Le Cameroun et l’Union européenne se concertent



Les deux parties ont échangé hier à Yaoundé sur la sécurité dans le Golfe de Guinée, le prochain sommet Afrique-Europe, les nouveaux visas Schengen et le traité de Lisbonne. Bruno Gain, ambassadeur de France au Cameroun, annonce désormais plus de souplesse dans la procédure de délivrance des visas aux candidats à l’émigration vers son pays avec l’entrée en vigueur le 5 avril dernier d’une nouvelle réglementation en la matière dans les pays de l’espace Schengen.
Notamment la motivation à apporter à tout rejet de demande au candidat à l’émigration par l’ambassade sollicitée. Le diplomate français, qui sortait des travaux de la première session ordinaire annuelle du dialogue politique concerté Cameroun-Union européenne tenus hier à Yaoundé, a laissé entendre à la presse que son pays et l’Europe ne sauraient être une «forteresse», mais plutôt un espace ouvert aux Camerounais. Pour s’en convaincre, Bruno Gain déclare que sur les 20.000 demandes de visas adressées à son ambassade pour la seule année 2009, 80% d’entre elles ont reçu avis favorable. Mais, son seul regret se situe au niveau de la grande fraude documentaire contenue dans bon nombre de dossiers.
Au cours de ce face à face au cours duquel les deux camps se sont regardés les yeux dans les yeux, la délégation camerounaise était conduite par Henri Eyebe Ayissi, ministre des Relations extérieures, tandis que celle de l’Union européenne avait à sa tête Raul Mateus Paula, son chef de mission de au Cameroun. Cette rencontre a donné l’occasion aux deux parties d’échanger sur la sécurité dans le Golfe de Guinée au moment où cette région est de plus en plus menacée par une criminalité et un gangstérisme grandissants; la préparation du sommet Union africaine et Union européenne prévu en décembre prochain en Lybie; le rôle accru du parlement européen dans le traité de Lisbonne signé le 13 décembre 2007 au Portugal et régissant le fonctionnement de cette organisation et l’instauration du guichet unique pour les visas Schengen.
Cependant, les questions liées à la gouvernance, aux élections et à la corruption au Cameroun évoquée par la partie européenne n’ont pas été abordées. D’après un expert ayant suivi le déroulement des travaux et requis l’anonymat, «l’ordre du jour est arrêté à l’avance d’accord partie. Il est hors de question qu’au cours des travaux un camp vienne soulever d’autres sujets n’ayant pas été arrêtés.»