Tarification : La récente hausse des prix Aes Sonel maintenue


Les associations des consommateurs acceptent de surseoir à la campagne "guichets morts" après une réunion de concertation. En réaction au " préavis " de grève " Guichets morts " lancé par le Réseau associatif des consommateurs de l'énergie (Race) qui devait démarrer le 1er juin, le directeur général de Aes Sonel a initié une réunion de concertation avec une dizaine d'associations des consommateurs à Douala mardi 25 mai dernier. Comme plat de résistance des discussions, la dernière révision tarifaire de Aes Sonel entré en vigueur depuis le 1er avril 2010.
Si les ménages et autres consommateurs à usage domestique ne sont pas concernés par ces hausses, les consommateurs à usage commercial, ceux de basses tensions et l'éclairage public sont frappés de plein fouet. Pour Paul Geremie Bidikik, le président de Race, "il est inadmissible que Aes Sonel fasse des augmentations des tarifs de manière unilatérale sans l'onction de l'Arsel (agence de régulation du secteur de l'électricité) et du Minee (ministère de l'énergie et de l'eau). Tout ceci sur le dos du pauvre consommateurs, impuissants", éructe le président de la L.c.c.
Ce à quoi Alexandre Siewé, le directeur adjoint chargé de la clientèle rétorque : "ces augmentations sont prévues par la réglementation. En la matière il existe deux formes d'autorisations : une autorisation formelle et une autorisation tacite. Et ces augmentations visent à améliorer la qualité de l'offre ", soutient ce responsable de Aes Sonel. Et Jean David Bilé, le directeur général de Aes Sonel, d'ajouter : " Ces augmentations visent à financer, entre autres, les travaux de modernisation du barrage d'Edéa en cours en ce moment. La réhabilitation du barrage Edéa I par exemple a un budget de 61,8 millions d'euros (près de 42 milliards Fcfa). Les bailleurs de fonds vont contribuer à hauteur de 70% et Aes Sonel apporte 30% ", argue le N°1 de Aes Sonel.
Aes Sonel s'est voulu pragmatique. Après la réunion de dialogue à Douala, Aes Sonel, pour convaincre la dizaine des représentations des associations des consommateurs a emmené ceux-ci sur le site du barrage d'Edéa, en plein chantier. "La situation actuelle du barrage est lamentable. Nous avons des problèmes du matériel technique qui sont âgés de 60 ans, donc désuète, nous avons des problèmes de disponibilité de pièce de rechange, etc. Edéa III (un segment du barrage) risque de se percer à cause de l'érosion. Les hausses mobiles sont obsolètes ", regrette André Siewé, le responsable de projet Edéa (programme de modernisation de ce barrage).
107 milliards Fcfa
A en croire ce dernier, les hausses mobiles manuelles obsolètes (qui présentent des fuites d'eau) seront remplacées par des évacuateurs de crues modernes et électroniques. Le projet de modernisation du barrage d'Edéa qui a démarré le 9 mai 2009 va durer 40 mois et demi. D'ici 2011, Aes Sonel a besoin de 107 milliards pour son projet de modernisation de ses infrastructures, a-t-on appris. Cette société doit donc recouvrer 50 milliards Fcfa d'ici la fin de l'année et 57 milliards Fcfa en 2011. Malgré ces explications, Calvin Nya Jepmou, le président de la Chambre nationale des consommateurs de l'électricité (Ccce) est resté sur sa faim : "Devant ces explications, on ne qu'être des ''béni oui, oui''. Aes Sonel aurait pu nous prévenir et on serait venu avec nos experts pour confirmer ou infirmer ces dires ". Ce qui n'a pas empêché ces associations des consommateurs, convaincues du bien fondé de ce projet de modernisation du barrage d'Edéa, d'accepter de surseoir au mot d'ordre de grève "Guichets morts".
Eric Roland Kongou