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L’euphorie générale qui avait animé les candidats aux différents concours de la police laisse désormais place à un agacement généralisé et perceptible. Aussi étonnant que cela puisse paraître, sept mois après avoir composé, les admissibilités sont loin d’être publiées. Si beaucoup ont muté leur allèchement du départ par un vif désintérêt, d’autres voient à travers cette somnolence de la commission chargée de proclamer les premiers résultats, des manœuvres insidieuses pour entacher la bonne marche du processus.
Une situation qui rappelle à beaucoup les turpitudes du dernier concours d’entrée à la police qui avaient dévoilé plus d’admis que d’admissibles. En effet, en 2002, on avait dénoté 2409 admissibles, mais 2649 admis pour les gardiens de la paix et 1024 admissibles chez les inspecteurs de Police contre 1824 admis. Un phénomène étrange que la presse avait fortement récrié mais que le mutisme des administrateurs en charge de l’époque, avait relayé en arrière plan.
Lobbies
Officiellement, on prend pour prétexte le souci de transparence qui impose une certaine minutie dans la démarche d’abord au niveau de l’étude des dossiers au cas par cas et ensuite dans la correction des copies. Surtout que d’après certains, de nombreuses irrégularités ont été remarquées à tous les niveaux. Une réponse qui ne satisfait pas les nombreux intéressés. D’après certaines sources interrogées sur les motifs d’un tel retard, les véritables raisons gravitent autour de la permutation des différents délégués généraux à la sûreté nationale et des multiples listes qui tentent tant bien que mal, de se frayer une place au paradis. En effet, Edgar Alain Mebe Ngo’o dans son souci de faire le ménage, avait fait mettre de côté plusieurs circuits pour privilégier d’autres. Une attitude qui a soulevé un véritable bras de fer entre le secrétariat à la présidence de la République ; d’autres forces en jeu et ce dernier d’après ces mêmes sources.
L’arrivée d’Emmanuel Edou à la tête de la Délégation générale à la sûreté nationale est loin d’avoir rétabli l’ordre. Ce dernier ayant hérité d’un véritable brasier avait d’abord pour objectif de calmer les parties prenantes en adoptant une approche politique non sans tenir compte des volontés des uns et des autres. Une démarche qui présente à son tour de nombreux revers dans la mesure où, l’arrivée du nouveau délégué induit de manière évidente la mise en place d’une nouvelle équipe et implicitement, de nouveaux réseaux parallèles. Un besoin de s’affirmer qui impose un balayage minimal au niveau des jalons posés par l’équipe précédente.
Au delà de toute cette confusion qui règne, l’optimisme reste de mise et on annonce la sortie des résultats pour une date très proche. Toutefois, malgré toutes les tentatives de justifications de la situation qui s’élèvent de part et d’autre, le retard reste évident et le découragement gagne du terrain laissant place à un doute énorme quant à la quintessence des admissibilités qui sortiront.
Paul Tonye Njel
