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Le président du Conseil d’administration de l’Agence des Normes et de la Qualité annonce des mesures fortes après les derniers incendies survenus dans la capitale économique.
Deux marchés de la capitale économique ont été détruits par les flammes. N’y a-t-il pas, selon vous, péril à la demeure ?
Mohamadou Bayero Fadil : Bien évidemment. C’est une situation très inquiétante et douloureuse. Inquiétante dans la mesure où l’incendie du marché Congo arrive alors que les plaies des autres structures de commerce ayant subi le même sort ne sont pas encore pansé.
Vous êtes le Président du Conseil d’administration de l’Agence des Normes et de la Qualité, l’Anor. Le drame des marchés vous interpelle dans votre mission de certification et de promotion des normes. Que faut-il faire pour mettre un terme à cette tragédie qui ne dit pas son nom ?
Mohamadou Bayero Fadil: En nous confiant les rênes de l’Anor, le président Paul Biya nous a confiés la mise en œuvre de la politique gouvernementale dans le domaine de la normalisation et de la qualité au Cameroun. Il l’a fait, il faut le souligner, dans un contexte où la sécurité de nos compatriotes n’est pas assurée à cause de la précarité de nos infrastructures. Les marchés qui brûlent depuis un certain temps Cameroun en sont un exemple palpable. Vous verrez qu’au moins 90% des causes de ces incendies sont dues à la défectuosité des installations électriques.
Face à cette situation périlleuse, je pense que la meilleure manière d’éviter à l’avenir ce phénomène n’est autre que la conformité. Il faut respecter ce que la réglementation à prévu. Ceci revient à dire que nous devons élaborer des normes de branchements électriques pour sécuriser nos marchés. Chaque année, le Cameroun voit partir en fumée des biens acquis dans la douleur par des commerçants dans des incendies qui ont pour origine de mauvais branchements électriques. Il revient aux gestionnaires de ces marchés, en l’occurrence les communautés urbaines des grandes villes du Cameroun et les associations de défense des droits des commerçants, de veiller à ce que les travaux électriques soient conformes aux normes. La chance que nous avons eu jusqu’à ce jour c’est que nous n’avons pas déploré de pertes en vies humaines.
Doit-on attendre que cela arrive pour siffler la fin de la récréation ?
Mohamadou Bayero Fadil : Je crois que non. Un Etat républicain comme le nôtre ne saurait laisser ses concitoyens vivre dans une insécurité permanente. Notre rôle est de mettre en place des procédures et normes pour anticiper et éviter ce genre de catastrophes à répétition qui font passer nos autorités en charge de la gestion de ces infrastructures pour des hommes irresponsables. En même temps, l’image du pays est ternie sur le plan international devenant de surcroit un pays à hauts risques. Un statut qui n’est pas de nature à attirer des partenaires pour booster notre économie. Si nous ne pouvons pas mettre en place des mécanismes permettant de garantir la sécurité des biens des personnes, nous ne devons pas nous attendre à ce que les investisseurs étrangers nous fassent confiance ou fassent confiance en leurs partenaires camerounais. Nous vivons dans un environnement où les assurances qui doivent couvrir ce genre de sinistre sont quasi inexistantes.
Pensez-vous que cet état de choses préoccupe nos autorités au plus haut niveau ?
Mohamadou Bayero Fadil : Tout à fait. Je peux vous assurer que les plus hautes autorités de ce pays sont inquiètes de ce phénomène. Et je m’en veux pour preuve la dernière rencontre que j ai eue avec M. le Premier ministre, chef du gouvernement qui avait souligné cette préoccupation lors de notre entretien. La mise en place de l’Anor est déjà une première réponse apportée à cette question. J’ai donné des instructions à la direction générale de l’agence des normes et de la qualité de travailler avec les acteurs impliqués pour élaborer, homologuer une ou plusieurs normes afin de sécuriser nos marchés. C’est un signal fort.
Les attentes sont énormes et les champs d’action vastes. La direction générale prend des initiatives sur le terrain dans plusieurs secteurs d’activité en fonction des moyens alloués. Comme pour les normes relatives aux matériaux de construction et le gaz domestique, dans les jours qui viennent, l’Agence se penchera sérieusement sur la sécurisation de nos aires de marchés dans les grandes villes. Nous allons solliciter la collaboration des communautés urbaines et les gouverneurs des régions afin que ce travail se fasse dans les meilleurs délais.
Avez-vous les moyens de votre politique ?
Mohamadou Bayero Fadil : Nous avons la ressource humaine. La logistique se met progressivement en place. Depuis notre dernier conseil d’administration, plusieurs actions ont été entreprises par l’Anor afin de respecter et de faire avancer les résolutions qui avaient été prises. Le plan d’action prioritaire présenté par le directeur général est en phase d’exécution avancée. Nous bénéficions du soutien de nos partenaires traditionnels que sont l’Onudi et l’Iso pour l’implantation progressive de notre agence. Nous bénéficions aussi du soutien remarquable de notre tutelle technique qui continue de nous accorder les ressources nécessaires en entendant le déménagement prochain dans nos locaux.
A cette occasion, je peux remercier la direction générale de la Société Nationale des Investissements, la Sni, qui nous appui dans l’accélération et la mise à disposition des locaux fonctionnels devant abriter prochainement l’agence. C’est encourageant de rencontrer au quotidien des hommes et des femmes qui comprennent et appuient cet acte du chef de l’Etat dans la création de l’Anor./.
