






![]() | Aujourd'hui | 34 |
![]() | Total | 2295034 |
En attendant également la finalisation du « business plan », qui sera disponible dans une semaine pour plus de précisions, le patron de la future compagnie a également ignoré l’équipe de direction pourtant recrutée sur place par avis d’appel à manifestation d’intérêts, portant plutôt son choix sur des Américains, des Asiatiques, des Européens et une Ougandaise en charge des ressources humaines.
Au-delà de cette kyrielle d’étrangers recrutée jusqu’ici, les responsables de Camair.Co annoncent le recrutement du personnel dans les prochaines semaines. D’après Stella Kiwanuka, directeur des ressources humaines de la future compagnie, le recrutement va être rigoureux et les postulants vont être jugés sur leurs compétences exclusivement. Le personnel de la défunte compagnie peut également faire acte de candidature aux différents postes de travail.
Au niveau de l’étude de marché et le renforcement de la plate-forme technique et technologique liée à la gestion d’une compagnie aérienne, le Dg de Camair.Co a annoncé qu’un accent sera mis sur le marché local avec notamment une rotation quasi quotidienne- six jours sur sept- vers le Grand Nord. La conquête du marché de l’Afrique centrale et de l’ouest est également un objectif important, avant de tenter de gagner des parts de marché vers les destinations européennes.
Inquiétudes
Malheureusement, cette position de Alex Van Elk n’est pas de nature à ramener la sérénité auprès des experts en aéronautique. Ces derniers ne comprennent pas pourquoi le travail abattu par l’équipe d’experts camerounais pourtant recrutée sur place a été ignoré au détriment de celui des étrangers. Est-ce à croire que ceux qui ont été recrutés sur place étaient si incompétents pour faire appel à une expertise étrangère ? Alors que de sources bien informées, ce sont ces experts qui ont rédigé et bouclé la documentation nécessaire à la certification de la compagnie par la Cameroon Civil Aviation Authority. Et parce qu’il n’était pas question pour eux de dormir sur leurs lauriers, ils ont travaillé à la définition des orientations stratégiques de la compagnie : scénarios de démarrage de l'exploitation, politiques de maintenance et de sûreté, stratégies commerciales et de marketing, administration et finances.
La deuxième préoccupation réside au niveau de la démarche entreprise par les responsables de Camair.Co qui s’échinent à compliquer le lancement des activités de cette compagnie dans un an, alors qu’ils ont été gracieusement payés pour mettre le pied à l’étrier. D’ailleurs Lufthansa Consulting avait été appelé par le ministère des Finances chargé par le chef de l’Etat pour conduire ce dossier à terme, afin de proposer un business plan compétitif. A quoi a donc servi ce travail et l’argent qui a été déboursé pour mener à terme les études ?
La troisième préoccupation concerne le sort réservé aux autres initiatives de « l’équipe Mendouga. » Choisi par le Conseil d’administration pour mener un certain nombre d’actions dans le cadre de cette opération, Alain Mendouga a simplement été relégué aux calendres grecs. Même le recrutement, pourtant annoncé à grand renfort de publicité, de 443 employés, à l’instar de 30 pilotes, dont 15 commandants de bord et 15 copilotes ; de 75 personnels naviguant ; 70 employés pour l'exploitation au sol ; 82 agents de maintenance ; 76 commerciaux ; 75 personnels administratifs et financiers ; 19 informaticiens et 16 agents de sûreté, est resté lettre morte.
Au niveau de la flotte, rien de significatif n’a été souligné jusqu’ici. En dehors du Boeing 767-300 ER communément appelé « Le Dja », un avion long courrier acquis il y a peu en toute propriété au coût de 35 milliards de Fcfa, les responsables rien a filtré à ce jour. Autant d’éléments qui ne sont pas de nature à ramener la sérénité autour de ce projet qui tenait pourtant à cœur le chef de l’Etat.
Thierry Nyope
