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Ils revendiquent l’augmentation de leurs indemnités de transport conformément à la convention collective nationale des industries de transformation signée en 2002. Selon les informations en notre possession, une réunion de concertation entre les délégués du personnel et les employeurs a lieu ce 14 mai au siège de cette entreprise. L’information a d’ailleurs fait le tour de tous services au lendemain de la réunion tenue le 04 mai dernier à l’effet de juguler cette crise qui couve depuis plusieurs mois au sein de cette entreprise.fait suite à une discrimination actuellement en vigueur dans le cadre du paiement des indemnités de transport au sein de cette entreprise.
L’affaire
En effet, pour optimiser le rendement de leurs personnels et accroître la production, des entreprises dites citoyennes ont initié un certain nombre de mesures dans les secteurs d’activités. Dans les industries de transformation par exemple, il s’agit des indemnités, que se soient ceux relatifs à l’outillage, au véhicule ou autre engin et au transport.
A Alucam/Socatral, les indemnités de transport pour les agents de maîtrise et opérateurs non logés ont été arrêtées par la direction générale à la somme de 25.000 Fcfa depuis le 1er octobre 2005, en fonction de la note de service N°61/05, signée à l’époque par G. Hadjidakis, directeur de l’établissement industriel d’Edéa. La même note précisait que les opérateurs logés à la Cité Bilalang et non propriétaires avaient quant à eux droit à des indemnités de transport revalorisée à la somme de 12.500 Fcfa, contrairement aux 11.000 Fcfa qu’ils touchaient par mois effectif de travail. Cette note venait ainsi remplacer celle du 14 janvier 1994. Soit près de 11 ans après. La décision en elle-même avait été saluée par les employés. Surtout quand on sait que depuis le déclenchement de la crise économique, de nombreux ménages au Cameroun tirent le diable par la queue.
Cette revalorisation s’inscrivait dans le cadre de la mise en branle de la convention collective nationale des industries de transformation signée valide en mars 2002, après une longue période de conciliabules entre l’Etat, les employés et les employeurs.
Il se trouve fort malheureusement que Alucam/Socatral n’a pas pris la peine d’appliquer les termes de la convention comme cela se devait. Il a tout fait pour maintenir un flou au niveau du paiement des indemnités de transport. Ce qui fait que les agents de maîtrise et opérateurs non logés et les opérateurs logés à la Cité Bilalang et non propriétaires, ont continué à toucher leurs sous sans rechigner. Tout s’est bien passé jusqu’au début de l’année 2010 et l’employeur s’en est bien frotté les mains. Mais comme on le dit si opportunément, un crime n’est jamais parfait.
Les employés se sont rendu compte, grâce à l’appui de leurs partenaires sociaux, que leur employeur ne jouait pas franc jeu au niveau de l’application de l’article 58, alinéa 2 portant sur les indemnités de transport conformément aux dispositions de la convention collective nationale des industries de transformation. D’après leur trouvaille, les cadres de Alucam/Socatral perçoivent une indemnité de 55.860 Fcfa depuis le 1er mai 1994. Les choses n’auraient d’ailleurs pas changé à cette date. Or la convention collective en vigueur dans leur domaine d’activités prévoit que « les indemnités de transport des employés seront dans un même établissement égale pour l’ensemble du personnel. » Face donc à cette injustice, ils ont décidé de porter l’affaire auprès du délégué départementale du Travail et de la sécurité sociale de la Sanaga maritime pour tirer cette affaire au clair.
Exigences
Dans une lettre datée du 31 mars 2010, le surintendant des ressources humaines, M. Justin Alain Onana, dresse clairement la situation que le personnel de cette entreprise traverse. Le but étant d’amener cette dernière à user des moyens que lui confère la loi de par sa fonction pour régler ce problème. Des réunions ont été initiées entre les délégués du personnel et la direction pour traiter cette affaire.
Selon nos informations, les délégués du personnel exigent que la direction générale d’Alucam/Socatral fasse le rappel de tout ce qui leur est dû. Mêmes pour les employés en retraite, ainsi que ceux qui ont disparu ou ceux qui sont partis pour quelques raisons que ce soit. Un calcul rapide fait laisse apparaître un montant évalué à près de 2.962.560 Fcfa par employé, ne serait-ce que pour les agents de maîtrise et opérateurs non logés, à raison de 30.860 Fcfa par mois, multipliés par les huit ans qui sépare 2002 de 2010. A défaut de cela, ils vont devoir passer à la vitesse supérieure pour entrer dans leurs droits.
Nos sources nous révèlent que les responsables de Alucam/Socatral ne sont pas disposés à répondre favorablement à ces doléances. Le directeur de l’établissement industriel serait même descendu dans les ateliers pour faire des menaces à quelques employés et certains délégués du personnel, afin de les pousser à capituler. Affaire à suivre.
Thierry Nyope
