Garoua : Trois morts dans une tentative d’évasion



Profitant des manifestations du 20 mai, un groupe de prisonniers a tenté de prendre le large. La situation est depuis sous contrôle. Hier, à Garoua, du côté de la prison centrale, les véhicules étaient garés comme d’habitude et les gardiens de prison devisaient par groupe.Ici, aussi, le calme était de rigueur. Bien loin de l’ambiance qui a prévalu quelques jours plus tôt. Jeudi, en effet, alors que l’attention des autorités de la région était focalisée sur la célébration de la 38e fête de l’unité au Boulevard lamido Hayatou, quelques détenus ont tenté de s’extraire des cellules de la prison centrale de Garoua.
Mais c’était sans compter avec le régisseur, Wantoh Francis Teih. Si les éléments de l’administration pénitentiaire se sont déportés au Boulevard lamido Hayatou avec armes et véhicules pour le défilé, le régisseur affirme avoir pris quelques précautions. « J’ai constitué une garde spéciale le 20 mai. J’ai sélectionné les éléments qui n’étaient pas impliqués dans le défilé. En plus de cela, les corvéables libres ont reçu instruction de ne pas se disperser », déclare-t-il.
Mais les prisonniers croient tout le monde parti. C’est ainsi qu’autour de midi, ils décident de passer à l’action. Immédiatement, ils se heurtent au dispositif sécuritaire. La nouvelle de leur évasion s’ébruite. Le régisseur Wantoh Francis Teih quitte discrètement la tribune pour rejoindre son bureau à la prison centrale. Il est suivi par le délégué régional de l’administration pénitentiaire, Ernest Ngassam. Arrivés à la prison, les deux responsables constatent que huit détenus tentent de s’échapper.
Mais leur manœuvre est contenue par les éléments de garde, bientôt rejoints par le gros des troupes qui rentre du défilé. Les éléments du Bir et les gendarmes qui regagnent leur garnison après le défilé, viennent également en renfort. La tentative d’évasion est étouffée. Le calme est de retour. Mais personne ne se doute que ce sera de courte durée. Dans l’après-midi, le repas de corps est normalement organisé pour les éléments ayant pris part au défilé. Les agapes se terminent vers 20 h. Tout le monde croit la journée terminée lorsqu’une deuxième tentative d’évasion est signalée, aux premières heures de la journée de vendredi.
Cette fois, les fugitifs ont eu le temps de se retrouver sur le toit du quartier des femmes. La garde lâche des tirs de sommation pour ramener les détenus dans les cellules. La résistance s’affiche. Selon le régisseur, des balles perdues vont atteindre un fugitif, deux autres détenus seront blessés dans la foulée. Le premier rend l’âme à l’hôpital régional de Garoua dans la matinée de vendredi, le second meurt à l’intérieur du pénitencier alors qu’il était suivi à l’infirmerie. Bilan de la tentative d’évasion, trois morts dont un condamné du tribunal militaire. Dans l’après-midi de vendredi, le procureur de la République a effectué une descente à la prison centrale de Garoua pour appeler les détenus au calme.