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Ce trafic aurait allègrement prospéré si le 17 octobre dernier, une situation incongrue n’avait pas mis sur la table les exactions des uns et des autres. Si pour quelques uns, la Communauté urbaine de Douala est le fief par excellence des grandes batailles de positionnement et des luttes d’intérêt, cette pensée est loin d’être infirmée au vu des multiples soubresauts qui l’anime. La vénalité et la prodigalité de certains agents corrompus continuent de jeter le discrédit sur le fonctionnement déjà cahoteux de certaines directions de la Communauté urbaine, notamment la fourrière municipale.
Au-delà du rôle qui lui est assigné, se dresse parallèlement un véritable trafic de véhicules qui permet à quelques responsables de ce service de se remplir frauduleusement les poches. Selon certaines sources, les ratios de ce trafic avoisineraient la centaine de millions de francs par an créant ainsi un énorme vide dans les caisses de la CUD. Une situation ambiguë qui contredit vivement les propos du délégué qui déclarait lors d’une interview que « la Communauté Urbaine n’était pas une vache à lait ».
La Goutte d’eau…
Ce trafic aurait allègrement prospéré si le 17 octobre dernier, une situation incongrue n’avait pas mis sur la table les exactions des uns et des autres. En fait, le sieur Saleh ayant voulu retirer un véhicule de la fourrière municipale de la Communauté urbaine de Douala, s’est vu refuser la sortie de celle-ci par les vigiles. Ces derniers ayant soupçonné le caractère frauduleux des documents présentés, ont pris soin de saisir le chef du département de la police municipale. A son arrivée, après une vérification soigneuse, il a bel et bien confirmé qu’il s’agissait de documents falsifiés. L’intéressé aussitôt interrogé sur l’acquisition de ces documents, a indexé un agent en service de la fourrière municipale, affirmant qu’il avait déboursé la somme de 275.000 Fcfa comme mentionné sur les factures et conformément à son entente préalable avec ce dernier. Pour quelques agents de la communauté interrogés, cette affaire ne serait pas la première à tourner au vinaigre. Par le passé, plusieurs autres cas, indexant le même agent avaient éclaté au grand jour. Notamment celle impliquant un monsieur qui déclarait avoir déboursé le montant de 390.000 Fcfa pour l’achat d’une voiture en esquivant l’étape pourtant obligatoire de la vente aux enchères comme le prévoit la réglementation en vigueur.
Accusations
D’après ces mêmes personnes, c’est l’avarie du principal mis en cause qui est cause de sa déchéance. En voulant contourner ses supérieurs par la falsification de leur signature, il s’est retrouvé seul et pris dans son propre piège.
Loin d’être un cas isolé, un usager rencontré sur place a exprimé sa colère en précisant que le retrait de son véhicule était un véritable parcours sinueux où chacun veut avoir sa part du magot. « Tout est fait pour que votre véhicule passe des jours supplémentaires à la fourrière municipale sachant évidement qu’à chaque jour qui s’égraine, c’est de l’argent en plus sur votre facture. Lorsqu’elle est très lourde, vous pouvez avoir des réductions de l’ordre de 50%, mais aucune facture ne vous sera délivrée».
Outre cet aspect, le personnel de la CUD décrie le problème des nominations inadéquates tenant plus compte de la camaraderie ou de la fraternité que des compétences professionnelles. Une attitude qui encourage à bien des égards, des écarts de conduite de la sorte sachant qu’aucune répression ne sera menée à leur encontre.
Toutefois, le principal concerné joint au téléphone pour confirmation des faits, nie tout en bloc et refuse de répondre à nos questions sans l’aval de ses supérieurs. D’après lui, il serait victime d’un ignominieux sabotage de personnes jalouses de son ascension. N’empêche néanmoins que trop de coïncidences jouent en sa défaveur et sans vouloir s’ériger en juge dans cette affaire de corruption, il n’y a jamais de fumée sans feu comme le dit l’adage.
Paul Tonye Njel
