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En tout cas si l’on compare aux festivités du Cinquantenaire de l’Indépendance du Sénégal organisé avec faste début avril 2010, on peut en quelque sorte relativiser le succès en terme d’affluence, dont les tenants du pouvoir au Cameroun pourrait légitiment se prévaloir. Le président de la République du Sénégal Me Abdoulaye Wade, bien que vivement critiqué par son opposition politique pour l’ampleur qu’il a donné à ces festivités, a pu mobiliser 21 chefs d’Etat qui ont ainsi eu l’occasion de visiter l’impressionnant monument de la Renaissance africaine. Mais l’essentiel de la satisfaction du président Paul Biya pourrait se situer au niveau de la CEMAC : tous les chefs d’Etat de la sous région ont fait le voyage de Yaoundé et ont assisté à la grande parade au Boulevard du 20 mai. Ajouté à cela la très sympathique, amicale et fraternelle représentation du Nigeria, il y a de quoi, pour Paul Biya (et à travers lui tout le peuple camerounais) de se sentir soulagé.
Grande parade au Boulevard
La fête au Boulevard du 20 mai hier, a duré près de 4h. Tout a commencé par l’arrivée des hôtes du chef de l’Etat. Presque tous rassemblés dans un gigantesque bus VIP, ils ont été accueilli au Boulevard du 20 mai par des applaudissements nourris des personnalités installées dans les tribunes. A son arrivée à 10h sur la place des cérémonies, Paul Biya a salué les couleurs nationales après l’exécution de l’hymne national par la musique de la garde républicaine. Un moment d’intense émotion pour ceux qui, il y a plus de 50 ans de cela, un certain 1er janvier 1960, ont entendu pour la première fois résonner le chant de ralliement de tous les Camerounais.
S’en est suivi la revue de troupes placées sous le commandement du général Sali Mohamadou, ancien aide de camp du feu président Ahmadou Ahidjo. Il était secondé par le colonel Enanga Barnabas, qui a aussi composé les paroles de la chanson exécutée avant le début du défilé par l’orchestre de la gendarmerie nationale devant la tribune présidentielle. Le passage des différentes troupes des armées camerounaises était entre autres cadencé par la chanson « Va de l’avant Paul Biya ». Pendant que dans les airs, l’armée de l’air se livrait à une certaine démonstration de force à travers le passage au-dessus de la tribune des avions et hélicoptères militaires. Pendant de près de deux heures, nos forces de défenses, soigneusement habillées, le pas bien alerte, ont tenu en haleine le public et les téléspectateurs de la CRTV.
Le défilé civil quant à lui s’est ouvert par les écoles de l’Education de base. Avec en tête l’école publique bilingue de Bastos qui a exécuté des chansons patriotiques sélectionnées par le ministère de la jeunesse à l’issue d’un concours. Vont suivre les élèves des établissements secondaires de Yaoundé, puis les étudiants des Universités et grandes écoles localisées dans la capitale camerounaise et ses environs. L’originalité ici, le pagne du Cinquantenaire. « Une manière de mettre en avant l’Unité nationale chère à notre pays », a commenté un cadre en fonction au ministère de la Jeunesse. Quand arrivent les partis politiques, on retombera évidemment dans la divergence, notamment pour ce qui est des tenues vestimentaires. Tantôt des tee-shirts, tantôt des pagnes, chaque parti politique s’est présenté au défilé selon ses moyens et son ampleur sur la scène politique nationale. Au demeurant, ils étaient 21 partis politiques au total à être passés devant la tribune officielle. Et comme d’habitude c’est le RDPC, le parti au pouvoir au Cameroun qui a clôturé la grande parade dans une démonstration de force qu’on lui connait en cette occasion.
Au final, l’apothéose au Boulevard du 20 mai de ces festivités des Cinquantenaires, fut un bonheur pour ceux qui l’ont vécu. En attendant naturellement les remous de l’après fête…
