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Il était également prévu la construction d’un panthéon devant accueillir les restes des figures ayant marqué l’histoire du Cameroun. Plus loin, des missionnaires devraient se rendre à travers le monde, notamment en France et en Grande Bretagne, pour collecter toute la mémoire de l’indépendance du Cameroun, d’aller vers tous les acteurs qui, de près ou de loin, ont participé à la construction de cette souveraineté.
Au-delà des pagnes et autres dépenses de prestige, l’on se demande bien à quoi aura servi le budget spécial que d’aucuns estiment à une quarantaine de milliards de francs Cfa. De mauvaises langues disent que « la gabegie a été au centre de toute la gesticulation ». Heureusement que le président de la République, dans son discours d’ouverture de la Conférence internationale de Yaoundé Africa 21, a fait un bref retour passionnel en arrière qui aura permis aux uns et autres de relativiser les idées reçues sur le développement de l’Afrique depuis les indépendances. Même si les principaux acteurs de ce processus au Cameroun ont été complètement oubliés. Pour le moins, les adeptes de la prévarication, de la division, ont semé le président Paul Biya.
Le cas du Gabon
Celui-ci peut bien édifier les membres du Comité national d’organisation des Cinquantenaires de l’indépendance et de la réunification du Cameroun. Au Gabon, le lancement de la caravane baptisée La Provinciale, a eu lieu le 22 mai dernier. Evènement qui a eu lieu sur le site qui abrita la première Assemblée territoriale du pays d’Ali Bongo Ondimba, et qui a marqué le début des manifestations commémorant le 50e anniversaire de l’indépendance du Gabon. C’est à cet endroit que le premier président du Gabon Léon Mba avait proclamé l’indépendance de son pays. Ce 22 mai à Libreville, les jeunes Gabonais ont découvert sur la tribune l’un des derniers survivants de l’indépendance de leur pays, Jean Marc Eko âgé de 82 ans et qui était à cette époque député. À en croire des informations fiables en notre possession, « des équipes sillonnent les neuf provinces du pays, traversent villes, villages et campements, en vue d’une compilation des données historiques et culturelles visant à servir de boussole dans l’œuvre de construction du Gabon ».
Selon la ministre gabonaise de la Communication interpellée par une radio locale, « La Provinciale du Cinquantenaire est une activité importante d’échanges utiles avec tous ceux qui ont fait le Gabon d’hier, le Gabon de l’indépendance, et tous ceux qui font le Gabon d’aujourd’hui en préparant celui de demain ». Selon elle, cette descente sur le terrain qui va s’étendre jusqu’au 30 juin prochain, a pour autres objectifs « de recueillir les témoignages des acteurs vivants, témoins de l’indépendance et de l’évolution du pays, d’inventorier le patrimoine national avec notamment la valorisation et la promotion des lieux de mémoire établis sur l’ensemble du territoire national ainsi que les réalisations socio-économiques faites depuis le 17 août 1960, et de contribuer à une connaissance de l’histoire du Cinquantenaire ». Peut-être qu’on nous répondra que les auditeurs de la Crtv ont eu droit à certaines émissions spécialisées. Le Comité national d’organisation des Cinquantenaires de l’indépendance et de la réunification du Cameroun aurait pu faire la même chose pour au moins sortir des oubliettes les moments forts de l’histoire du Cameroun toujours mal connue par les jeunes Camerounais. Il y a encore du temps pour mettre en exergue la grandeur et la richesse de cette histoire.
Jean-Pierre Bitongo
