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Le lundi 26 octobre 2009 n’était pas du tout au repos chez les conducteurs des engins à deux roues de la ville de Bafoussam.L’ordre public a été sévèrement perturbé lundi dernier dans la capitale régionale de l’Ouest. Et pour cause, un mouvement d’humeur des motos taximen décidés à exprimer leur ras le bol face à ce qu’ils appellent les tracasseries policières et les brimades.
Leur mouvement de grève a été étouffé très tôt dans la matinée. Les populations de la ville de Bafoussam étaient d’ailleurs surprises en apercevant des hordes de gendarmes et policiers puissamment armés dans les divers carrefours et autres espaces où stationnent habituellement des motos taximen.Au carrefour Auberge, on pouvait distinguer dans l’attroupement formé par les curieux et les forces de l’ordre, quelques motos taximen en pourparler avec les gendarmes et les policiers. Les éléments du commissariat central, du GMI et de la compagnie de gendarmerie étaient tous mobilisés pour faire échec à la grève. Les autorités administratives également étaient mobilisées et on pouvait voir le préfet Atébédé et les sous-préfets de Bafoussam I, II et III patrouiller d’un point à un autre de la ville pour donner des instructions aux forces de l’ordre. Les grévistes qui tenaient à ce que leur mot d’ordre soit respecté par tous traquaient tous les récalcitrants, débarquaient de force les passagers des motos. C’est ce geste d’incivisme qui n’a pas plu aux autorités. Dans la soirée, on faisait état de 15 personnes interpellées et gardées dans les cellules du commissariat central.
Griefs
Les motos taximen pour justifier leur mouvement accusent les éléments des forces de l’ordre d’abus, de tracasseries et de contrôles routiers excessifs. Les mototaxis ont été pourchassés jusqu’au fin fond des quartiers par les éléments des forces de l’ordre qui n’avaient qu’un seul but, leur extorquer de l’argent.
En outre, le fisc et la mairie ne baissent pas les bras dans ce harcèlement fiscal. On exige que la moto soit peinte en jaune, assurée, que le conducteur soit titulaire d’un permis de conduire, muni d’une carte grise, d’une plaque d’immatriculation, d’une vignette, d’une taxe à cycle ; que le conducteur porte un casque et qu’il paie son impôt libératoire.
Les motostaximen trouvent toute cette armada excessive par rapport à leurs maigres revenus.
Tsida Paul, mototaximan depuis bientôt 10 ans est formel : « avant, nous n’étions pas nombreux, on pouvait travailler 4 à 6.000 Fcfa par jour et payer ses impôts sans regimber. Aujourd’hui c’est tout le monde qui est mototaximan, on est déjà très nombreux et il devient difficile de faire la recette. En plus, nous allons payer ces papiers pour ne pas travailler alors que les policiers et les gendarmes qui totalisent le gros de la flotte ne paient jamais rien et c’est eux qui nous empêchent de travailler. Leurs motos ne sont jamais interpellées et les autorités le savent bien et ne font rien malgré nos plaintes. »
La grève a été étouffée. Mais, ce n’est que partie remise, assurent les grévistes qui donnent rendez-vous dans deux semaines.
Pierre Gouanez
