Eto'o ne s'est pas trompé



Il n'a pas eu l'honneur d'entrer dans le top 100 des personnes les plus influentes du monde pour le magazine américain Time. Au contraire de l'Ivoirien Didier Drogba. Dans une vingtaine de jours, Samuel Eto'o sera pourtant bien l'une des plus grandes stars de la première Coupe du Monde sur le sol africain. Le Camerounais y sera très attendu, comme toutes les nations qui essaieront de faire vibrer l'Afrique et de bouleverser l'échiquier mondial du foot.Car à 29 ans, Eto'o vient de donner une nouvelle preuve de son talent en s'adaptant rapidement à un championnat étranger et à un rôle différent sur le terrain.
En signant à l'Inter Milan l'été dernier alors que Zlatan Ibrahimovic faisait le chemin inverse en prenant la direction de la Catalogne, le Lion Indomptable a découvert en Lombardie l'exigeant José Mourinho, qui avait tenté de le séduire quelques années plus tôt avec Chelsea. Et sous les ordres du technicien portugais, l'ancien Majorquin a évolué moins haut lors des grandes occasions.
Beaucoup moins haut même si l'on se réfère au match retour des demi-finales de la Ligue des Champions entre l'Inter et le Barça. Ce soir-là, après l'expulsion de Thiago Motta, le Camerounais a endossé le rôle d'un milieu de terrain sur le côté gauche. Et n'a pas rechigné à défendre, au point de se retrouver arrière gauche à plusieurs reprises. Un sacrifice pour un attaquant de sa qualité, qui a quand même réussi à inscrire seize buts cette saison sous le maillot des Nerazzurri, dont un capital à Chelsea en quarts de finale de la C1. Et alors que l'Inter Milan n'a plus disputé de finale de C1 depuis sa défaite contre l'Ajax en 1972, Samuel Eto'o sera sur la pelouse du stade Santiago-Bernabeu samedi pour essayer de porter à trois le nombre de victoires du club italien après les sacres de 1964 et 1965. Madrid, le Camerounais connaît comme sa poche. Il y a débarqué en 1996, à 15 ans. Mais devant le manque de confiance de la maison blanche, il est allé exploser à Majorque puis à Barcelone.
Le peuple catalan rêvait de cette finale sur les terres du Real. Samuel Eto'o la vivra avec émotion. « J'ai grandi dans ce stade, confie le Camerounais sur le site officiel de l'UEFA. J'ai fait mes premiers pas de footballeur professionnel ici. J'espère que ça va me porter chance. J'étais jeune, en plein apprentissage. J'ai passé du bon temps là-bas. J'ai vu jouer mes idoles. Quand tu fais partie de l'équipe, tout le monde travaille ensemble. Certains jouent plus, d'autres moins. J'étais parmi ceux qui jouaient le moins mais le plus important, c'était d'être positif pour le groupe. J'ai beaucoup appris. »
Il montrera le chemin à ses coéquipiers intéristes samedi contre le Bayern Munich, fort de ses deux victoires avec le Barça en 2006 et en 2009. « Cette finale doit être un rêve et non une obsession qui nous ferait perdre, prévient-t-il. Je sais que les supporters de l'Inter Milan attendent ce moment depuis toujours mais nous ne devons pas nous faire conditionner. Il faut savoir faire la part des choses et avoir la volonté de lutter. » Le dernier mot correspond bien au Samuel Eto'o version 2010. Un combattant au service du collectif.