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Mohamadou Bayero Fadil : « Il n’y a aucun risque réel de tenir un congrès ordinaire du Rdpc »

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Fadil bayero Les 27 ans de Paul Biya à la magistrature suprême, le congrès ordinaire du Rdpc, l’élection présidentielle anticipée et la lutte contre la corruption. Le président du Groupe Fadil s’exprime à cœur ouvert.
Question : Vendredi prochain, le président Paul Biya va célébrer les 27 ans de son accession au pouvoir. A-t-il un bilan à défendre ?

Réponse : Bien sur que oui, comment pouvait-il en être autrement. On ne peut ne pas avoir un bilan à défendre pour un homme qui est au pouvoir depuis près de trois décennies. La paix sociale et la restauration de la démocratie sont les principales victoires du Renouveau. Notre pays reste à l’abri des conflits armés qui ébranlent certains pays africains. Vous conviendrez avec moi que rien ne peut se construire de durable dans un Etat en guerre. Au Cameroun aujourd’hui, on a une presse qui s’exprime librement sans être inquiété. La censure administrative n’existe plus. Les partis politiques, près de deux cent, ont un cadre réglementaire pour véhiculer leurs idées.
Et bien évidemment, aucune œuvre humaine n’est parfaite. Beaucoup reste encore à faire pour consolider notre Etat de droit ; consolider et crédibiliser notre système démocratique, lutter contre la pauvreté et la corruption et redresser l’économie. Nous y parviendrons dans un climat apaisé, avec l’aide de la communauté internationale et des principaux amis du Cameroun.

Question : Parlant justement de la lutte contre la corruption, on a comme l’impression qu’elle est grippée. On note un certain relâchement. Quel est votre avis là-dessus ?

Réponse : Cette lutte n’est pas du tout grippée. Elle va plutôt s’accentuer de plus belle. Ceux qui ont suivi les derniers discours du chef de l’Etat le savent très bien. Je pense qu’il faut passer à la vitesse supérieure en attaquant le mal à la source ; c’est-à-dire le budget d’investissement public et les marchés publics où systématiquement plus de 20% des richesses nationales empruntent des chemins tortueux. L’Etat doit verrouiller sa lutte à ce niveau en coupant tous les circuits frauduleux qui permettent aux gestionnaires des biens publics de faire main basse sur des fonds destinés à lutter contre la pauvreté. Nous savons tous où réside le mal, il faut l'attaquer à la racine. Au-delà des sanctions et des poursuites pénales, je crois qu’il faut mettre sur pied une véritable politique de prévention visant à décourager les adeptes de l’enrichissement illicite.

Question : Des sources crédibles font état de la tenue d’une élection présidentielle anticipée au Cameroun en 2010 ; des présidentielles couplées aux sénatoriales. Souteniez-vous, si c’était le cas, une telle démarche politique ?


Réponse : Je sentais cette question venir...Sans être dans le secret de l’agenda politique du chef de l’Etat, je crois que rien ne justifie pour le moment la convocation du corps électoral l’année prochaine en vue de l’élection du président de la République. M. Paul Biya a été démocratiquement élu en 2004 pour un mandat de sept ans. La confiance que lui a renouvelée le peuple camerounais arrive à son terme en 2011. Le président national du Rdpc a été plébiscité sur la base d’un ambitieux et vaste programme socio-économique et politique dénommé les « Grandes Ambitions » qui est progressivement appliqué. Vous avez certainement dû constater que de grands chantiers ont été lancés dans certaines villes du Cameroun comme Douala et Yaoundé. Et l’exemple le plus récent au niveau de la couverture sanitaire, c’est la pose de la première pierre dans la capitale économique des travaux de construction d’un hôpital Gynéco obstétrique d’une capacité de plus de 300 lits pour décongestionner les hôpitaux général et Laquintinie ; un hôpital de référence est en construction à Sangmélima.
Sur le plan social, le chef de l’Etat a lancé un recrutement massif dans la fonction publique pour endiguer le fléau du chômage. Au niveau politique, Elecam, qui doit assurer la transparence électorale, implante ses démembrements territoriaux sur l’ensemble du territoire national. D’autres chantiers à l’instar de la décentralisation ne sont pas encore achevés.
Je crois que le président Paul Biya, et c’est une priorité, devrait poursuivre sur cette belle lancée de construction nationale jusqu’en 2011. Une telle dynamique de développement qui a pour principal objectif d’atteindre une croissance économique à deux chiffres ne saurait être brisée par une élection présidentielle anticipée source de tensions sociales et de démobilisation de toutes les énergies créatrices autour d’un idéal commun.
Bref, nous sommes dans une dynamique de reconquête permanente du bien-être social pour le peuple camerounais. Et non seulement nos idées prospèrent dans ce domaine, mais nous avons un soutien et une reconnaissance de plus en plus accrue de la communauté internationale.

Question : On constate pourtant sur le terrain une grande mobilisation des militants du Rdpc en prélude à cette échéance politique alors que le congrès ordinaire du parti au pouvoir n’a pas été convoqué depuis dix ans…

Réponse :
Ecoutez, je crois qu’il serait hasardeux de faire un rapprochement entre cette présence sur le terrain de nos camarades et une quelconque élection présidentielle anticipée. Lorsqu’un président est victime d’attaques ciblées sur tous les fronts, il est tout à fait normal que ses partisans et sympathisants restent unis et soudés face à cette campagne de dénigrement et de déstabilisation systématiques. Et c’est ce qui se passe aujourd’hui par le biais des meetings, des séminaires de formation et de sensibilisation et autres motions de soutien, signes d’une certaine vitalité permanente. En plus, un parti politique n’attends pas une quelconque échéance pour animer ses structures de base.
Il faut reconnaître que l’une des forces de notre parti reste cette capacité à se mobiliser spontanément face à l’adversité.
Malheureusement, toute cette synergie positive est quelque peu ternie par ce congrès ordinaire qui ne s’est pas tenu depuis belle lurette ; même s’il y a tout de même eu des congrès extraordinaires. Nous essuyons beaucoup de critiques pour ce non respect de nos textes. Il n’y a aucun risque réel de tenir ce congrès ordinaire et la nécessité de le faire s’impose dans la mesure où il faut mettre des structures à jour, combler les postes restés vacants au bureau politique et au comité central, initier des réformes pour maintenir plus ardente notre flamme militante afin de mieux affronter les futures batailles qui se profilent à l’horizon. Encore une fois de plus, notre président national détient des paramètres que vous et moi nous ne maitrisons pas. Nous continuons à lui faire confiance car dans le passé, il a toujours fait preuve de jugements critiqués parce qu'incompris au départ mais rendus irréprochables et judicieux par le temps.

Question : Pour revenir justement à ces attaques, les médias congolais et burkinabé ont pris le relais. Ils accusent le président Paul Biya de financer les opposants au régime de son homologue Sassou Nguesso. Comment réagissez-vous à propos ?

Réponse : Le directeur du cabinet civil de la présidence de la République a apporté une réplique appropriée de toutes ces allégations en adressant une correspondance à ces journaux. Comme je le disais tantôt plus haut, le dessein essentiel ici est de nuire, décrédibiliser et détourner l’attention de l’opinion sur les vraies questions de l’heure.

Il faut d’abord préciser que les auteurs de ces pamphlets ne connaissent pas le Cameroun et ses réalités. Nous réglons nos comptes de l’intérieur et restons soudés lorsqu’il faut défendre la maison Cameroun. C’est un sentiment nationaliste et patriotique qu’aucune manipulation extérieure ne saurait remettre en cause. Tout ceci pour vous dire que ces invectives à répétition qui viennent de Brazzaville ou de Ouagadougou ne sont qu’une hérésie qui aura du mal à convaincre les plus éclairés.

Les uns et les autres doivent aussi savoir que les camerounais sont très soucieux du devenir de leur pays. Et c’est sans nul doute ce qui explique leurs critiques acerbes vis-à-vis des institutions de la République. Mais, le développement durable n’est pas une aventure précipitée. Certains pays comme l’Iran et la Côte d’Ivoire ont connu une ascension fulgurante pour dégringoler par la suite. C’est un long processus qui doit se faire de manière ordonnée et maîtrisée. C’est le style et la méthode du président Paul Biya.

Réalisée par Daniel Atangana

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