekane et à Abanda Kpama de se tisser de nouveaux liens et d’oublier les nombreuses invectives verbales et manuscrites qui auront écorné le Manidem sans jamais conduire à des évictions quelconques. Mais pour combien de temps ? ».
Pour ces militants mécontents, cette situation traduit la présente fragilité du parti et augure des lendemains pernicieux. Selon eux, l’éviction de Banda Kani va marquer une profonde scission auprès des militants, notamment entre les jeunes générations, qui ont soifs de réformes et d’actions participatives, et la vieille génération accrochée à des valeurs égoïstes et à des intérêts insidieux. Un point de vue partagé par l’ancien président aux dires de ces militants, mais que nous n’avons guère pu confirmer auprès du concerné malgré les innombrables tentatives.
Face aux critiques qui fusent, le nouveau président relativise en faisant plutôt preuve d’optimiste quant à l’avenir. Un avenir certes entaché de heurts et d’embûches mais dont les enjeux semblent être le défi de la nouvelle équipe. En outre, ce dernier se propose de fédérer en invitant tous les parties prenantes à la table des discussions afin de redorer, grâce à une saine concertation, le blason d’un parti sérieusement épuisé par d’innombrables clivages vains et dont l’histoire retiendra malheureusement les séquelles.
Paul Tonye Njel
